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Liban

La mort cérébrale, un état encore difficile à accepter par les familles

Don d’organes

Le sujet reste entouré au Liban de préjugés à tous les niveaux. Cette série d’articles bimensuels vise à faire la lumière sur les différents aspects de ce don de vie.

Nada MERHI | OLJ
04/04/2018

Au Liban, le don d’organes ne peut être fait que si le donneur est en état de mort cérébrale. Or cette forme de mort n’est pas facile à accepter par la famille, d’autant que la mort a toujours été associée à l’arrêt de la respiration et des battements cardiaques.

C’est dans les années 1960 que le concept de la mort cérébrale a émergé, « lorsque des neurologues français ont découvert que certains patients comateux ne récupéraient jamais et mouraient, malgré les avancées médicales qui permettaient de les garder sous respirateur, de hausser et de maintenir leur tension », explique le Dr Naji Riachi, professeur associé de neurologie, chef de la division de neurologie au Centre universitaire médical de l’Université libano-américaine-Hôpital Rizk. « Ils parlaient de coma dépassé, poursuit-il. Cette situation avait alors soulevé de nombreuses questions religieuses, éthiques et sociales, d’autant qu’il fallait définir les moyens de prendre en charge ces patients. »

Finalement, « cette situation, acceptée dans toutes les religions, a été réglementée par un comité formé à Harvard vers la fin des années 1960 et qui comptait parmi ses membres des médecins, un historien, un avocat et un théologien », souligne le Dr Riachi. « Depuis, on parle de mort cérébrale », note-t-il.

« La mort cérébrale s’installe à la suite d’un arrêt des fonctions du cerveau, précise le spécialiste. Toutefois, on peut maintenir la fonction des poumons à l’aide d’un respirateur, et les battements du cœur à l’aide de médicaments, mais pour une durée limitée de quelques jours, au cours de laquelle les organes sont viables et peuvent être prélevés. »


Le diagnostic
Le Dr Riachi explique que la mort cérébrale est confirmée par une série de tests neurologiques, qui permettent de s’assurer de l’absence des réflexes primaires du cerveau, pharmacologiques, pour s’assurer que le cœur et le pouls ne réagissent pas au stimulus, ainsi que par un test d’apnée pour s’assurer que le malade dépend du ventilateur et ne peut pas respirer spontanément.

Ces tests sont effectués indépendamment par deux spécialistes : le médecin intensiviste et un neurologue ou un neurochirurgien. « Ils sont répétés en général six à vingt-quatre heures plus tard, selon l’âge du malade », note le Dr Riachi. Il précise que cette forme de mort est différente de l’état végétatif, situation dans laquelle « le patient respire seul, mais est inconscient ». « De plus, il a gardé les fonctions essentielles du cerveau et ses réflexes sont préservés », poursuit-il.

Et le Dr Riachi de conclure : « La mort cérébrale est irréversible. Dans ces cas, la mort est confirmée, et c’est une question de temps avant que le cœur ne s’arrête de battre. »



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