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Économie - Aviation

Le patron d’Air France démissionne, désavoué par les salariés

Le président d’Air France, Jean-Marc Janaillac. Philippe Wojazer/Reuters

Arrivé il y a moins de deux ans, le patron d’Air France-KLM Jean-Marc Janaillac a démissionné hier après le rejet par les salariés du projet d’accord salarial mis sur la table pour sortir du conflit qui mine la compagnie tricolore depuis deux mois et demi. Les personnels d’Air France, qui ont massivement participé à la consultation (80,33 %), ont voté « non » à 55,44 %. Jean-Marc Janaillac, 65 ans, arrivé en juillet 2016 aux commandes du groupe franco-néerlandais, en a tiré la conclusion en annonçant son départ quelques minutes plus tard devant la presse. « J’assume les conséquences de ce vote et je remettrai dans les prochains jours ma démission aux conseils d’administration d’Air France et d’Air France-KLM », a-t-il déclaré en conférence de presse, regrettant un « immense gâchis ». Il convoquera le conseil d’administration le 9 mai pour remettre sa démission formellement, selon un communiqué de la compagnie.
Le résultat de la consultation, sans valeur légale, et le départ de celui qui était également président d’Air France plongent le groupe aérien dans l’incertitude. Hier matin, le groupe Air France-KLM a annoncé une perte nette de 269 millions d’euros (soit 321 millions de dollars) au premier trimestre, plombé par trois journées de grève (22 février, 23 et 30 mars) d’Air France sur cette période. Au total, le coût des onze journées de grève étalées entre le 22 février et le 24 avril est estimé à « 300 millions d’euros » (soit 358 millions de dollars) par la direction qui prévoit d’ores et déjà un résultat d’exploitation en 2018 « en baisse sensible par rapport à 2017 », où il avait atteint 1,9 milliard d’euros (soit 2,27 milliards de dollars).
Les salariés étaient également appelés à la grève jeudi et hier, avant de nouveaux préavis programmés lundi et mardi par l’intersyndicale à l’origine du conflit.

Salariés « pas dupes »
Les dix organisations de pilotes (SNPL, SPAF, ALTER), d’hôtesses et de stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD) qui la composent réclament 5,1 % d’augmentation en 2018 (+3,8 % en avril et +1,3 % en octobre) au titre d’un « rattrapage » nécessaire, après six ans de gel des grilles salariales. Elles avaient rejeté la proposition de la direction, prévoyant, pour la période 2018-2021, « des augmentations générales de salaire de 7 % sur quatre ans, s’ajoutant aux augmentations individuelles », dont le versement était conditionné aux résultats financiers. Sollicités par l’AFP, des représentants de l’intersyndicale se sont félicités du résultat de la consultation et de la participation.
C’est une « grosse satisfaction, même si nous ne validons pas le procédé », a commenté Christophe Campestre, porte-parole du deuxième syndicat de pilotes à Air France, le SPAF. Du côté des non-grévistes, la CFDT a affirmé que le départ du PDG « augure d’une période trouble pour notre compagnie et d’une grave crise de gouvernance dont Air France n’a pas les moyens, eu égard à l’environnement économique et concurrentiel dans lequel évolue Air France ».
Le gouvernement, quant à lui, a appelé « au sens des responsabilités de chacun » après la démission du PDG, ont déclaré hier le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et la ministre des Transports, Élisabeth Borne. « Le gouvernement prend acte du résultat de la consultation interne, organisée par la direction d’Air France-KLM », ont-ils sobrement indiqué dans un communiqué commun, saluant « le courage de Jean-Marc Janaillac et le travail de redressement qu’il a mené depuis deux ans au sein du groupe ».

Source : AFP

Arrivé il y a moins de deux ans, le patron d’Air France-KLM Jean-Marc Janaillac a démissionné hier après le rejet par les salariés du projet d’accord salarial mis sur la table pour sortir du conflit qui mine la compagnie tricolore depuis deux mois et demi. Les personnels d’Air France, qui ont massivement participé à la consultation (80,33 %), ont voté « non » à 55,44 %. Jean-Marc Janaillac, 65 ans, arrivé en juillet 2016 aux commandes du groupe franco-néerlandais, en a tiré la conclusion en annonçant son départ quelques minutes plus tard devant la presse. « J’assume les conséquences de ce vote et je remettrai dans les prochains jours ma démission aux conseils d’administration d’Air France et d’Air France-KLM », a-t-il déclaré en conférence de presse, regrettant un...
commentaires (2)

C'est toute la France qui se porte mal. Une morosité à couper au couteau, ce sont les conséquences d'une politique de démission totale non pas seulement d'air France ou du paquebot France, mais de toute politique indépendante française. Un alignement qui mènera ce pays à la cata.

FRIK-A-FRAK

12 h 55, le 05 mai 2018

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Commentaires (2)

  • C'est toute la France qui se porte mal. Une morosité à couper au couteau, ce sont les conséquences d'une politique de démission totale non pas seulement d'air France ou du paquebot France, mais de toute politique indépendante française. Un alignement qui mènera ce pays à la cata.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 55, le 05 mai 2018

  • Oui, quel gâchis!!! Bientôt ce n'est pas d'une augmentation que les employés d'Air France pourront rêver, mais d'un salaire...

    Soraya Naufal

    08 h 08, le 05 mai 2018

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