Liban

Les risques de guerre régionale... et les possibilités de débordement au Liban

Décryptage
03/05/2018

La petite phrase de Hassan Nasrallah dans son discours de mardi dans la Békaa a confirmé les inquiétudes de certaines parties internes au sujet des développements régionaux. Le secrétaire général du Hezbollah a ainsi indiqué que désormais, la guerre indirecte par forces interposées est terminée en Syrie et qu’elle peut céder la place à une guerre directe entre les grands protagonistes. En d’autres termes, il est en train de confirmer le fait que les groupes alliés, financés ou appuyés par les Occidentaux et les pays régionaux, ont été défaits sur le terrain syrien et qu’il y a donc d’importants risques que la confrontation soit dorénavant directe entre ceux qui appuient le régime syrien et ceux qui le combattent. Cette déclaration du responsable chiite est intervenue au lendemain de la seconde attaque israélienne contre des militaires iraniens en Syrie. La première avait eu lieu quelques jours avant le bombardement tripartite (américain, français, britannique) destiné à protester contre l’utilisation présumée d’armes chimiques par l’armée syrienne. Le raid israélien avait alors visé la base militaire de T4 et avait fait des victimes syriennes et iraniennes. La seconde attaque a eu lieu il y a quelques jours et elle a visé des positions militaires entre Hama et Alep, causant là aussi la mort de plus d’une vingtaine de militaires iraniens. Au début, les Israéliens ont gardé le silence sur cette attaque et ce sont les Américains qui ont dévoilé la véritable identité des attaquants. Depuis, la région tout entière est sur le qui-vive et les pronostics se multiplient sur la suite des événements.

Pour les uns, les Iraniens ne peuvent pas ne pas riposter aux deux attaques israéliennes. Il y va, selon eux, de leur crédibilité et de leurs intérêts. La question, selon les partisans de cette théorie, est de savoir où et quand les Iraniens décideront de répondre et ils annoncent que ces derniers préparent déjà une riposte efficace sur des positions israéliennes névralgiques. Si cela devait se produire, ils sont convaincus que cela entraînerait un embrasement de la région car les Israéliens ne pourront pas rester les bras croisés et le Hezbollah non plus. La principale confrontation devrait donc avoir lieu en territoire syrien, mais elle pourrait rapidement déborder vers le Liban et à l’intérieur même de l’Iran.

Les adeptes de cette thèse affirment que les Israéliens ne peuvent pas accepter le déploiement des forces iraniennes à proximité du Golan occupé. Ils ont déjà exprimé à plusieurs reprises leur protestation à Vladimir Poutine et à leurs interlocuteurs russes, sans obtenir gain de cause. Au contraire, les Iraniens sont en train de multiplier leurs bases militaires en Syrie et dans la région considérée comme sensible du sud du pays. De même, les Israéliens estiment qu’ils ne peuvent pas avoir une meilleure conjoncture pour agir. D’un côté, le président américain Donald Trump, contrairement à son prédécesseur Barack Obama, les appuie sans réserve et il est aussi hostile à l’Iran qu’eux et, d’autre part, les pays du Golfe sont désormais convaincus que la plus grande menace pour la région, et pour eux en particulier, vient de l’Iran, non d’Israël. En effet, jamais auparavant la position des pays du Golfe n’avait été aussi claire sur ce sujet, à travers notamment les déclarations du prince héritier saoudien lors de sa visite aux États-Unis sur le fait que la cause palestinienne n’est plus une priorité pour les Saoudiens. Les Israéliens, selon cette thèse, considèrent donc que le moment stratégique est propice pour lancer une attaque contre des positions militaires iraniennes, et même si la situation dégénère, ils auront à leurs côtés les Américains et une partie des pays arabes. Ceux qui défendent cette thèse ajoutent, pour l’étayer, que le représentant saoudien aux Nations unies Abdallah al-Moallimi a déclaré récemment devant les représentants des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, dans le cadre d’une attaque du rôle de l’Iran, en particulier en Syrie, au Yémen et au Liban, qu’il est « temps de traiter le cas du Hezbollah en Syrie et au Liban ». Ce serait donc une sorte de feu vert à une attaque contre le Hezbollah, dans la foulée d’une opération contre l’Iran.

Il y a toutefois un autre son de cloche qui dit que les Iraniens ne sont pas comme les Arabes et qu’ils ne réagissent pas à chaud, préférant étudier tranquillement toutes les possibilités pour être sûrs de ne pas faire un faux pas qui pourrait se retourner contre leurs intérêts. Pour les partisans de cette théorie, les Iraniens préféreraient donc continuer à aider le régime syrien pour qu’il finisse la mission de libérer la partie la plus importante de son territoire de la présence des groupes armés. Il s’agirait pour eux d’un objectif stratégique, plus important et plus utile que des attaques spectaculaires, juste pour sauver la face, avec des risques de dérapage. D’ailleurs, des responsables iraniens avaient déclaré à la suite de l’attaque israélienne contre la base de T4 qu’ils ne comptent pas riposter pour l’instant car l’Irak et le Liban sont en période électorale. Est-ce à dire qu’ils attendent la fin de ces échéances pour agir ? Le Liban sera doté d’un nouveau Parlement à partir de lundi et en Irak, à partir de la mi-mai. Ce qui coïncide pratiquement avec l’annonce de la décision de Donald Trump au sujet de l’accord sur le nucléaire iranien signé par les pays dits 5 plus 1 (les 5 pays membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne).

L’avenir de la région pourrait donc se jouer au cours de deux prochaines semaines, mais au Liban, des sources responsables continuent d’affirmer que quels que soient les développements régionaux, le Liban restera à l’abri de la guerre. C’est le principal message donné par la communauté internationale à travers les conférences de Rome, Paris et Bruxelles.


Lire aussi

Les risques de guerre... après les élections

Un scénario de guerre pourrait en cacher un autre...

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Bery tus

papapa ... il n'y aura pas de guerre direct entre les grands . je suis prêt a parier dessus ma maison

s'il devrait y avoir confrontation se sera juste entre israel et l'iran .... le pb c'est que l'iran vas utiliser le hezb a son avantage au detriment du liban

les russes, chinois, etc n'oseront pas lever le petit doigt et ils savent pourquoi

je repete je suis pret a parier dessus

IMB a SPO

Comme analyse, plus stupide, tu meurs.La communaute internationale ne va pas depenser un clou si le Liban continue sous le joug du Hzbollah.L'Iran est aujourd'hui empetre en Syrie et la Russie est bien contente de le voir subir les coups des Israelien car quoi qu'en dise la Moumana3a, la Russie ne veut pas de sa presence Reagir a froid? L'Iran est en Syrie sans aucune couverture aerienne, le Hezbollah ne peut risquer voir le Liban a feu et a sang car le soutien de sa base s'est affaiblit donc il pensera plus d;une fois avant de s'attaquer a Israel pour faire plaisir a Khamenei qui doit s'arracher les poils de sa barbe apres le coup du Mossad a Teheran...

Irene Said

Ouauuuuuh, le cirque des animaux va donner ses représentations chez nous...préparez-vous, vous en aurez pour votre argent, selon votre portemonnaie:
dollars, euros, rials iraniens, roubles russes, peut'être aussi quelques chekels israéliens (on ne sait jamais...) sans oublier les livres syriennes et libanaises !
Et après ces représentations d'animaux savants et dressés, tout sera tout nouveau, tout beau, nous promet-on, et l'avenir à la mode persique brillant pour tous !
Irène Saïd



TROLL & PSEUDONYMES

A lire "certaines" analyses, on se croit dans une salle d'état-major avec des cartes à l'appui !

ACQUIS À QUI

De la grande analyse , les occidentaux et leurs cohortes d'arabes wahabitisés sous l'influence des sionistes de natanyahou et consorts se sont fait corrigés proprement , et comme les mandataires sionistes sont teigneux et revanchards, ils sont obligés de se DÉMASQUER et daller au clash direct .

Ils prendront tous les risques possibles , étant donné que leurs mercenaires soutenus par l'occident ont morflé grave face à l'axe de la resistance .

L IRAN NPR et la Russie, grands vainqueurs sans conteste possible pratiqueront la politique du BOA constricteur qui consistera à avaler en étouffant de plus en plus sa proie.

israel se retrouvera embarqué dans une aventure dont elle n'a encore jamais connu les résultats à l'avance, chose qui se passait dans le temps où les arabes de 48 à 67 et de 73 à nos jours se faisaient ridiculiser par cet usurpateur patenté.

Les arabes du golfe y compris leur idole bensaoud se tiendront coi, ils ne feront pas le poids face à la force de frappe de la NPR.
La guerre , si elle a lieu se fera entre l'Iran et israel , les usa et la Russie la Chine et alliés.
Chacun choisira son camp, celui de la fin de l'impunité pour usurpation de territoire ou légalisation de cette infamie arabe , sunnite et chrétienne .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ARTICLE DE LA TRES CHERE MADAME SCARLETT HADDAD COMMENCE ET SUIT PAR DU BARATIN ! NON QUE SON IDEE D,UN EMBRASEMENT GENERAL DANS LA REGION EST FAUSSE MAIS CE SONT SES ANALYSES SUR LA QUESTION QUI LE SONT. AVANT LA GUERRE GENERALE IL Y A LE DEUXIEME TOUR DU MATCH SYRIEN ENTRE LES MOUMANA3ISTES ET LES VRAIS REBELLES SYRIENS QUI DECIDERA DE LA DIVISION OU NON DE LA SYRIE ET DU DEPART DE TOUTES LES FORCES ET MERCENAIRES ETRANGERS QUI COMBATTENT EN SYRIE POUR LE COMPTE DU REGIME... SINON LA GUERRE DIRECTE ET NON PLUS PAR PROCURATION SERA DECLENCHEE ET S,ETENDRA MALHEUREUSEMENT AU LIBAN A CAUSE DU HEZBOLLAH ! ESPERONS QUE LE SECOND TOUR DU MATCH SYRIEN RESULTERA EN DES NEGOCIATIONS POLITIQUES ET AU DEPART DE TOUTES LES FORCES NON SYRIENNES DE SYRIE EXCEPTION FAITE DES DEUX BASES RUSSES A LATTAQUIEH ET TARTOUS ! L,IRAN SERA DETRUIT !
PRIONS POUR QUE L,APOCALYPSE NE FRAPPE PAS AUSSI DANS NOTRE PAYS !

Tabet Ibrahim

Tout ce qui peut affaiblir le régime des mollah et leur supplétifs islamo-fascistes est dans l’intérêt du Liban

Saliba Nouhad

Ah bon, quoiqu’il arrive, le Liban restera à l’abri de la guerre?
Et ce sont des responsables qui le disent, à travers des messages de la communauté internationale?
C’est rassurant donc pour les angoissés et les optimistes béats!
Peut-être qu’on sera épargné au début des escarmouches, en territoire syrien, mais qui pourraient s’élargir au territoire iranien avec missiles de représailles sur Israël, et, une fois la spirale infernale enclenchée, pensez-vous que le Hezbollah va rester les bras croisés?
D’autant que ça ferait l’affaire de l’Iran, qui, pour faire diversion, demandera à son allié juré, le Hezbollah de lancer ses missiles, quitte à ce que ça entraîne des représailles dévastatrices pour le Liban dont il s’en fout comme de l’an quarante!
Ne pensez-vous pas qu’un tel scénario serait le plus réaliste dans l'état des choses, car aucune communauté internationale ne pourrait arrêter le carnage sauf lorsque ce serait trop tard?
On espère toujours se tromper et qu’une intervention divine, peut-être, pourrait sauver le Liban!

Dernières infos

Les signatures du jour

Ziyad MAKHOUL

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Le califat est mort, vive le califat

Décryptage de Scarlett HADDAD

Pompeo et les nuances entre le fond et la forme

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué