Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, remet le rapport semestriel sur la politique monétaire au Congrès à Washington. Joshua Roberts/Reuters
Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a dressé un tableau très optimiste de l’économie des États-Unis qui, selon lui, a accéléré depuis décembre, et confirmé hier que la Fed allait poursuivre ses hausses de taux d’intérêt graduelles. « Mon appréciation personnelle de l’orientation économique s’est renforcée depuis décembre », a déclaré lors de sa première intervention devant le Congrès M. Powell, choisi par Donald Trump pour remplacer Janet Yellen à la tête de la puissante Banque centrale. La Fed tient une réunion monétaire dans trois semaines, les 20 et 21 mars. Non seulement les marchés s’attendent à un relèvement des taux, mais ils suspectent que les responsables monétaires vont augmenter leurs prévisions de hausses pour l’année, qui jusqu’ici sont de trois.
Dans un style très prudent, qui devrait caractériser ses interventions, M. Powell s’est refusé à dire qu’un resserrement plus rapide de la politique monétaire se profilait. Mais il a en même temps fait la liste des facteurs d’accélération de la première économie mondiale : « Ce que l’on voit, c’est une amélioration de l’économie, un renforcement continu du marché de l’emploi, des signes, selon moi, que l’inflation remonte vers sa cible, une plus forte croissance à l’étranger et une politique budgétaire plus stimulante. » « Chacun d’entre nous à la Fed va prendre en compte ce qui s’est passé depuis décembre et dresser la nouvelle trajectoire moyenne des taux et je ne veux pas en préjuger », a-t-il dit. Après avoir démarré la journée en recul, les taux d’intérêt sur la dette américaine se sont fortement tendus lors de l’audition de M. Powell. Vers 16 heures GMT (18 heures à Beyrouth), le taux d’intérêt des bons du Trésor américain à 10 ans montait à 2,915 % contre 2,862 % lundi soir et celui à trente ans progressait à 3,196 % contre 3,153 % la veille.
Dans un court discours de quatre pages, qui tranchait avec les longues descriptions économiques de ses prédécesseurs, l’ancien banquier, qui n’est pas un économiste de formation, a décrit une économie florissante avec une « croissance économique forte dopée par une politique budgétaire devenue plus stimulante ». Il a promis « d’autres hausses des taux graduelles ». L’inflation devrait « monter » cette année et les salaires « accélérer aussi », a-t-il dit, tandis que la récente volatilité des marchés n’a pas altéré la bonne orientation des conditions financières. Il trouve que les risques financiers sont « au pire modestes », même si le prix de certains actifs est « élevé ».
Jerome Powell, un républicain modéré, est un avocat d’affaires qui a déjà passé cinq ans à la Réserve fédérale en tant que gouverneur. Il s’est inscrit mardi dans la continuité de la politique suivie par Janet Yellen.
Remontée de l’inflation
M. Powell a semblé dissiper les inquiétudes sur la faiblesse de l’inflation qui, ces dernières années, a fait craindre un manque de dynamisme de l’économie. Selon lui, cette faiblesse « reflète sans doute des éléments temporaires qui ne devraient pas se répéter ». « Nous prévoyons que l’inflation remonte cette année et se stabilise autour de la cible de 2 % de la Fed à moyen terme », a affirmé le nouveau patron de la Banque centrale. L’inflation sur un an, selon l’indice PCE, était à 1,7 % en décembre. « Les salaires devraient croître à un rythme plus rapide aussi », a-t-il assuré. Il a relevé à plusieurs reprises que la politique budgétaire, avec les réductions d’impôts accordées aux entreprises notamment, est « devenue plus stimulante ». Interrogé sur les perspectives d’aggravation du déficit budgétaire, M. Powell a juste rappelé, sur un ton toujours égal, que « sur le long terme, il est très important de rester sur une voie budgétaire viable ». Il a promis que le Comité monétaire de la Fed « continuerait de trouver un équilibre entre éviter que l’économie ne surchauffe et pousser l’inflation vers sa cible de 2 % ». Il a assuré aux élus la « transparence » et qu’il « expliquerait clairement ce que fait la Fed et pourquoi elle le fait ». Du temps de Mme Yellen, les républicains ont souvent reproché à l’institution un manque de transparence. M. Powell a enfin jugé que les turbulences boursières de début février « ne devraient pas peser lourdement sur l’activité économique, le marché du travail ou l’inflation ».
Source : AFP


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