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Économie

Liban : La demande immobilière au plus bas depuis 2015

Conjoncture

La crise des prêts subventionnés a été abordée hier lors d’une réunion présidée par le Premier ministre, Saad Hariri.

P. H. B. | OLJ
19/04/2018

La demande des Libanais sur le marché immobilier a reculé de 23,7 % sur les trois premiers mois de l’année, comparée à la même période un an plus tôt, selon l’indice trimestriel publié par la Byblos Bank, qui se base sur un sondage réalisé tous les mois auprès d’un échantillon de 1 200 résidents libanais. 

La baisse est de 26,1 % comparée au quatrième trimestre 2017, tandis que l’indice a atteint son plus bas niveau depuis le deuxième trimestre 2015. Il s’agit également du troisième niveau le plus bas trois ans et demi. Parmi les autres résultats, seuls 3,8 % des résidents libanais ont exprimé leur volonté d’acheter ou de construire un bien immobilier dans les six prochains mois, contre 5,1 % lors du trimestre précédent. La moyenne était de 6,8 % entre juillet 2007 et mars 2018, précise Byblos Bank.

Au niveau régional, c’est une fois de plus au Liban-Nord que la demande sur le marché de l’immobilier a été la plus élevée au premier trimestre, avec 6 % de résidents planifiant d’acheter ou de construire un bien immobilier dans les six prochains mois (contre 9,8 % un trimestre plus tôt). Suivent Beyrouth avec 4,6 %, comme au trimestre précédent ; le Liban-Sud avec 3,4 % (contre 4,5 % trois mois plus tôt) ; le Mont-Liban avec 3,2 % (contre 4,3 %) ; la Békaa avec 1,7 % (contre 2,1 %).


(Lire aussi : Immobilier : à quoi s’attendre en 2018 au Liban ?)


Crise des prêts subventionnés

Pour le directeur du département de recherche de la Byblos Bank, Nassib Ghobril, l’effondrement actuel de la demande immobilière – dont les premiers signes ont commencé à apparaître fin 2017 – est principalement lié à la suspension des prêts immobiliers subventionnés, accordés dans le cadre du dernier plan de relance de la Banque du Liban (BDL). Cette dernière permet en effet depuis plusieurs années aux banques ainsi qu’à certaines entités publiques comme l’Établissement public de l’habitat (EPH) – dont la mission est d’aider les ménages aux revenus considérés comme modestes à acquérir un logement – de proposer des crédits à taux réduits en finançant la différence avec ceux du marché. Ce mécanisme, qui devait en principe être mis en œuvre de façon provisoire pour pallier les carences de l’État en matière de politique économique, a finalement été appliqué de façon régulière.Le problème, c’est que le demi-milliard de dollars débloqué par la BDL pour 2019 – sous la forme de ligne de crédit en livres accordée aux banques à taux réduits – a été épuisé en janvier, suite à une explosion de la demande, un phénomène amplifié par plusieurs cas de dossiers validés par les banques pour des demandeurs qui n’étaient pas éligibles pour y avoir accès selon les critères fixés par la BDL. Face à cette situation, la Banque centrale a d’abord resserré le mécanisme de subvention avant de débloquer une enveloppe supplémentaire pour couvrir les demandes de prêts acceptées avant le 15 mars (circulaire n° 487). Les montants alloués doivent en principe être ultérieurement déduits.

Mais cette mesure n’a pas réussi à calmer une partie des ménages qui avaient projeté d’acquérir un logement en faisant notamment appel à l’EPH, qui joue le rôle d’intermédiaire entre les prêteurs et les banques en assumant temporairement une partie du coût du crédit les premières années. Samedi dernier, plusieurs manifestants s’étaient rassemblés devant le siège de la BDL à Beyrouth pour demander la réactivation de ce dispositif. Dans un communiqué publié hier, une organisation se faisant appeler « Union des personnes affectées par la crise des prêts au logement » a affirmé avoir fait appel au parquet financier pour enquêter sur les conditions dans lesquels l’enveloppe du plan de relance avait été dépensée. Enfin, ce sujet a été l’objet d’une réunion hier entre le Premier ministre Saad Hariri, le ministre des Finances Ali Hassan Khalil, celui des Affaires sociales Pierre Bou Assi, et le directeur général de l’établissement, Rony Lahoud, à l’issue de laquelle les participants ont affirmé avoir cherché à définir les grandes lignes d’une politique de soutien au logement qui soit « durable », sans pour autant arrêter de solution définitive.

M. Ghobril a, lui, préconisé dans son rapport plusieurs mesures pour résorber la crise, dont l’injection d’un demi-milliard de dollars dans le secteur bancaire pour subventionner les taux sur les crédits immobiliers ou encore la réduction de 6 à 3 % des frais d’enregistrement sur les acquisitions de toutes les catégories de biens.


Pour mémoire

Liban : Baisse de la demande immobilière au quatrième trimestre 2017

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