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À l’Alba, des étudiants revoient la signalétique

ATELIER INTERNATIONAL

Des étudiants libanais, allemands, indiens et français participent, à l’Alba, à un atelier de création théorique d’un musée interculturel.

05/05/2018

C’est dans le cadre du symposium international Sign and Sense sur l’enseigne et la signalétique, tenu du 16 au 19 avril à l’Alba, que les étudiants en arts graphiques et publicité de cette académie, ainsi que des étudiants allemands, indiens et français, ont participé à un atelier de création théorique d’un musée interculturel. Divisés en trois groupes, les étudiants s’attèlent à la création théorique de ce musée imaginaire : certains en bricolent la maquette, d’autres exécutent des esquisses, alors que quelques-uns travaillent devant leurs ordinateurs. L’atelier est dirigé par les intervenants des universités étrangères qui collaborent au symposium.

Pour créer le musée, les étudiants proposent des œuvres d’art représentant le patrimoine artistique de leur pays, selon la thématique choisie par leur groupe. Se basant sur les œuvres sélectionnées, ils se chargent de concevoir la scénographie du musée, sa typographie et sa signalétique. Essentiels à la fluidité du parcours, ces trois aspects expriment, en fait, la singularité de chaque culture, en même temps que l’universalité du message communiqué à travers les œuvres. « La particularité de ce musée est de placer les œuvres en parallèle, et non pas d’une façon indépendante », affirme Alain Brenas, directeur de la section arts graphiques et publicité de l’Alba qui a organisé le symposium, en collaboration avec trois universités étrangères, la Design Akademie Berlin (DAB), l’Indian Institute of Technology (IIT) à Bombay et l’École Estienne à Paris.
En effet, la finalité de ce symposium, qui comprend, en plus de l’atelier, des conférences et une exposition de photos, consiste à se questionner sur les deux choix possibles au niveau de la conception des enseignes et de la signalétique : d’une part, l’expression créative et l’émotion qu’elle engendre reflètent la singularité et les particularités culturelles de l’enseigne et de la signalétique ; et de l’autre, la standardisation et l’unification impliquent la simplification, ainsi que la perte de l’aspect émotionnel de la communication. D’ailleurs, dans l’intitulé du symposium, Sign and Sense, le sens est pris dans ses deux définitions, celles de signification et d’émotion.

Ainsi, c’est dans cette perspective que les étudiants conçoivent leurs musées imaginaires. « On doit créer un système de signes qui fonctionne pour les quatre langues et cultures, et ce n’est pas si facile lorsqu’on choisit une thématique autour de laquelle on doit réunir différentes mentalités », explique Manuel Genolet, étudiant allemand en design de communication, travaillant avec son groupe sur la thématique de la femme. Abandonnant le pictogramme classique que certaines cultures ne connaissent pas, l’équipe responsable de la signalétique a opté pour « une forme organique, représentant la silhouette féminine qui est internationale », ajoute Manuel. L’équipe responsable de la scénographie a conçu un musée de forme cylindrique, à quatre niveaux, chacun dédié à un sous-thème : la femme leader indépendante, l’amante, la déesse et la mère. « La signalétique sera, à des moments, séparée, à travers la typographie des quatre langues, et à d’autres moments elle sera unifiée, à travers des signes internationaux, d’une façon à ce que tout le monde puisse comprendre », note Jana Mezher, étudiante de master en arts graphiques et publicité à l’Alba.

La signalétique peut être un art en soi
Pour la thématique de la mort, un groupe d’étudiants a travaillé sur quatre sous-parties : la guerre, la résignation, la résurrection et le jugement. Dans ce musée aux multiples entrées, « chacun pourra voir l’exposition et la mort à sa façon. Il n’y a pas de chemin à suivre. Le tout est englobé dans le cycle de la vie et de la mort qui se répète », souligne Kay Samaha, étudiante en master arts graphiques et publicité. Par conséquent, sur le plan de la scénographie, les étudiants ont conçu un musée cubique dont les angles rappellent la douleur et la violence, alors qu’à l’intérieur, un cylindre évoque le cycle de la vie. « On compte représenter l’idée du mouvement cyclique à travers l’emplacement des œuvres d’art et la trajectoire narrative qui se termine là où elle commence. Il n’y aura pas de flèches, la signalétique sera subtile », relève Arinjit Das, étudiant indien. Pour sa camarade, Maria Khayrallah, étudiante en master arts graphiques et publicité, à l’Alba, « la signalétique peut être un art en soi ». « Nous tentons d’appliquer ce concept dans notre travail », souligne-t-elle. La typographie reflète aussi cette forme cyclique. « On n’impose pas de hiérarchie entre les différentes langues, pour ne pas privilégier une culture par rapport à une autre », insiste Morgane Pambrun, participante française.

Quant au troisième groupe, il a abordé les cinq étapes de la vie : la naissance, l’enfance, l’âge adulte, la vieillesse et la mort. Au niveau de la scénographie, « les œuvres seront disposées suivant ces étapes, dans un espace circulaire » où une lumière projetée mettra en valeur le cercle de la vie, explique Anissia Boustany, master en arts graphiques et publicité à l’Alba.
Même si ces musées ne seront pas réalisés, ils figureront, avec le travail des étudiants effectué lors de l’atelier, dans une publication qui reprendra les interventions du symposium ainsi que les photos prises, dans le cadre de ce projet, dans ces différents pays.



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