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Moyen Orient et Monde

Tirs rebelles sur Soueida, une première depuis 2015

Syrie
OLJ
20/06/2018

Des groupes rebelles ont tiré hier des roquettes sur la ville de Soueida, dans le sud de la Syrie, sans faire de victime, une attaque rare contre cette cité aux mains du régime, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Ces tirs interviennent alors que l’armée syrienne, qui contrôle donc Soueida, pourrait lancer prochainement une offensive d’envergure sur les provinces voisines de Quneitra et Deraa, que les rebelles contrôlent toujours à hauteur de 70 %.
« Les rebelles ont lancé mardi (hier) des roquettes sur des quartiers de la ville de Soueida, ayant provoqué de fortes explosions sans faire de victime », a ainsi déclaré le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. « C’est la première fois que des roquettes (des rebelles) s’abattent sur cette ville depuis l’été 2015 », a-t-il ajouté. La province et la ville de Soueida, majoritairement druzes, sont restées relativement à l’abri des combats depuis le déclenchement de la guerre en Syrie en 2011. Le régime y est omniprésent tandis que la présence des rebelles se confine aux abords, dans les secteurs est reliés à la province voisine de Deraa. Par ailleurs, dans la ville même de Deraa, une fillette a été tuée et deux personnes blessées dans des tirs de roquettes des insurgés sur un secteur tenu par le régime, a rapporté l’agence de presse officielle syrienne SANA.
Des négociations sont en cours pour déterminer le sort des territoires rebelles dans le sud de la Syrie. Mais le président syrien, Bachar el-Assad, a récemment assuré que l’option militaire était toujours sur la table. « Nous donnons une chance aux pourparlers politiques. S’ils échouent, il n’y aura d’autre choix qu’une libération par la force », a-t-il mis en garde. Et, comme en écho à ces dires, des avions de combat ont bombardé hier une zone tenue par l’opposition dans le Sud-Ouest syrien, une région que les forces progouvernementales s’efforcent de reconquérir, a également rapporté l’OSDH. Ces opérations aériennes ont visé les environs du village d’al-Massika, une localité située dans le nord-est de la province de Deraa. Le Sud-Ouest est en grande partie contrôlé par des organisations rebelles, qui tiennent notamment les frontières séparant le territoire syrien de la Jordanie et du plateau du Golan occupé par Israël. Les combats dans cette région sont maîtrisés depuis l’an dernier dans le cadre d’un accord dit « de désescalade » conclu par la Russie, les États-Unis et la Jordanie. Washington a toutefois récemment dit son inquiétude à propos de rumeurs d’une offensive des forces gouvernementales, et prévenu qu’il prendrait des mesures « fermes et appropriées » en cas de violation du cessez-le-feu en vigueur.
Ailleurs en Syrie, Damas a dénoncé hier des patrouilles militaires menées par les forces turques près de la ville de Manbij, initiées dans le cadre d’un accord avec les États-Unis pour réduire les tensions dans le Nord syrien. « La Syrie condamne fermement et rejette les incursions des forces turques et américaines dans le secteur de Manbij », a ainsi déclaré une source au sein du ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence SANA, dénonçant des incursions qui menacent « l’intégrité territoriale » du pays. Les patrouilles ont débuté lundi près de Manbij, actuellement sous le contrôle d’une coalition soutenue par Washington et dominée par une milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG). Cette milice, alliée cruciale des États-Unis dans la lutte anti-jihadistes, est considérée comme un groupe « terroriste » par Ankara, qui a menacé à plusieurs reprises de lancer une offensive contre Manbij, où sont également stationnées des troupes américaines et françaises.
Sur le plan diplomatique, les discussions avancent entre responsables iraniens, turcs et russes réunis à Genève pour évoquer la création de la commission constituante syrienne, a déclaré hier l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, dans un communiqué. « Au cours de la réunion, des échanges constructifs ont eu lieu sur la création et sur le fonctionnement d’une commission constituante et un terrain d’entente a commencé à apparaître », précise ce communiqué. M. de Mistura a reçu un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies pour enclencher un processus politique susceptible de mettre un terme à la guerre civile syrienne. Ce processus doit notamment passer par la rédaction d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections.
Sources : agences

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