Le président américain Donald Trump et le président nord-coréen Kim Jong-un. AFP/KCNA via KNS
Donald Trump a dit ignorer hier si sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un prévue le 12 juin à Singapour était toujours d’actualité, après les dernières déclarations en provenance de Pyongyang qui ont semé le doute sur ce sommet. « Nous allons voir. Pas de décision. Nous n’avons été informés de rien (...). Nous n’avons rien vu ni entendu », a déclaré le président des États-Unis, qui répondait à la presse à la Maison-Blanche.
Invitée plus tôt dans la journée sur la chaîne Fox News, sa porte-parole, Sarah Sanders, avait déclaré : « Nous gardons l’espoir que cette rencontre aura lieu et nous continuerons sur cette voie, mais, dans le même temps, nous étions préparés à ce que cela puisse être des négociations difficiles. » « Le président se tient prêt si cette réunion a lieu. Si elle n’a pas lieu, nous continuerons d’exercer la pression maximale déjà en cours », poursuivait-elle.
La Corée du Nord a semé le doute hier sur le sommet sans précédent prévu entre Kim Jong-un et Donald Trump, menaçant de reconsidérer sa participation si les États-Unis continuent d’insister sur une dénucléarisation unilatérale de la République populaire démocratique de Corée. Citant le premier vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères Kim Kye-gwan, l’agence de presse nord-coréenne KCNA souligne notamment que, si les États-Unis tentent d’acculer la République populaire démocratique de Corée à accepter une renonciation unilatérale au nucléaire, Pyongyang n’aura plus qu’à reconsidérer les préparatifs du sommet de Singapour. Le vice-ministre s’en prend en particulier à John Bolton, le conseiller à la Sécurité nationale de Trump, rejetant son appel à une dénucléarisation selon le modèle libyen et soulignant que Pyongyang « ne cache pas la répugnance » que Bolton lui inspire.
Sarah Sanders a estimé que les déclarations de Pyongyang ne sortaient « pas de l’ordinaire » dans ce type de discussions. Sur le modèle libyen évoqué par KCNA, la porte-parole de la Maison-Blanche a tenté de calmer le jeu : « Je n’ai vu cela dans aucune de nos discussions, je n’ai donc pas connaissance que ce soit un modèle dont nous nous servons », a-t-elle dit à la presse accréditée à la Maison-Blanche. En 2004, la Libye alors dirigée par Mouammar Kadhafi avait accepté de transférer vers les États-Unis des composants de son programme nucléaire. Intervenant au micro de Radio Free Asia alors que Donald Trump venait de le nommer au poste de conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton avait indiqué fin mars que les discussions à venir avec Kim Jong-un devraient s’inspirer de cet exemple.
Source : Reuters


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14 h 10, le 17 mai 2018