Conférence de presse

CEDRE : D’autres pays annonceront des prêts additionnels, affirme Hariri

Le Premier ministre, qui commentait les résultats de la conférence de Paris face à la presse, s’est aussi engagé à mener le processus de réformes « en toute transparence ».

De retour de Paris où avait eu lieu vendredi la CEDRE, Saad Hariri a accordé hier une heure de questions-réponses aux journalistes. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre Saad Hariri a indiqué hier que des engagements de prêts et de dons supplémentaires dans le cadre de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE), qui s’est tenue vendredi dernier à Paris, pourraient être annoncés prochainement. Il s’exprimait lors d’une session de questions-réponses avec les journalistes au Grand Sérail, consacrée aux résultats de la CEDRE. « D’autres pays comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud peuvent encore annoncer leurs contributions, et nous sommes toujours en contact avec eux pour mener à bien cela », a-t-il confié.

La communauté internationale s’est engagée vendredi dernier à mobiliser en faveur du Liban 10,2 milliards de dollars de prêts, dont 9,9 milliards à des taux bonifiés, et 860 millions de dollars de dons, destinés principalement à subventionner les intérêts de ces mêmes prêts. « La CEDRE est un succès pour notre pays. Nous avons reçu environ 11,5 milliards de dollars de dons et de prêts bonifiés, dont un tiers provient de la Banque mondiale, un tiers de l’Union européenne et de ses institutions financières et un tiers des pays du Golfe et de ses fonds de développement », a rappelé Saad Hariri. « La plupart de ces prêts bonifiés sont des prêts très concessionnels avec des intérêts de 1,5 % tout au plus, une période de carence de sept à dix ans et une échéance supérieure à 25 ans », a-t-il précisé.

Ces fonds sont exclusivement destinés à financer la première phase du programme d’investissements (CIP) visant à moderniser les infrastructures du pays. Le Premier ministre a d’ailleurs réagi aux nombreuses critiques ayant dénoncé un endettement supplémentaire de l’État qui résultera de la conférence de Paris. « Sans la conférence, le Liban aurait été contraint de contracter des emprunts (auprès des banques locales, via des émissions d’obligations) avec des taux d’intérêt d’environ 7 % », a-t-il justifié, préférant insister sur les retombées positives de ces investissements sur le marché du travail et « les opportunités d’emploi qui seront créés pour les jeunes Libanais ingénieurs, techniciens ou autres ». Quant aux travailleurs non  libanais, ils pourront « également profiter » de ces nouvelles offres d’emploi, mais « seront des ouvriers qui respecteront la législation libanaise du travail. Tous les projets financés par la Banque mondiale et les institutions arabes et européennes seront contrôlés par nos institutions », a déclaré Saad Hariri.


(Lire aussi :  CEDRE : Kulluna-Irada demande des consultations publiques)


Sérieux problème de corruption

Saad Hariri s’est par ailleurs engagé hier face à la presse à adopter un processus transparent de mise en œuvre des réformes présentées lors de la conférence de Paris. « Nous avons souhaité la création d’un comité de suivi composé des pays et des organisations ayant participé à la conférence, car nous sommes conscients du fait que nous avons un sérieux problème de corruption. Nous voulons montrer à la société civile et à tous que nous faisons le nécessaire afin d’éviter toute corruption », a-t-il assuré. 

Le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre un agenda de réformes sectorielles et budgétaires. Le Premier ministre a de nouveau rappelé hier l’engagement du gouvernement à réduire le déficit public de 5 % sur cinq ans. D’autres réformes viseront à renforcer la gouvernance et la transparence, à travers la création d’une commission nationale de lutte contre la corruption ou encore l’amélioration de la transparence dans l’attribution des marchés publics. « Ce sont des réformes dont le Liban a besoin. Nous sommes obligés de les mener, avec ou sans la CEDRE, dans l’intérêt des citoyens libanais », a insisté M. Hariri.



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Le Premier ministre Saad Hariri a indiqué hier que des engagements de prêts et de dons supplémentaires dans le cadre de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE), qui s’est tenue vendredi dernier à Paris, pourraient être annoncés prochainement. Il s’exprimait lors d’une session de questions-réponses avec les journalistes...

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Et si l'on faisait les poches aux enrichis de la politique, on pourrait peut être éviter cet endettement dément.

Je partage mon avis

12 h 59, le 12 avril 2018

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Commentaires (2)

  • Et si l'on faisait les poches aux enrichis de la politique, on pourrait peut être éviter cet endettement dément.

    Je partage mon avis

    12 h 59, le 12 avril 2018

  • C,EST BIEN MAIS GARE AUX PROJETS NON BIEN ETUDIES, AUX GASPILLAGES ET A LA CORRUPTION !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 21, le 12 avril 2018