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Culture

Au Liban, Orient et Occident ne s’épousent-ils pas ?

Festival du conte

Depuis hier et jusqu’au 18 mars, la 19e édition du Festival international du conte accueille sept conteurs, à Beyrouth et ailleurs, pour célébrer l’art oral, entre performances et transmission. Rencontre avec son directeur, Paul Mattar.

13/03/2018

« L’Orient est l’Orient, l’Occident est l’Occident. Ils ne se rencontreront jamais. » Rendez-vous culturel désormais incontournable, l’édition 2018 du festival, inscrite dans le cadre du mois de la francophonie, donne tort à Rudyard Kipling, auteur de ces mots.
La Maison des arts et du conte, en collaboration avec l’Institut français, BEYt, T-Marbouta, Hammana Artist House ou encore le centre culturel Dar el-Nimer, souhaite cette année créer « un univers occiriental, où la langue du cœur prévaudra », d’après les mots avisés de Paul Mattar, directeur du festival depuis sa création en février 2000. « Depuis 2013, nous avons choisi d’agrémenter le festival d’une large thématique qui permet de guider ce qui existe déjà chez le conteur vers une interprétation différente. » Après la femme ou le voyage, le lien – parfois conflictuel – entre Orient et Occident est aujourd’hui au cœur de l’événement.

Un festival en constante évolution
Afin d’élargir un public d’amateurs déjà conquis, la programmation 2018 s’équilibre entre langue arabe et langue française. Tout au long de la semaine, sept conteurs aux origines variées joueront avec une audience complice. On pourra compter sur la présence familière du Libanais Jihad Darwiche et de son compatriote et élève Nassim Alwane, mais aussi sur celles de Salim es-Soussi et Khaled Naanaa (Palestine/Liban), des Français Pascal Quéré et Serge Valentin et enfin de la Belge Sophie Clerfayt. Ceux-ci auront l’opportunité de captiver leur audience à travers leurs histoires pendant plusieurs soirées du festival, pour « donner la possibilité aux spectateurs de rattraper un spectacle manqué », explique Paul Mattar.
La ligne directrice du festival est depuis toujours fortement influencée par Jihad Darwiche, l’un de ses fondateurs. Tour à tour journaliste, enseignant d’arabe et, depuis 1984, conteur et auteur jeunesse, « c’est lui l’esprit, le connaisseur. Il est la tête et je suis le corps », s’amuse le directeur du festival, qui se félicite de la renommée grandissante de l’événement : « On reçoit des demandes des artistes eux-mêmes maintenant. » Après 18 éditions rondement menées, l’organisateur souligne la nécessité de savoir se réinventer perpétuellement pour continuer à attirer des spectateurs curieux. La 19e édition du festival apporte donc son lot de nouveautés. La pluralité des partenaires et lieux où s’exporte le festival tout d’abord, « une première » pour un festival qui a l’habitude de prendre ses quartiers à la crypte Saint-Joseph ou à l’espace BEYt, d’après son organisateur enthousiaste.
Le métissage entre musique et art du conte fait également son apparition dans le festival, avec une prestation exceptionnelle d’Amal Kaawash, au chant, accompagnée par Farah Kaddour au bouzouki et Qamar Omri aux percussions à la Maison de l’artiste, Hammana, mercredi 14 mars.
Le festival se raconte en outre désormais au pluriel, les histoires des apprentis d’hier formant les voix des enfants d’aujourd’hui.

La parole aux enfants
Depuis l’an 2000, le festival propose en effet un « lever de rideau » aux conteurs novices avides d’éloquence. Durant les quelques semaines précédant l’ouverture, une campagne de recrutement sonde le réservoir des jeunes talents du conte de demain dans les écoles publiques du pays, en collaboration avec l’Institut français. Les heureux élus ont ensuite la chance d’assurer la première partie des conteurs professionnels durant le festival. Les adultes conteurs retournent quant à eux sur les bancs de l’école, le temps d’une journée, pour raconter leurs histoires aux jeunes générations et leur transmettre leur passion du conte.
Tradition orale avant tout, le festival a encore de beaux jours devant lui, d’après son directeur. Instant de partage spontané, flottant et « s’envolant avec le vent », le conte ne peut être qu’actuel, en renouvellement permanent.

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