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Liban

À Baabda, l’exigence d’unité face aux menaces israéliennes

Frontières

Le Liban officiel accorde ses violons avant l’arrivée du secrétaire d’État US, Rex Tillerson.

OLJ
13/02/2018

Pour la seconde fois en moins d’une semaine, le président de la République Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri et le président de la Chambre Nabih Berry se sont retrouvés au palais de Baabda, au lendemain du coup de chaud entre Israël et la Syrie et alors que les tensions se sont accrues ces dernières semaines entre le Liban et l’État hébreu au sujet de la construction du mur frontalier et de l’exploitation du bloc 9 des ressources hydrocarbures offshore.

Pour autant, il ne s’agirait pas d’un retour aux temps de la « troïka » de l’après-guerre, selon des sources bien informées proche du palais, mais d’une volonté commune de la part des responsables de faire front commun face aux menaces israéliennes, surtout que la page des dissensions internes a été tournée mardi dernier à Baabda. 

La réunion d’hier s’est déroulée en présence du directeur général de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, ainsi que du représentant du gouvernement auprès de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), le brigadier breveté état-major Malek Chamas, pour discuter des violations israéliennes.

Au palais de Baabda, le brigadier Chamas a rendu compte de la réunion tripartite qui s’est déroulée dans la matinée au siège de la Finul à Nakoura, en présence des représentants des armées libanaise et israélienne. Il a indiqué lors de cette réunion qu’Israël refusait d’assouplir sa position au sujet du mur qu’Israël menace d’édifier sur certains des 13 points qui font l’objet d’un litige entre les deux pays. Les travaux devraient reprendre le 21 février. 

Les responsables libanais ont à nouveau affiché leur unité face aux « violations » israéliennes de ces dernières semaines. « Nous avons évoqué les défis et nous veillons à toujours adopter une position unifiée concernant les agressions israéliennes contre le Liban », a indiqué M. Hariri à l’issue de cet entretien élargi. Les responsables libanais se sont également accordés sur la nécessité de poursuivre les contacts. De son côté, le général Abbas Ibrahim a déclaré que « la sécurité à la frontière est assurée ». 

Les propositions américaines en vue de maintenir le calme à la frontière, présentées par le secrétaire d’État adjoint américain par intérim aux Affaires proche-orientales, David Satterfield, qui était venu au Liban la semaine dernière dans le cadre d’une mission de médiation, ont également été évoquées. Les trois présidents ont dans ce cadre affirmé que les propositions de M. Satterfield sont toujours à l’étude, réitérant que la position du Liban officiel est claire et qu’aucune concession ne sera consentie. 


(Lire aussi : Axe syro-iranien/Israël : Malgré les tensions et les inquiétudes, la guerre semble improbable)


Les hydrocarbures offshore 

Concernant l’exploitation d’un gisement de gaz offshore, l’État hébreu insiste à revendiquer sa souveraineté territoriale sur le bloc 9 de la Zone économique exclusive libanaise (ZEE) en Méditerranée, alors que le Liban vient de signer un accord avec un consortium mené par le géant français Total, et composé de l’italien ENI et du russe Novatek pour l’exploration d’hydrocarbures offshore, au niveau des blocs 4 (au centre) et 9 (au sud) de sa ZEE. 

De sources bien informées, M. Satterfield aurait proposé, concernant le dossier du bloc 9, un retour aux frontières proposées par Frederic Hof, qui avait été mandaté par l’administration Obama pour trouver une solution à ce litige. Washington réclame aujourd’hui une réponse du Liban au sujet de cette « ligne Hof », déjà rejetée par Beyrouth il y a quelques années. L’un des objectifs de la réunion d’hier était d’ailleurs de définir une position commune libanaise à ce sujet avant l’arrivée du secrétaire d’État US, Rex Tillerson, qui est attendu à Beyrouth jeudi dans le cadre d’une tournée régionale. 

Mais la visite de M. Tillerson ne devrait pas se cantonner au litige entre le Liban et Israël sur les frontières terrestres et maritimes. Le responsable américain devrait également évoquer lors de ses entretiens la question du rôle iranien dans la région et les sanctions US contre le Hezbollah. 

Parmi les points soulevés lors de la réunion d’hier, celui de savoir quelle partie devrait mener la médiation entre le Liban et Israël sur la frontière maritime : le comité tripartite, pour que l’ONU maintienne sa position de négociateur, ou bien les États-Unis. Il se pourrait également que Washington intègre le comité tripartite à cette fin. 

Signalons par ailleurs que dans l’après-midi, M. Berry a reçu M. Hariri dans sa résidence à Aïn el-Tiné, l’occasion pour les deux hommes de passer en revue les derniers développements. M. Berry a retenu son hôte à déjeuner.


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