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Hervé Sabourin : La francophonie a tous les potentiels pour répondre aux aspirations des jeunes d’aujourd’hui

ENTRETIEN

Au Liban, le mois de mars est consacré à la célébration de la francophonie. Au programme, de multiples manifestations culturelles, artistiques, scientifiques. Rencontre avec Hervé Sabourin, directeur de la direction régionale Moyen-Orient de l’AUF.

17/03/2018

Quelles sont les particularités du Mois de la francophonie au Liban ?
Le Liban est l’un des rares pays à célébrer la francophonie sur un temps aussi long. Le Mois de la francophonie au Liban s’organise autour de deux grandes idées : le rassemblement et le partage. C’est le rassemblement de toutes les forces francophones présentes au Liban pour partager ce que la francophonie représente pour eux. Et je pense d’abord aux Libanais. Il est ainsi essentiel et symbolique que ce mois soit, comme chaque année, organisé sous l’égide du ministère de la Culture au Liban. Mais la francophonie, c’est aussi bien sûr tous les pays qui la composent et sont présents au Liban, à commencer par la France qui, comme chaque année, nous offre au mois de mars un programme d’activités riches et significatives de la vitalité de notre communauté. C’est évidemment tous les autres pays, la Belgique, le Canada, la Suisse, la Roumanie et bien d’autres qui s’engagent chaque année pour illustrer, chacun dans son domaine de priorité, leur présence dans notre monde francophone. Le rôle de l’AUF est, par essence, de porter le plus possible cette diversité des communautés nationales dont elle est issue et d’être le relais de toutes les initiatives qui la composent.


(Lire aussi : Les ressources multiples de la langue française)


Quelles sont vos priorités durant ce mois ?
Traditionnellement, le Mois de la francophonie est l’occasion de mettre en lumière les talents dans les domaines culturel et artistique. Depuis l’an dernier cependant, l’AUF essaye aussi de mettre en valeur d’autres expertises et qualités de notre communauté, comme l’innovation technologique et la modernité lors de la Journée internationale de la francophonie du 20 mars 2017 qui a réuni de nombreuses start-up lors d’un événement organisé dans un endroit symbolique à Beyrouth, The Station. Cette année, l’AUF marque sa différence en décidant de concentrer les activités du mois de mars selon trois grands thèmes fondateurs de la francophonie mondiale : les expressions, le vivre-ensemble, le dialogue interculturel et la médiation.

Quels sont les moments-phares de votre programme ?
Voici quelques moments-phares qui illustrent les trois thèmes ci-haut mentionnés : le concours de débat francophone, organisé par le club de débat de l’USJ, en partenariat avec l’AUF, l’ambassade de Suisse et l’ambassade de France, qui a rassemblé de jeunes francophones venant d’Europe, d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient. Le colloque « Vivre ensemble et la neutralité de l’État : l’épreuve de la radicalisation, le repli identitaire, les bouleversements mondiaux », organisé par l’USEK du 14 au 16 mars, en partenariat avec l’ambassade du Canada et l’AUF. La Journée internationale de la francophonie prévue le 20 mars sous le signe de la médiation à la paix et au cours de laquelle sera lancée une grande compétition interuniversitaire sur la médiation que nous organisons avec le Centre professionnel de médiation de l’USJ et l’Unesco. Le concours du Mot d’or organisé par l’Association pour la promotion du français des affaires, l’AUF, l’Institut français du Liban, l’Institut des finances Basil Fuleihan et l’ESA, qui a pour objectif de faire la promotion de l’utilisation du français dans le monde des affaires. La finale aura lieu à l’ESA le 27 mars. Enfin, une journée spéciale à Tripoli le 10 mars a été consacrée aux femmes.


(Lire aussi : Au Liban, Orient et Occident ne s’épousent-ils pas ?)


Quel bilan dressez-vous de la francophonie au Moyen-Orient ?
La francophonie est bien présente au Moyen-Orient, et je suis plutôt optimiste sur ses capacités d’évolution, quoi qu’en disent les rapports. Si je me réfère par exemple au seul cas de l’AUF, nous sommes passés en à peine trois ans de 55 établissements-membres en 2015 à 72 début 2018 pour toute la région. De nouveaux pays ont intégré notre agence, comme l’Éthiopie, ou plus récemment l’Arabie saoudite. Les demandes n’arrêtent pas d’affluer, notamment venant des pays du Golfe, plusieurs établissements du Koweït, de Bahreïn ou de Oman nous ont sollicité. Il y a donc un mouvement d’attractivité qui est manifeste dans certains pays comme l’Iran qui a vu son nombre d’adhérents à l’AUF exploser en deux ans, passant de 1 à 8 universités-membres. Mais cette attractivité n’est pas seulement due à une vraie demande d’initiation à la langue française, elle est aussi due au dynamisme de notre communauté et à sa capacité à proposer ses expertises et son savoir-faire en tous genres qui dépassent largement le seul cadre de l’apprentissage linguistique. Le Liban a un rôle éminent à jouer au moins au niveau régional, non seulement parce qu’il est et de loin le pays le plus francophone de la région mais aussi parce que les Libanais y sont très largement disséminés, et que partout où ils se trouvent, ils sont un vecteur utile et même indispensable de la dissémination de la langue française.

Vous prônez « une francophonie ouverte et dynamique ». Pouvez-vous expliquer ?
Dans un monde où la langue anglaise est devenue incontestablement la langue de communication universelle, la francophonie a aussi tous les potentiels pour répondre aux aspirations des jeunes d’aujourd’hui. Promouvoir la diversité culturelle et linguistique est un atout supplémentaire à faire valoir à la jeunesse de notre espace francophone. L’université est un lieu particulièrement adapté au dialogue interculturel. La francophonie doit donc simplement montrer ce qu’elle est, un espace de liberté, de diversité, de modernité et de dynamisme, ouvert au monde, ouvert aux hommes comme aux femmes et à l’égalité du genre, ce qui est l’un de nos combats du présent et de l’avenir. La langue française est également une langue de l’entrepreneuriat, des affaires, des nouvelles technologies, une langue qui favorise l’intégration professionnelle.



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