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Liban - Trois questions à...

Sami Nader : La loi électorale bloque la réforme et vide la proportionnelle de son contenu

Sami Nader.

Si l’écrasante majorité des formations politiques poursuit aujourd’hui les négociations en vue de former les listes électorales avant le 26 mars, il reste que les choix politiques et électoraux de certaines formations ont ravivé la question des avantages et inconvénients de la nouvelle loi électorale, qui pousse certains protagonistes à s’allier avec leurs adversaires d’hier, afin de remporter la bataille des législatives prévues le 6 mai. À ce sujet, l’économiste et analyste politique Sami Nader répond aux questions de L’Orient-Le Jour.

Comment évaluez-vous la nouvelle loi électorale ?
Cette loi bloque le progrès et la réforme. Le mode de scrutin prévu par la législation peut être divisé en deux phases : celle de la lutte pour l’obtention du coefficient électoral et celle du vote préférentiel.
Dans le cadre de la première phase, tous les protagonistes auront la hantise d’assurer le coefficient électoral. Pour ce faire, ils tisseront des alliances abracadabrantes principalement axées sur des intérêts électoraux. À cela s’ajoute un élément important : lors du choix de leurs colistiers, les protagonistes devront sélectionner des partenaires assez forts pour leur assurer le coefficient électoral, mais pas assez forts pour les priver de votes préférentiels.
La seconde phase commencera à partir du 26 mars. Soit après le dépôt des listes. Cette phase est celle de la compétition entre les membres d’une même liste, dans la mesure où ils se disputeront le vote préférentiel, ce qui réduit l’importance, voire banalise les alliances qu’ils auraient tissées dans la phase antérieure.

Dans quelle mesure la nouvelle loi accorde-t-elle de l’importance aux programmes électoraux ?
Bien au contraire, au lieu de favoriser la compétition et les alliances axées sur des projets, des programmes et des principes, elle a encouragé les candidats et les formations politiques à se lancer dans des batailles à caractère personnel, où les intérêts priment, au détriment des principes politiques.

Comment expliquez-vous l’effectif de candidats qui a atteint des niveaux étonnants (976 candidats dont 111 femmes) ?
Il est certain que la proportionnelle présente des avantages. Elle permet à certaines factions d’opérer des percées. D’où le nombre élevé de sièges sur lesquels parient les composantes de la société civile. Sauf que le fait de mêler proportionnelle et vote préférentiel anéantit l’effet de la première, parce qu’il la vide de son contenu et de son objectif. Cela me fait dire qu’il est vrai que le mode de scrutin proportionnel devrait être adopté dans un pays comme le Liban, afin de préserver son pluralisme, sauf que la nouvelle loi électorale rend plus complexe le système libanais, déjà compliqué par sa diversité et son pluralisme.


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