Un électeur tunisien sur trois seulement s’est rendu aux urnes dimanche pour les premières élections municipales de l’après-révolution, une abstention massive qui sonne comme un désaveu cuisant pour la classe politique aux manettes depuis le printemps arabe. Si les résultats officiels ne seront connus que dans les jours à venir, les listes indépendantes pourraient aussi réaliser une percée, dans un pays où nombre d’électeurs ont déploré un verrouillage du champ politique par les deux principaux partis, Nidaa Tounès et
Ennahdha.
« On peut parler de victoire de l’abstention et des listes indépendantes » si les premières estimations se confirment, a ainsi déclaré à l’AFP la politologue Nessryne Jelalia. En raison de leur éparpillement, aucune de ces listes non partisanes ne semble cependant mettre en cause la prédominance de Nidaa Tounès, fondé en 2012 par l’actuel président Béji Caïd Essebsi, et des islamistes d’Ennahdha. Si la percée des indépendants se confirme, « cela montre qu’un renouveau se met en place, même si les partis parviennent à maintenir leur assise », estime pour sa part le politologue Youssef Cherif.
Moyen Orient et Monde - Tunisie
En Tunisie, une abstention sanction pour les premières municipales démocratiques
OLJ / le 08 mai 2018 à 00h00


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