X

À La Une

New Delhi-Tel Aviv, premier vol à atterrir en Israël après le survol de l'Arabie

diplomatie

L'autorisation de survol est le signe du "réchauffement dans les coulisses" entre l'Arabie et l'Etat hébreu, estime un analyste israélien.

OLJ/AFP
22/03/2018

Un Boeing d'Air India en provenance de New Delhi a atterri jeudi soir à Tel-Aviv, devenant le premier vol commercial à destination d'Israël à être passé par l'espace aérien saoudien, un ministre israélien se félicitant d'un "premier lien officiel entre Israël et l'Arabie saoudite". L'Arabie saoudite interdisait jusque-là le survol de son territoire à des avions se rendant en Israël, pays avec lequel Riyad n'entretient pas de liens diplomatiques.


"C'est un moment historique", s'est félicité le ministre israélien des Transports Yisrael Katz. "C'est la première fois qu'il y a un lien officiel entre l'Etat d'Israël et l'Arabie saoudite", a-t-il déclaré à l'AFP sur le tarmac, alors que le Dreamliner atterrissait à l'aéroport Ben Gourion.
"C'est le début d'une nouvelle ère", s'est félicité le ministre israélien du Tourisme, Yariv Levin, qui se trouvait également à l'aéroport de Tel-Aviv jeudi soir pour l'arrivée du vol d'Air India.

Cette nouvelle liaison aérienne avait été annoncée en juillet 2017 par le Premier ministre indien Narendra Modi, son homologue israélien Benjamin Netanyahu suggérant en janvier pour la première fois qu'elle pourrait emprunter l'espace aérien saoudien. Depuis cette déclaration de M. Netanyahu, aucun responsable israélien n'a évoqué l'autorisation de survol de l'espace aérien saoudien.
"Nous allons assurer des vols sans escale de New Delhi à Tel-Aviv à partir du 22 mars via l'espace aérien saoudien", avait auparavant déclaré à l'AFP le porte-parole d'Air India, Praveen Bhatnagar.

Le survol de l'Arabie saoudite permet de réduire sensiblement le temps des vols entre l'Inde et Israël.
M. Levin avait qualifié le lancement de ce vol comme faisant partie "de la révolution au sein du ministère pour augmenter le nombre de touristes en Israël". Le nombre de touristes en provenance d'Inde a augmenté de 47% en deux ans, selon son ministère.
La compagnie israélienne El Al survolait jusque-là la mer Rouge pour ses destinations indiennes, de façon à éviter les espaces aériens saoudien et iranien.


(Pour mémoire : Avec Trump, premier vol direct entre l'Arabie et Israël)



"Réchauffement"
Benjamin Netanyahu et l'administration américaine de Donald Trump favorisent l'idée d'une nouvelle convergence d'intérêts entre Israël et les pays arabes, à commencer par l'Arabie saoudite, face notamment à l'ascension de l'Iran.  Ils laissent entendre qu'elle pourrait conduire à une reconfiguration diplomatique régionale alors que seuls deux pays arabes (Egypte, Jordanie) entretiennent des relations diplomatiques avec Israël.
En dépit des signes de discrète interaction, les autorités saoudiennes restent muettes sur d'éventuels contacts, même informels, avec Israël.

Pour l'analyste israélien Jonathan Spyer, ce geste des Saoudiens est un signal positif malgré l'absence de solution au conflit israélo-palestinien, longtemps considéré comme une condition préalable à l'établissement de relations entre l'Etat d'Israël et certains pays arabes.
"Ce que nous pouvons observer, c'est que même en l'absence de traité de paix, des petits gestes peuvent avoir une grande signification", a affirmé à l'AFP M. Spyer, directeur du Centre (Rubin) de recherches sur les affaires internationales.

Lors d'une tournée au Moyen-Orient en mai 2017, le président américain Donald Trump avait atterri à Tel-Aviv directement de Riyad, dans ce qui devait être l'un des seuls vols directs entre les deux pays.
Le rapprochement avec le royaume saoudien serait "crucial" pour l'administration américaine en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, selon M. Spyer.
L'Arabie saoudite et Israël ont un ennemi commun, l'Iran, tous deux cherchant à limiter ce qu'ils considèrent comme l'influence grandissante de la République islamique au Moyen-Orient.
L'autorisation de survol, selon M. Spyer, est le signe du "réchauffement dans les coulisses" avec Israël.
"On peut supposer que cela cadre avec le changement d'image que Mohammed ben Salmane essaie d'obtenir pour son pays", a-t-il ajouté.

Le prince héritier saoudien effectue en ce moment une visite aux Etats-Unis durant laquelle il a rencontré Donald Trump, ce dernier affichant sa complicité avec son interlocuteur.



Pour mémoire
Air India autorisée à survoler l’Arabie saoudite vers Israël

Ouverture de l'espace aérien saoudien à des vols à destination d’Israël : Riyad dément avoir donné son feu vert

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Sarkis Serge Tateossian

Quoi de plus naturel qu'un survol d'un pays faisant partie de l'itinéraire (d'un plan de vol)

En orient cela devient un événement mondial.
Trop d'animosité et tensions au parfum guerrier

Un premier pas vers une normalisation ? Qui sait !
Même les plus réfractaires comme l'Iran, seront emmenés un jour à connaitre ce genre de "premier pas"

Une humanité sans paix ne peut survivre dans cet univers.

Antoine Sabbagha

La lune de miel commence donc bien entre entre l'Arabie et l'Etat hébreu. A suivre .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CHAMBARDEMENTS MAJEURS EN VUE DANS LA REGION !

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants