Sergei Skripal, au tribunal militaire de Moscou, le 9 août 2006. Kommersant/Yuri Senatorov via Reuters
« Si l’enquête démontre la responsabilité d’un État, le gouvernement répondra de façon appropriée et ferme », a déclaré hier, devant le Parlement britannique, le secrétaire au Foreign Office, Boris Johnson, à propos du mystérieux empoisonnement d’un ex-agent secret russe, au service du Royaume-Uni, et de sa fille. Le chef de la diplomatie britannique a confirmé que les deux personnes attaquées avec une substance inconnue à Salisbury (sud de l’Angleterre) et retrouvées inconscientes sur un banc d’un centre commercial, dimanche, étaient l’ex-espion russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans. « Je le dis aux gouvernements à travers le monde, aucune tentative de prendre une vie innocente sur le sol britannique ne restera impunie », a ajouté M. Johnson, faisant allusion à la Russie, déjà à plusieurs reprises désignée par le passé comme une menace par les autorités politiques et militaires britanniques.
Les circonstances de l’affaire ont immédiatement fait ressurgir le souvenir de la mort d’Alexandre Litvinenko, un ex-agent du FSB (services secrets russes) et opposant au président Vladimir Poutine, empoisonné en 2006 à Londres au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique. À Moscou, un porte-parole du Kremlin a affirmé n’avoir « aucune information ». « Personne n’a pour l’instant demandé » à Moscou de participer à l’enquête, a-t-il dit, soulignant que « Moscou est toujours disposé à coopérer ».
Hier, les enquêteurs à Salisbury tentaient de déterminer l’origine et la nature de la substance toxique dont ont été victimes M. Skripal et sa fille. Ces derniers restaient dans un état critique, en soins intensifs, selon la police du comté de Wiltshire. Plusieurs membres des services de secours qui ont été en contact avec le couple ont été examinés et l’un d’entre eux restait en observation hier, a précisé la police. La zone où il a été retrouvé était toujours interdite d’accès. À titre de précaution, un restaurant italien a été fermé « en lien » avec l’affaire.
Sergueï Skripal a travaillé jusqu’en 1999 dans les services de renseignements pour l’armée russe, obtenant le grade de colonel, selon l’agence de presse russe TASS. En 2004, il a été arrêté par les services de sécurité russes (FSB, ex-KGB), accusé de « haute trahison » au profit des services secrets britanniques, qui l’auraient recruté dès 1995. Avec trois autres agents russes, il avait fait l’objet d’un échange en 2010 contre dix agents du Kremlin expulsés par Washington.
Source : AFP


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