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Économie - Libre-Échange

L’OCDE, entre Macron et Trump, sur le front de la guerre commerciale cette semaine

L’OCDE est critiquée pour ne pas être parvenue à réduire les surcapacités dans l’acier, principalement chinoises. Photo Reuters

L’OCDE accueille demain et jeudi sa réunion annuelle à Paris avec un appel attendu d’Emmanuel Macron pour la « refondation » du multilatéralisme et la crainte que Donald Trump ne torpille dès le lendemain cette tentative en imposant des taxes sur l’acier et l’aluminium. « Cette réunion concerne surtout la raison d’être de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) elle-même (...) à un moment où la coopération internationale est mise à l’épreuve », a reconnu le secrétaire général Angel Gurria, aux manettes depuis 12 ans de cette vénérable institution multilatérale, créée à l’origine pour soutenir les démocraties occidentales face au bloc soviétique. Or, l’un de ses membres, et non des moindres, est en train de remettre en cause le travail de l’OCDE et des autres institutions multilatérales comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en menaçant d’appliquer dès vendredi des taxes punitives de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium importés.
Il s’agit des États-Unis de Donald Trump, pays qui n’a toujours pas désigné d’ambassadeur pour le représenter au sein de cette institution basée à Paris et dont les membres pourraient être les principales victimes de ces sanctions commerciales, même s’ils sont tous des alliés de Washington. « Nous sommes à la croisée des chemins entre l’unilatéralisme de M. Trump et la voie prônée par M. Macron, a expliqué un spécialiste du commerce international, qui a requis l’anonymat. Mais si l’on s’approche de plus en plus de l’instant de vérité, je ne vois ni l’OCDE éclater ni les tensions commerciales s’apaiser dans les prochains jours. »
La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström doit d’ailleurs rencontrer demain le représentant américain pour le Commerce (USTR) Robert Lighthizer en marge de la réunion sur la question des droits de douane américains, a annoncé hier la Commission.
L’OCDE est critiquée pour ne pas être parvenue à réduire les surcapacités dans l’acier, principalement chinoises, mandat dont elle a hérité du G20 il y a deux ans, laissant planer des doutes sur les capacités du multilatéralisme à régler ce genre de déséquilibre commercial.

« Refonder le multilatéralisme »
Emmanuel Macron, dont le pays préside cette année la réunion annuelle des ministres des Finances de l’organisation internationale, entend profiter de cette tribune pour renouveler son soutien au multilatéralisme et y présenter des idées pour y parvenir. « Je crois que M. Macron est conscient de l’inertie de ces institutions », a expliqué Ludovic Subran, chef économiste chez Euler Hermes. « Il incarne aujourd’hui une synthèse mondialiste, plus positiviste. La question est de savoir s’il pourra faire passer le message et donner un second souffle » à l’OCDE et à l’OMC, a-t-il ajouté. « Nous avons été impressionnés par le discours de M. Macron au Congrès américain à la fin avril sur le multilatéralisme, a expliqué, pour sa part, M. Gurria. Nous nous attendons à ce qu’il confirme ces notions et qu’il nous indique le rôle que doit y jouer l’OCDE. »
Le secrétaire général a d’ailleurs reconnu que M. Macron lui avait soufflé le titre de cette réunion, « La refondation du multilatéralisme », un slogan qui risque deux jours plus tard d’entrer en contradiction flagrante avec l’entrée en vigueur de sanctions commerciales américaines.
L’OCDE, dont les États-Unis sont les principaux contributeurs, se retrouve ainsi sur la ligne de front. L’année dernière déjà, ses membres n’avaient pu se mettre d’accord sur un communiqué final, l’administration américaine refusant qu’y figure une condamnation du protectionnisme, un comble pour une organisation qui a fait du libre-échange son credo. Au point que les 33 autres membres se sont vus contraints de publier un second texte rappelant les fondamentaux de l’OCDE, mais sans obtenir la signature de Washington.
Source : AFP

L’OCDE accueille demain et jeudi sa réunion annuelle à Paris avec un appel attendu d’Emmanuel Macron pour la « refondation » du multilatéralisme et la crainte que Donald Trump ne torpille dès le lendemain cette tentative en imposant des taxes sur l’acier et l’aluminium. « Cette réunion concerne surtout la raison d’être de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) elle-même (...) à un moment où la coopération internationale est mise à l’épreuve », a reconnu le secrétaire général Angel Gurria, aux manettes depuis 12 ans de cette vénérable institution multilatérale, créée à l’origine pour soutenir les démocraties occidentales face au bloc soviétique. Or, l’un de ses membres, et non des moindres, est en train de remettre en cause le travail de...
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