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La Dernière

Travolta a toujours la fièvre du cinéma

Jack Terry dans « Blow Out », Tony Manero dans « Saturday Night Fever », Danny Zuko dans « Grease » ou Vincent Vega dans « Pulp Fiction », John Travolta revient sur la Croisette pour célébrer les quarante ans de « Grease ». Master class, modérée par le journaliste français Didier Allouch, avec un acteur caméléon.

C. K. | OLJ
18/05/2018

Cheveux grisonnants coiffés en arrière et légère barbe poivre et sel, John Travolta est arrivé à Cannes avec sa femme Kelly Preston et ses deux enfants, Benjamin et Ella Bleu qui, rappellera-t-il plus tard, fera ses premiers pas d’actrice à ses côtés. Devant les festivaliers venus nombreux à la salle Bunuel où se tenait l’entretien, Travolta s’est dit honoré d’être là, au lieu même où le film Pulp Fiction, auréolé de la Palme d’or en 1994, avait fait de lui une star interplanétaire en (re)donnant un sérieux coup de pouce à sa carrière.
« Y a t-il un avant et un après Pulp Fiction ? » lui demande Didier Allouch. « Bien sûr, répond l’acteur car personne ne peut mesurer la magnitude du séisme qu’a provoqué ce film dans ma carrière. Si Quentin Tarantino m’a choisi, c’est parce qu’il considérait que j’étais un comédien imprévisible et qu’il attendait de moi que je l’étonne. » Et de poursuivre : « Un bon metteur en scène se mesure à la confiance qu’il donne à ses comédiens. Il fait son travail en amont avant d’arriver au plateau de tournage. Je me souviens même de ce que m’avait dit Marlon Brandon lors d’une conversation, cinq ans avant sa mort : “ne t’engage jamais dans un film où tu ne sens pas que le metteur en scène est amoureux de toi”. Quant à l’acteur, il se doit, je pense, d’embarquer son public dans le voyage qu’il entreprend. Pour ma part, je sens que j’ai un lien organique avec mon audience. Il est de mon devoir de lui faire sentir qu’elle est en de bonnes mains. »
Phénomène culturel durant les années 70 et 80, John Travolta ne s’est pas contenté de jouer durant sa carrière. Il a également dansé. « Je suis né dans une famille qui baignait dans le show-biz. Ma mère, ma sœur Ellen, sont des artistes qui ont été mes modèles. J’ai moi-même fait mes premiers pas à l’écran à l’âge de douze ans dans des séries télévisées. » Personne n’a oublié l’acteur entraînant une magnifique Lady Di dans une danse très médiatisée à l’occasion d’un gala à la Maison-Blanche en 1985. Une première. Mais ce n’est pas la seule danse qui suscita un remous général. Ses déhanchements dans Grease ou Saturday Night Fever et surtout l’inoubliable scène avec Uma Thurman dans Pulp Fiction demeurent des moments culte de l’histoire du cinéma.
Travolta est certes un phénomène culturel mais aussi un acteur qui a su tout au long de sa carrière prendre des risques, surprendre et se renouveler. Sans hésiter à interpréter le rôle d’une femme dans Hairspray ou se dédoubler et entrer dans la peau de Nicolas Cage dans Face Off. Aujourd’hui, il apparaît dans le rôle de l’avocat Robert Shapiro à l’affiche de la série télévisée American Crime Story (ou l’histoire d’OJ Simpson) diffusée sur Netflix, et celui de John Gotti, un parrain de la mafia new-yorkaise des années 80 dans un film intitulé Gotti qui a été projeté en avant-première à Cannes. Le comédien dévoile ainsi la mesure de son talent, semblant avoir plus d’un tour dans son sac. « J’aime être dans la réinvention, dit-il. Par contre je n’aime pas le mot come-back, qui me semble trop subjectif. On peut interpréter mon absence à l’écran de multiples façons. Pour ma part, je ne considère pas que je me suis absenté, mais je me suis réinventé, car je m’ennuie trop dans l’étoffe d’une même personnalité. Ce n’est pas que je n’aime pas la mienne. Au contraire. Mais je sais qu’il y a des couches et des strates encore à découvrir. J’ai la chance de faire du cinéma, a-t-il également précisé. Car seul le 7e art permet à un acteur de découvrir son potentiel caché. »

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