À Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine (de dos) a accueilli hier Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, à qui il a offert un bouquet de fleurs, sur les terrasses du fastueux palais Constantin. Mikhaïl Klimentyev/Sputnik/AFP
Le président français, Emmanuel Macron, est arrivé hier en Russie pour œuvrer avec son homologue russe, Vladimir Poutine, à la mise en place « d’initiatives communes » sur le nucléaire iranien, la Syrie et l’Ukraine, malgré un climat de confrontation qui ne cesse de se dégrader entre Moscou et les Occidentaux.
Un an après un premier tête-à-tête à Versailles, M. Poutine a accueilli M. Macron et son épouse Brigitte, à qui il a offert un bouquet de fleurs, sur les terrasses du fastueux palais Constantin, dans l’ancienne capitale impériale Saint-Pétersbourg. Prévue sur deux jours, la première visite de M. Macron en Russie intervient à l’occasion du Forum international économique de Saint-Pétersbourg, principal rendez-vous des milieux d’affaires russes. Elle doit permettre au président français, flanqué d’une imposante délégation d’hommes d’affaires, de montrer sa volonté de continuer à faire du commerce avec la Russie malgré des relations très tendues, mais aussi de ne pas éviter les sujets qui fâchent.
Premier de ces sujets, la Syrie : Paris et Moscou souhaitent mettre en place un mécanisme de coordination entre le processus de règlement du conflit dit d’Astana (parrainé par la Russie, la Turquie et l’Iran) et le Small Group (États-Unis, Royaume-Uni, France, Arabie saoudite et Jordanie), initié par la France, a annoncé M. Macron à l’issue d’un entretien avec M. Poutine. Le format dit d’Astana et le format dit du Small Group « sont complémentaires », a dit le président français. « Je crois que notre discussion a été instructive (...) », a-t-il ajouté. Deuxième sujet, l’Ukraine : le rôle de la Russie est d’adopter une « attitude constructive » dans l’enquête sur le vol MH17 abattu au-dessus de ce pays en 2014 et de participer à la manifestation de la vérité, a déclaré M. Macron, se réjouissant « du choix (de M. Poutine) de coopérer à l’enquête ». Moscou, qui soutient les rebelles séparatistes de l’est de l’Ukraine, a démenti tout rôle dans cette affaire.
Concernant le sujet plus consensuel du nucléaire iranien, M. Macron a estimé que les dernières informations fournies par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) allaient « dans la bonne direction » et étaient « réconfortantes ». Selon un récent rapport confidentiel de l’AIEA, l’Iran respecte les restrictions imposées à ses activités nucléaires par l’accord de Vienne de juillet 2015. Le président français a aussi réaffirmé la volonté de Paris de « construire un accord plus large », après le retrait des États-Unis de l’accord.Toujours à propos de programme nucléaire, M. Poutine a dit regretter l’annulation du sommet prévu entre Donald Trump et Kim Jong-un et a appelé, tout comme M. Macron, à la poursuite du processus visant à dénucléariser la péninsule coréenne. La Russie a « beaucoup de regrets », a déclaré M. Poutine, qui a émis le souhait que « le dialogue puisse redémarrer » face à un « problème régional et même planétaire ». Il a par ailleurs assuré que « Kim Jong-un (avait) fait tout ce qu’il avait promis » pour que la rencontre puisse avoir lieu. Pour sa part, M. Macron a demandé que les efforts engagés en vue de la dénucléarisation de la Corée du Nord se poursuivent et a jugé que l’ONU avait un rôle à jouer. Il a ainsi émis le souhait que l’annulation de la rencontre de Singapour « ne soit qu’une péripétie dans un processus qui doit se poursuivre ».Les Occidentaux ont compris que parler avec Vladimir Poutine est « inévitable », a estimé hier l’expert Alexandre Baounov, du centre Carnegie. La chancelière allemande Angela « Merkel et (le Premier ministre japonais Shinzo) Abe ont déjà commencé à dégeler leurs contacts avec Moscou, et Macron craint de perdre l’avantage que la France a toujours eu avec la Russie ». Ainsi, à son arrivée au palais Constantin, M. Macron a d’emblée annoncé que la signature d’une cinquantaine de contrats était prévue lors de sa visite. En outre, cet après-midi, il interviendra au côté de M. Poutine devant le gotha économique russe présent au forum.
Enfin, sur un tout autre plan, sportif celui-ci, M. Macron a annoncé hier qu’il viendrait soutenir l’équipe de France de football, engagée dans la Coupe du monde en Russie qui débute le 14 juin, si les Bleus étaient qualifiés pour la demi-finale de la compétition.
Sources : agences


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