Larmes et émotion, hier, lors d’une veillée en hommage aux 17 victimes de la tuerie du lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride. Mark Wilson/Getty Images/AFP
Le président américain Donald Trump a promis hier de s’attaquer aux maladies mentales, au lendemain de l’une des pires tueries dans un lycée américain, esquivant ainsi le débat sur la dissémination des armes à feu aux États-Unis. S’exprimant depuis une Maison-Blanche au drapeau mis en berne, en hommage aux 17 victimes décédées en Floride, M. Trump a annoncé qu’il se rendrait à Parkland, où un adolescent de 19 ans a commis ce massacre. Le président américain, qui a expliqué s’adresser à une « nation en souffrance », n’a à aucun moment prononcé le mot « arme à feu » lors de sa courte allocution, mais a appelé les citoyens américains à « répondre à la haine par l’amour (et) à la cruauté par la gentillesse ».
Traits juvéniles, yeux clairs, visage sérieux : tous les écrans américains diffusaient hier le portrait de Nikolas Cruz, le tireur, qui a utilisé un fusil d’assaut semi-automatique et a semé en quelques secondes la mort et le chaos au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland. Les victimes décédées, enseignants et élèves, n’ont pas encore été toutes identifiées. Dix-sept blessés ont en outre été hospitalisés, parmi lesquels deux sont décédés des suites de leurs blessures. Ce massacre est le pire dans une école américaine depuis celui de Sandy Hook, dans le Connecticut, où 20 enfants de primaire et six adultes avaient péri en 2012.
Après une nuit d’interrogatoire par la police du comté de Broward, le jeune homme a été inculpé de 17 meurtres avec préméditation. De son côté, le FBI a reconnu avoir été alerté, en septembre dernier, par un abonné de la plateforme YouTube sur le commentaire laissé par un utilisateur s’identifiant comme Nikolas Cruz : « Je vais devenir tireur professionnel dans les écoles. » Renvoyé du lycée Marjory Stoneman Douglas pour raisons disciplinaires, Nikolas Cruz a choisi la Saint-Valentin pour commettre son massacre.
Hier, l’adolescent faisait l’objet de nombreuses interrogations : comment ses attitudes menaçantes, sa fascination pour les armes et son comportement apparemment « déséquilibré » ont-ils pu échapper à la vigilance de son entourage et des autorités ? Selon un lycéen, Nicholas Cokes, Cruz était un « solitaire » dont la mère adoptive est morte à la fin de l’année dernière.
Scènes de terreur
« Tant de signes que le tireur de Floride était un déséquilibré mental, même viré de l’école pour son mauvais comportement erratique. Les voisins et ses camarades de classe savaient qu’il représentait un gros problème. Toujours les signaler aux autorités encore et encore ! » a tweeté M. Trump au petit matin d’hier. Comme en écho, le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, a martelé que « cela pourrait arriver n’importe où ». « Il s’agit de quelqu’un dont les gens savaient qu’il représentait un danger, quelqu’un sur qui on plaisantait dans l’école (...) pour dire qu’il reviendrait un jour et ferait du mal à beaucoup de gens, a-t-il poursuivi. Et pourtant il est parvenu à ne pas être détecté, a pu acheter cette arme et tuer 17 personnes et en blesser beaucoup plus. »
Des images filmées à l’intérieur d’une salle de classe pendant l’assaut sanglant, probablement par un élève, donnent une petite idée de la terreur qui s’est emparée de ce complexe scolaire qui compte près de 3 000 élèves. On y entend des coups de feu à cadence très rapprochée, caractéristiques d’un semi-automatique, et on y voit des élèves prostrés sous leur bureau ou allongés en silence, tandis que des hurlements s’élèvent plus loin. Mais ce drame n’est que le dernier d’une longue série de fusillades ayant ensanglanté l’Amérique ces dernières années. Et les tueries sont particulièrement récurrentes dans les écoles américaines : il y en a déjà eu 18 en 2018, en comptant celle du lycée Marjory Stoneman Douglas. Mais à chaque fois, le débat sur les armes à feu tourne court.
Toutefois, l’ancien président démocrate Barack Obama ne veut pas croire à la fatalité de ces drames, même si lui-même s’est heurté à l’inaction du Congrès concernant les armes à feu. « Nous ne sommes pas impuissants », a affirmé M. Obama, appelant à une législation « de bon sens ».
Source : AFP
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