Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk. Photo tirée de sa page Facebook
Le ministre libanais de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a répondu dimanche aux critiques adressées contre lui après ses propos sur l'innocence présumée du dramaturge libanais Ziad Itani, accusé de collaboration avec Israël.
"Personne ne sait mieux que moi ce que c'est que d'être la victime d'un piège ou d'une conspiration et d'être, du jour au lendemain, accusé d'être un espion israélien", a écrit M. Machnouk dans une tribune publiée dans la journée sur le site du quotidien local An-Nahar, expliquant avoir dû quitter le Liban de 1998 à 2003 "sur décision des renseignements syriens".
"En ce qui concerne mes propos sur l'innocence de M. Itani, qu'on m'a accusé d'avoir tenu pour des considérations électorales, je dis que les oppresseurs ne savent pas ce qu'est l'injustice (...) Que les accusateurs reviennent à la raison. Pourquoi ceux qui me critiquent ne préfèrent pas exprimer leur soutien à Ziad Itani et sa famille", indique également ce texte. M. Machnouk est candidat dans la circonscription de Beyrouth II.
Samedi, le président libanais, Michel Aoun, le Premier ministre, Saad Hariri, ainsi que d'autres responsables politiques avaient appelé à ne pas politiser l'affaire Itani. Ils réagissaient au tweet diffusé vendredi par M. Machnouk qui a affirmé que "l'acquittement ne suffit pas" et que "tous les Libanais s'excusent auprès de Ziad Itani".
Connu pour une série de pièces comiques sur la vie beyrouthine et âgé d'une quarantaine d'années, M. Itani avait été arrêté en novembre pour avoir "collaboré et communiqué" avec l'Etat hébreu.
En novembre, la Sûreté générale libanaise avait assuré que l'acteur aurait eu "pour mission de surveiller un groupe d'hommes politiques de haut niveau (...) et d'obtenir des détails sur leur vie et leur travail". En décembre, il avait été déféré devant la justice militaire.
Mais vendredi, coup de théâtre : le colonel Suzanne el-Hajj, ex-directrice du bureau de lutte contre les crimes informatiques au sein des forces de sécurité libanaises, a été arrêtée pour son rôle présumé dans la fabrication d'accusations à l'encontre de Ziad Itani. Elle est soupçonnée d'avoir "utilisé les services d'un pirate informatique pour fabriquer des conversations afin de faire accuser Ziad Itani d'avoir eu des communications avec une fille israélienne".
Avant de devenir acteur et auteur, Ziad Itani travaillait comme reporter pour la chaîne de télévision pro-Hezbollah Al-Mayadeen et collaborait avec différents journaux.
Pour mémoire
Les interrogations autour de l’arrestation de Ziad Itani se multiplient

