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Économie - Finances Publiques

Le déficit français dans les clous européens en 2017 pour la première fois en dix ans

Selon l’Insee, le déficit cumulé de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale en France a reculé de 0,8 point par rapport à 2016. Thomas Samson/AFP

La France est revenue l’an dernier, pour la première fois depuis 2007, dans les clous budgétaires européens, en ramenant son déficit public à 2,6 % du produit intérieur brut (PIB) à la faveur d’une croissance plus forte qu’anticipé. Finies les entorses à la fameuse règle des « 3 % » accumulées depuis la crise financière : selon l’Insee, le déficit cumulé de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale a reculé de 0,8 point par rapport à 2016, passant de 3,4 % à 2,6 % du PIB.
Ce résultat, à défaut d’être une véritable surprise, est une bonne nouvelle pour le gouvernement. Ce dernier, qui tablait officiellement sur un déficit public à 2,9 % du PIB, avait fait du passage sous la barre fatidique des 3 % la clé de voûte de sa politique budgétaire. « Nous avons tenu nos engagements », s’est félicité sur France Info le ministre des Finances Bruno Le Maire. « Pour la première fois depuis dix ans, nous sommes dans la bonne direction. Ça nous permet de retrouver notre crédibilité en Europe », a-t-il ajouté.

« Résultats en trompe-l’œil »
La France était jusqu’à l’an dernier le dernier pays européen avec l’Espagne à être encore sous le coup d’une procédure pour déficit excessif. Bruxelles, qui a déjà accordé à la France deux délais pour revenir dans les clous (2013 et 2015), avait exclu toute nouvelle rallonge. « Les efforts et le sérieux engagés depuis 2012 ont payé », ont estimé dans un communiqué les députés Nouvelle gauche, attribuant la baisse du déficit à la « responsabilité budgétaire » du quinquennat Hollande. Ce résultat « clôt une fois pour toutes la polémique initiée à l’été 2017 par la Cour des comptes » sur l’état des finances publiques, ont-ils ajouté.
Selon l’Insee, la baisse du déficit public tricolore s’explique principalement par une croissance meilleure que prévu – à 2 % au lieu des 1,5 % – avec pour corollaire une hausse des rentrées fiscales. Le taux de prélèvements obligatoires, qui regroupe l’ensemble des impôts et taxes perçus par l’administration, a ainsi augmenté de 0,8 point à 45,4 % du PIB, dopé notamment par les rentrées de TVA (+7,6 milliards d’euros). « Le déficit inférieur à 3 % est dû exclusivement à la conjoncture et aux hausses d’impôts », a ainsi réagi le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau, évoquant « des résultats en trompe-l’œil ».
Selon l’Insee, les dépenses publiques ont ainsi progressé de 2,5 % en un an, contre +1 % en 2016. Un phénomène dû à la reprise de l’investissement des collectivités locales (+2,9 milliards), mais aussi aux hausses de salaires dans la fonction publique décidées sous François Hollande. Interrogé sur ce point, Bruno Le Maire a insisté sur les mesures d’économies décidées à l’été 2017. La baisse du déficit est due « à la croissance » mais aussi aux « décisions courageuses que nous avons prises », a-t-il insisté, citant la réduction des aides au logement comme exemple.La France « a fait un bel effort mais il faut poursuivre, approfondir cet effort, viser la réduction de la dette », a pour sa part estimé sur la chaîne LCP le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Fin janvier, il avait déjà mis en garde Paris contre tout triomphalisme. « Il ne suffit pas de passer sous la barre des 3 % de déficit, il faut s’en éloigner franchement. La moyenne dans la zone euro est 0,9 %, pas 3 % », avait-il rappelé. Dans son projet de loi de finances pour 2018, le gouvernement a inscrit un déficit de 2,8 % cette année, et 2,9 % en 2019. Au vu du résultat de 2017, ces chiffres pourraient cependant être revus à la baisse, d’autant que la croissance 2018 s’annonce plus forte que les 1,7 % actuellement prévus.
Source : AFP

La France est revenue l’an dernier, pour la première fois depuis 2007, dans les clous budgétaires européens, en ramenant son déficit public à 2,6 % du produit intérieur brut (PIB) à la faveur d’une croissance plus forte qu’anticipé. Finies les entorses à la fameuse règle des « 3 % » accumulées depuis la crise financière : selon l’Insee, le déficit cumulé de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale a reculé de 0,8 point par rapport à 2016, passant de 3,4 % à 2,6 % du PIB.Ce résultat, à défaut d’être une véritable surprise, est une bonne nouvelle pour le gouvernement. Ce dernier, qui tablait officiellement sur un déficit public à 2,9 % du PIB, avait fait du passage sous la barre fatidique des 3 % la clé de voûte de sa politique...
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