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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

« Jugez-le comme vous jugeriez Dupont ! », lance l’avocat d’Abdeslam

Le suspect a été ramené dans sa prison près de Paris.

Tom Bauwens, l’avocat de la partie civile, a dénoncé hier le comportement et l’opportunisme de Salah Abdeslam. « Ils sont musulmans quand ça les arrange, jihadistes quand ça les arrange », a-t-il fait remarquer. John Thys/AFP

Sven Mary, avocat de Salah Abdeslam, a demandé hier à la justice belge de rester impartiale avec son client et de se concentrer uniquement sur le dossier de la fusillade avec des policiers, en mars 2016, pour lequel il est jugé à Bruxelles.
Présent lundi, au premier jour de son procès, le seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris a ensuite refusé de comparaître. Malgré son absence, son avocat a maintenu sa plaidoirie hier, deuxième et dernier jour du procès, par « respect » pour la justice et pour tenter de démonter l’accusation. « Ce dossier est pollué par tout ce que vous avez lu, vu, entendu (...). Je vous demande de juger Salah Abdeslam comme vous jugeriez Dupont », a-t-il ainsi lancé à la présidente du tribunal, Marie-France Keutgen. Cette dernière a clos les débats sans annoncer de date de prononcé du jugement. Une nouvelle audience se tiendra le 29 mars, mais sans Abdeslam ni son coprévenu Sofiane Ayari, pour débattre de la recevabilité d’une association de victimes du terrorisme comme partie civile, a précisé Mme Keutgen. Le jugement devrait ensuite être mis en délibéré.
Outre un jugement sur le fond, le tribunal devra formuler un avis sur une requête en annulation de la procédure présentée par Me Mary, en raison d’un problème d’emploi du français à la place du néerlandais pour rédiger certains documents.
Alors que Salah Abdeslam avait défié ses juges lundi, disant placer sa confiance « seulement en Allah », Me Mary l’a dépeint en « stoïcien qui accepte le sort qui est le sien ». « Mais moi, ce sort, je peux l’impacter », a affirmé le pénaliste réputé pugnace. Pour lui, son client n’est « ni auteur ni co-auteur » – la thèse de l’accusation – des tirs d’armes automatiques essuyés par des policiers lors d’une perquisition, le 15 mars 2016, dans la commune bruxelloise de Forest. Une même peine de 20 ans de prison, avec 13 ans de sûreté, soit le maximum pour les faits jugés, a été requise lundi par le parquet fédéral contre les deux prévenus. Abdeslam, Français d’origine marocaine âgé de 28 ans, et Ayari, un Tunisien de 24 ans, doivent répondre de « tentative d’assassinat sur plusieurs policiers » et « port d’armes prohibées », le tout « dans un contexte terroriste », une qualification qu’ont vivement contestée hier les avocats de la défense. S’ils s’étaient comportés comme des terroristes, a soutenu un conseil d’Ayari, Me Isa Gultaslar, ils seraient morts en martyrs, « ce statut privilégié recherché par tous ». « Eux, ce qu’ils voulaient, ce n’est justement pas mourir, mais fuir », a-t-il affirmé.
Tandis que Sofiane Ayari se retrouvait seul face au tribunal, les yeux froncés, concentré à l’écoute de son interprète, Salah Abdeslam a été raillé pour son absence par les parties civiles. « Son comportement et son opportunisme me fatiguent », a affirmé Me Tom Bauwens, l’avocat de deux policiers des unités spéciales belges. « Ils sont musulmans quand ça les arrange, jihadistes quand ça les arrange. Il va se moquer de notre État de droit (...), de tout le monde », a fustigé Me Bauwens. Il a aussi évoqué les « lésions cérébrales » dont souffre un des policiers, touché à l’oreille lors de la fusillade et qui a dû arrêter de travailler. « Il ne peut plus se promener sans le risque de tomber, c’est ça la réalité », a dit l’avocat.
Le procès de Bruxelles, qui s’est déroulé sous haute sécurité, n’est qu’un préambule à celui qui aura lieu à Paris pour les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts). Mais il était très attendu car les coprévenus sont tous deux impliqués dans ces attaques ou leurs préparatifs. Le 15 mars 2016, c’est lors d’une perquisition de routine dans un logement supposé vide – dans le cadre de l’enquête sur le 13 novembre 2015 – que des policiers belges et français avaient été pris pour cibles à Forest. Trois d’entre eux avaient été blessés et un jihadiste algérien tué en couvrant la fuite d’Abdeslam et d’Ayari. Les deux fuyards avaient été interpellés le 18 mars, à Molenbeek, une autre commune de Bruxelles, une arrestation considérée par les enquêteurs comme l’élément déclencheur des attentats dans la capitale belge (32 morts le 22 mars 2016).
Par ailleurs, l’administration pénitentiaire française a fait savoir que Salah Abdeslam avait été reconduit à la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne, après avoir passé trois nuits dans celle de Vendin-le-Viel (nord de la France), où il était censé séjourner toute la durée du procès.

Source : AFP

Sven Mary, avocat de Salah Abdeslam, a demandé hier à la justice belge de rester impartiale avec son client et de se concentrer uniquement sur le dossier de la fusillade avec des policiers, en mars 2016, pour lequel il est jugé à Bruxelles.Présent lundi, au premier jour de son procès, le seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris a ensuite refusé de comparaître. Malgré son absence, son avocat a maintenu sa plaidoirie hier, deuxième et dernier jour du procès, par « respect » pour la justice et pour tenter de démonter l’accusation. « Ce dossier est pollué par tout ce que vous avez lu, vu, entendu (...). Je vous demande de juger Salah Abdeslam comme vous jugeriez Dupont », a-t-il ainsi lancé à la présidente du tribunal, Marie-France Keutgen. Cette dernière a...
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