Envoyant un nouveau signal de rapprochement avec Israël, le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane a estimé, dans une interview publiée lundi dans la presse américaine, que les Israéliens ont le « droit » d’avoir leur propre État-nation comme les Palestiniens le leur. « Il y a beaucoup d’intérêts que nous partageons avec Israël et, s’il y a la paix (entre Israéliens et Palestiniens), il y aura beaucoup d’intérêts entre Israël et les pays du Conseil de coopération du Golfe », a insisté MBS dans cette interview. Amir Levy/Reuters
Le roi Salmane d’Arabie saoudite a réaffirmé son soutien au droit des Palestiniens d’avoir un État après des déclarations de son fils, le prince héritier Mohammad ben Salmane (alias MBS), reconnaissant aux Israéliens le « droit » à un État-nation, ont rapporté hier les médias saoudiens.
Dans un communiqué, relayé par l’agence de presse saoudienne officielle SPA et dans lequel il ne fait pas allusion aux propos de son fils, le souverain saoudien a « réaffirmé la position inébranlable du royaume sur la question palestinienne et les droits légitimes du peuple palestinien à un État indépendant avec Jérusalem comme capitale ». Ce communiqué rendait compte d’un entretien téléphonique, lundi soir, entre le roi Salmane et le président américain Donald Trump. Le monarque saoudien, âgé de 82 ans, a également souligné la nécessité de relancer le processus de paix au Proche-Orient, alors que l’administration Trump est supposée présenter son propre plan pour une solution politique au conflit israélo-palestinien.
L’Arabie saoudite et Israël n’ont pas de relations diplomatiques officielles, mais, dans les coulisses, leurs rapports semblent s’être améliorés ces dernières années, les deux pays considérant l’Iran comme leur ennemi commun. Le conflit entre Israël et les Palestiniens s’est longtemps avéré être un obstacle à un rapprochement complet.
Toutefois, dans un entretien publié lundi par la revue américaine The Atlantic, le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, âgé de 32 ans, a estimé que les Israéliens ont le « droit » d’avoir leur propre État-nation comme les Palestiniens, envoyant un nouveau signal de rapprochement avec Israël. « Je crois que chaque peuple, où que ce soit, a le droit de vivre dans sa nation pacifique. Je crois que les Palestiniens et les Israéliens ont le droit d’avoir leur propre terre », a déclaré l’homme fort de Riyad, dans cette interview réalisée avant la répression particulièrement meurtrière par Israël de la « marche pour le retour » organisée vendredi dernier à la frontière séparant la bande de Gaza de l’État hébreu. « Mais nous devons avoir un accord de paix pour assurer la stabilité de chacun et avoir des relations normales », a cependant précisé MBS. « Nous avons des inquiétudes religieuses concernant la mosquée sacrée à Jérusalem (la mosquée al-Aqsa) et concernant le droit des Palestiniens. Nous n’avons d’objection contre aucun autre peuple », a encore dit MBS à The Atlantic. « Il y a beaucoup d’intérêts que nous partageons avec Israël et, s’il y a la paix, il y aura beaucoup d’intérêts entre Israël et les pays du Conseil de coopération du Golfe », a-t-il insisté. Ces propos inhabituels de la part d’un dirigeant arabe ont fait grincer quelques dents.
En 2002, l’Arabie saoudite avait pris l’initiative d’un plan de paix qui prévoit le retour d’Israël aux frontières de 1967 et la création d’un État palestinien contre la reconnaissance de l’État hébreu par les pays arabes. Sans résultat. En novembre dernier, un membre du gouvernement israélien a révélé qu’il y avait des contacts secrets avec l’Arabie saoudite, sur le plan de la sécurité en particulier. La reconnaissance de cette rumeur ancienne est un fait rare. Riyad, de son côté, continue à démentir. Mais en mars, l’Arabie saoudite a ouvert pour la première fois son espace commercial aérien à des vols à destination d’Israël, une décision qui a demandé deux années de négociations.
Sources : agences


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