Le chef nationaliste chiite Moqtada Sadr et des listes chiites proches de l’Iran sont entrés en compétition pour former des alliances leur permettant de gouverner l’Irak durant les quatre prochaines années. En s’abstenant en masse et en plaçant en tête, selon des résultats quasi définitifs, la liste du populiste Moqtada Sadr allié aux communistes et à des technocrates, les Irakiens ont envoyé un message clair : il faut du « changement », de « nouvelles têtes » au pouvoir. Moqtada Sadr, qui a reçu des félicitations de la part de plusieurs de ses concurrents, semble donc tout désigné pour décider de la forme que prendra le futur gouvernement. Il y a, cependant, loin de la coupe aux lèvres. Selon son porte-parole, Salah el-Obeidi, Moqtada Sadr a porté son choix sur Ali Dawaï, l’actuel gouverneur de la province méridionale de Missane, dont le bilan positif est unanimement reconnu. Lundi sur Twitter, Moqtada Sadr a tendu la main à de nombreuses forces politiques chiites, sunnites, laïques et kurdes. Mais les négociations s’annoncent d’autant plus compliquées que les deux puissances agissantes en Irak, Washington et Téhéran, sont à couteaux tirés du fait du retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien. En outre, la personnalité et le parcours de Moqtada Sadr posent autant problèmes à Washington qu’à Téhéran. Les Américains avaient croisé le fer avec sa puissante milice dans la foulée de l’invasion de 2003. Les Iraniens, eux, n’oublient pas les positions antagonistes que ce descendant d’une lignée de dignitaires religieux a régulièrement prises, comme sa visite en Arabie saoudite.
Moyen Orient et Monde
Sadr et des chiites pro-iraniens en compétition pour gouverner l’Irak
OLJ / le 16 mai 2018 à 00h00


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