X

À La Une

Polémique après une visite d'Erdogan à la frontière syrienne avec des célébrités

turquie

"Les artistes d'un pays ne devraient jamais courber l'échine devant un dictateur (...) Les artistes ne défendent pas la guerre, mais la paix, dénonce le chef de l'opposition, Kemal Kiliçdaroglu.

OLJ/AFP
05/04/2018

Vêtu d'un treillis et hilare, le président turc Recep Tayyip Erdogan applaudit un chanteur qui vient d'improviser un morceau au son d'une clarinette, tandis qu'assis à côté, le chef de l'armée turque sourit timidement, pendant qu'un soldat prend un selfie derrière lui.

Cette scène, qui s'est déroulée dimanche lors d'une rencontre à la frontière syrienne entre M. Erdogan accompagné de célébrités turques et des militaires participant à l'offensive d'Ankara contre une milice kurde en Syrie, déchaîne les passions en Turquie. A tel point que le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, est monté au créneau jeudi pour balayer les critiques, affirmant que le but de cette "belle visite" était "de soutenir nos militaires, de maintenir leur moral élevé.

Le chef de l'opposition, Kemal Kiliçdaroglu a vivement dénoncé cette opération de communication qui s'est déroulée dans la province de Hatay, frontalière de la Syrie, s'attirant en retour les foudres du gouvernement et des stars concernées. "Des tambours, des hautbois, des clarinettes, des chansons, et j'en passe", a déploré mardi M. Kiliçdaroglu, qui dirige le Parti républicain du peuple (CHP), ajoutant que le "sang" des 52 militaires turcs tués à ce jour dans le cadre de l'offensive d'Ankara en Syrie n'était "même pas sec". "Les artistes d'un pays ne devraient jamais courber l'échine devant un dictateur (...) Les artistes ne défendent pas la guerre, mais la paix", a-t-il ajouté.

Parmi les célébrités turques ayant accompagné M. Erdogan, figurent le chanteur Ibrahim Tatlises, la "diva" Ajda Pekkan, l'acteur Necati Sasmaz et des sportifs, comme le footballeur Gokhan Gönül ou l'ex-star de NBA Hidayet Türkoglu. Dans une lettre ouverte publiée mercredi, ces stars ont rejeté les critiques sur leur visite qui visait à soutenir, selon elles, "nos braves soldats qui ont perdu des frères d'armes".

Ankara mène depuis le 20 janvier une offensive dans la région d'Afrine (nord-ouest de la Syrie) contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Cette opération militaire, baptisée "Rameau d'olivier", s'accompagne en Turquie d'une couverture médiatique à sens unique et d'une répression contre toute voix critique de l'offensive : plusieurs centaines d'internautes et des étudiants ont ainsi été écroués.


Lire aussi

Alerte maximale à Manbij, menacée par une offensive turque

La Turquie rejette toute médiation française avec les FDS en Syrie

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

AIGLEPERçANT

Le monstre que l'occident a créé avec l'espoir un jour peut être de l'écarter,comme ils ont l'habitude de faire, va leur faire voir de toutes les couleurs.

Il leur bouffera le coeur.

On ne peut pas se prévaloir de sa propre turpitude.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,APPRENTI MINI SULTAN GENOCIDAIRE DES KURDES EST UN DICTATEUR PAR EXCELLENCE !

Sarkis Serge Tateossian

Il est claire que ni les "stars" ni les "célébrités" turques ne jouissent plus (depuis fort longtemps) de la moindre liberté en Turquie. Un mot sur Erdogan et sa politique et vous êtes jeté derrière les barreaux.

Kemal Kiliçdaroglu, le chef de l’opposition est un des derniers encore à oser le critiquer.

Pour un dictateur Erdogan a bien su (pour le moment) négocier le silence de l'occident (même si ce côté ci également ça commence à bouillonner..)

-----------------------------------------
Ce qui plutôt vraiment inquiétant ce sont les informations publiées par des chaines bien informées,qui rapportent que les turcs ont déjà commencé à mettre en place à Afrine et partout où ils ont une présence de leur armée ou de leurs sous-fifres turkmènes, des cours de la langue turque, des drapeaux turcs dans tous les lieux et bâtiments principaux, et même la circulation de leur monnaie .....est déjà en cours

Ils n'ont pas perdu de temps ... ni de leurs habitudes.

L'épuration ethnique, l’humiliation des populations autochtones ...et d'autres abjections du dictateur sont déjà apliquées

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Entre la crise économique et financière et l’implantation des Palestiniens...

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants