Nos Lecteurs ont la Parole

Jérusalem : la liesse sadique et la décadence

par Antoine MESSARRA
OLJ
16/05/2018

Cette journée du lundi 14 mai 2018, jour de l’ouverture de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Jérusalem, célébrée en grande pompe, avec des mesures exceptionnelles de sécurité, est l’une des plus tristes en ce début du XXIe siècle. Des plus tristes aussi dans l’histoire de la paix entre les peuples, les nations, les croyants de toutes les religions quand elles ne sont pas idéologisées. Un jour bien révélateur de ce qui nous attend désormais dans un monde déboussolé, désenchanté, bafoué dans ses symboles de ralliement et de solidarité.
L’événement, célébré dans la liesse, dans la Jérusalem sioniste, la liesse sadique du défi, de la « foi » impénitente dans la force, l’arrogance et la dégénérescence des valeurs, surtout celles défendues autrefois par les pères fondateurs des États-Unis. Tout cela rappelle et actualise le roman poignant de Béchara Menassa, Salut Jérusalem (1990).
Salut Jérusalem, inspiré de la période des croisades, bouleverse par son actualité et inspire tant de réflexions morales sur la religion, la politique, la confrontation des civilisations et des cultures, la nature humaine, la dégénérescence des plus grandes révélations et le fanatisme dans le monde.
Les croisés, c’est du passé lointain. Mais les croisades continuent dans l’histoire de l’humanité. Jérusalem est le symbole de l’échec moral de la tolérance et de la fraternité entre les croyants et de la paix entre les religions.
Salut Jérusalem est le roman historique d’une humanité irrécupérable qui va dans une croisade perpétuelle, au nom de la religion dont elle est incapable de vivre la spiritualité. L’auteur décrit, dans un style plein de saveur, un monde de pourriture, avec cependant des expressions sincères de la foi. C’est la religion alibi, la religion justification, la religion mobilisation, avec des hommes en quête de plaisir, de richesse et de puissance. Les religions servent de couverture morale et de justification à nos instincts qui ne cherchent qu’à se débrider. L’humanité est congénitalement un tartuffe. La religion lui sert de déguisement.
L’homme dispose d’une puissance instinctive prodigieuse à faire dégénérer les plus hautes aspirations à l’amour et à la fraternité. Pessimisme? Incroyance ? On termine la lecture du roman historique poignant de Béchara Menassa en se sentant atteint d’une soif de pureté et de tolérance.
Salut Jérusalem est le roman historique d’une déception et d’une grande nostalgie. Il n’y a pas, il n’y aura pas de royaume, spirituel, de Jérusalem.
Ce lundi 14 mai 2018 vient aujourd’hui nous le montrer et démontrer !

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