Liban

L'électricité et l'article 50 du budget 2018 au cœur des audiences de Raï à Bkerké

Lors de leurs entretiens avec le patriarche maronite, les Kataëb et le CPL campent sur leurs positions.

Le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil et le président des Kataëb Samy Gemayel. Photos Ani

Le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil et le président des Kataëb Samy Gemayel se sont entretenus à tour de rôle avec le patriarche maronite, Béchara Raï, à Bkerké, réitérant respectivement leurs prises de position sur le dossier de l'électricité et l'article 50 du budget 2018.

"Ce n'est pas en supprimant le mot 'permanent' et en le remplaçant par 'provisoire' que l'on réglera le problème, car c'est la question de la propriété qui est en jeu", a déclaré M. Gemayel, au terme de son entretien avec Mgr Raï. Par cet article, "la présence des Syriens au Liban pour une période indéterminée a été légitimée".

En vertu de cet article, "tout ressortissant arabe ou étranger propriétaire d'une unité résidentielle au Liban peut obtenir un permis de séjour permanent". L’article en question, dont bénéficient également l’épouse et les enfants mineurs de l’acheteur, impose une seule condition : "La valeur du bien acquis ne doit pas être inférieure à 1 milliard cinq cent millions de LL (1 million de dollars) s’il est situé dans Beyrouth, et à 750 millions de LL (500.000 dollars) s’il se trouve dans les autres régions".

Depuis plusieurs jours, le leader des Kataëb critique cet article qui, selon lui, légitime l'implantation de plus d'un million de Syriens ayant fui la guerre dans leur pays. Le week-end dernier, le patriarche maronite avait lui aussi dénoncé cet article, mettant également en garde contre une naturalisation maquillée.


L'électricité
Plus tôt dans la journée, le leader du CPL avait également été reçu par le dignitaire maronite, à la tête d'une délégation de son parti.

Le ministre de l'Environnement Tarek el-Khatib s'est exprimé à l'issue de cet entretien. "Il y a un camp au Liban qui ne veut pas d'électricité. Nous, au CPL, sommes connus pour notre transparence et personne ne peut nous accuser de corruption", a-t-il déclaré.

Lors du Conseil des ministres jeudi, un vif échange verbal avait opposé le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil (Amal), à son collègue des Affaires étrangères au sujet de la centrale électrique de Deir Ammar au Liban-Nord. La discussion autour du plan de production élaboré par le ministre CPL de l’Énergie, César Abi Khalil, a été renvoyée à la séance prochaine. Pour rappel, le projet Abi Khalil prévoit la location de deux navires-centrales à la société turque Karadeniz afin de combler le déficit de production de courant électrique. Plusieurs composantes gouvernementales s’opposent ouvertement à ce projet. Il s’agit notamment des Forces libanaises, du Parti socialiste progressiste, des Marada (de Sleiman Frangié) et du tandem Amal-Hezbollah.

Par ailleurs, M. el-Khatib a indiqué que la délégation du CPL avait assuré au patriarche son attachement au partenariat et à la préservation de l'unité nationale.



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Le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil et le président des Kataëb Samy Gemayel se sont entretenus à tour de rôle avec le patriarche maronite, Béchara Raï, à Bkerké, réitérant respectivement leurs prises de position sur le dossier de l'électricité et l'article 50 du budget 2018.

"Ce n'est pas en supprimant le mot 'permanent' et en le remplaçant ...

commentaires (4)

Tarek el-Khatib (CPL) a déclaré notamment ; "Il y a un camp au Liban qui ne veut pas d'électricité..." (sic). C'est vrai, ledit camp préfère les "qandil kaz" de nos grands-parents. Pour parodier la célèbre formule du général de Gaulle aux Français le 14/5/1960 : "On peut regretter la douceur des lampes à huile...". Je suis fier de faire partie de ce camp. Je préfère m'éclairer avec des lampes à pétrole dans l'honneur plutôt qu'à l'électricité de la honte des navires-centrales payés par l'argent du peuple libanais, commissions de la corruption comprises.

Honneur et Patrie

16 h 42, le 13 avril 2018

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Commentaires (4)

  • Tarek el-Khatib (CPL) a déclaré notamment ; "Il y a un camp au Liban qui ne veut pas d'électricité..." (sic). C'est vrai, ledit camp préfère les "qandil kaz" de nos grands-parents. Pour parodier la célèbre formule du général de Gaulle aux Français le 14/5/1960 : "On peut regretter la douceur des lampes à huile...". Je suis fier de faire partie de ce camp. Je préfère m'éclairer avec des lampes à pétrole dans l'honneur plutôt qu'à l'électricité de la honte des navires-centrales payés par l'argent du peuple libanais, commissions de la corruption comprises.

    Honneur et Patrie

    16 h 42, le 13 avril 2018

  • Résidence permanente pour des millionaires?? Mais c'est bien des millionaires, et plus, qui nous gouvernent et qui vident le pays de ces citoyens légitimes... A-t-on besoin d'encore plus...

    Wlek Sanferlou

    15 h 38, le 13 avril 2018

  • Monsieur Tarek el-Khatib, vous ne pensez pas que si le CPL était si transparent et à mille lieues de toute corruption, le problème de l'électricité aurait été résolu depuis belle lurette...et cela même avant que vous ne soyez gratifié du ministère de l'Environnement ? De même pour les déchets... au fait...où en êtes-vous, en toute transparence et sans l'ombre de corruption...de la solution de ce problème, sans évoquer tous les autres: carrières illégales, pollution des fleuves et de la mer etc. etc. ? Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 31, le 13 avril 2018

  • ON SE DISPUTE POUR DES CACAHUETTES ! L,UN REVE DE POCHES PLEINES... ET L,AUTRE NE SE DEMANDE MEME PAS D,OU CES REFUGIES SYRIENS PEUVENT SE PROCURER LES MONTANTS REQUIS POUR LES PROPRIETES ! LA DEMAGOGIE Y PREVAUT CHEZ LES DEUX !!!

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 33, le 13 avril 2018