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Économie - Infrastructures

Intempéries : comment la crise à EDL affecte les réparations

La tempête qui a frappé le Liban dans la nuit de jeudi à vendredi a notamment provoqué une rupture des lignes de haute tension dans l’enceinte de la centrale de Zouk. Photo P.H.B.

La tempête qui a frappé le Liban la semaine dernière a provoqué de nombreuses pannes d’électricité dans plusieurs régions. Des vents particulièrement violents ont par exemple provoqué la rupture de plusieurs lignes de haute tension dans l’enceinte de la centrale de Zouk dans la nuit de jeudi à vendredi, provoquant une importante coupure de courant qui a duré plusieurs heures, entre autres dégâts. Des incidents similaires se sont multipliés sur tout le territoire, touchant aussi bien certains postes électriques de moyenne tension que des relais de quartier.
Ce type de scénario, assez fréquent au Liban compte tenu de la vétusté d’une importante partie du réseau de distribution d’Électricité du Liban (EDL), est aggravé par la paralysie partielle qui frappe actuellement les services de l’établissement public. « Deux des trois prestataires de services chargés de la maintenance du réseau depuis 2012 – National Electricity Utility Company (NEUC) et KVA – sont à l’arrêt depuis le début du mois. La situation est en revanche normale dans les régions gérées par BUS », indique la direction d’EDL à L’Orient-Le Jour. « C’est la distribution de courant qui est affectée, pas la production, qui atteint actuellement près de 1 800 mégawatts (MW) pour une demande qui oscille entre 3 000 et 3 200 MW », précise-t-elle.

Pas suffisamment nombreux
Le fonctionnement de l’établissement public qui possède le monopole de la production d’électricité est handicapé depuis plusieurs semaines par les divergences qui opposent le ministère de l’Énergie et de l’Eau et celui des Finances sur fond de tensions politiques entre le président de la République, Michel Aoun, et le mouvement Amal du président du Parlement, Nabih Berry. Les deux camps représentés au gouvernement – le ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil est membre du Courant patriotique libre, celui des Finances, Ali Hassan Khalil, du mouvement Amal – ne parviennent pas à s’entendre sur le sort de NEUC (groupe Debbas), la société censée gérer le réseau et collecter les factures dans la banlieue sud de Beyrouth, du sud du Mont-Liban, et du Liban-Sud, et dont la reconduction du contrat, expiré fin décembre, est toujours en suspens.
« NEUC est complètement à l’arrêt depuis le 1er janvier et nous n’avons donc aucune visibilité sur les dégâts provoqués par la tempête. De fait, ce sont les équipes d’EDL qui se chargent des réparations dans les régions que nous gérons habituellement », confie une source au sein de la société. Le partenariat de NEUC avec le fournisseur d’électricité avait été renouvelé pour quatre ans fin décembre 2016 par EDL en même temps que celui liant le fournisseur à BUS et KVA. Mais cette décision a été contestée par le gouvernement, qui a réclamé de nouvelles négociations avec la filiale du groupe Debbas, tout en validant la reconduction des contrats des deux autres sociétés. « Les négociations sont toujours en cours depuis octobre, mais le dossier bloque à chaque fois dans la dernière ligne droite », soutient la source. La collecte des factures est quant à elle complètement suspendue dans les régions gérées par NEUC.

Pour ne rien arranger, KVA (Arabian Construction Company et Khatib & Alami), qui assure les réparations et la collecte des factures dans le reste de la capitale ainsi que dans la Békaa (à l’exception de Zahlé et ses environs, qui dépend de la concession locale), a annoncé le 7 janvier l’arrêt de ses activités. Une décision que la direction de la société a justifié en évoquant « l’impossibilité d’exercer sa mission » en raison des répercussions sur son fonctionnement de la grève des employés d’EDL qui ont protesté jusqu’au 8 janvier contre les modalités d’application de la nouvelle grille des salaires à leurs propres rémunérations. « KVA assure un service minimum pour les pannes les plus graves, mais ce sont principalement les fonctionnaires d’EDL qui ont pris le relais pour assurer les réparations dans ces régions », affirme une source proche d’EDL. Mais ces derniers ne sont pas suffisamment nombreux. « Il y a environ une centaine de techniciens qualifiés qui peuvent être dépêchés par la direction d’EDL en cas d’urgence, mais depuis 2012, toutes les réparations sur les réseaux de basse et moyenne tension devaient être assurées par les 2 000 anciens travailleurs journaliers devenus salariés des prestataires de services », déplore-t-elle. Elle rappelle enfin que les employés d’EDL sont les seuls capables d’intervenir sur les équipements de haute tension.

Pour l’heure, seule la société BUS (groupe Butec), en charge du nord du Mont-Liban et du Liban-Nord semble fonctionner normalement. Contactée par L’Orient-Le Jour, la société affirme être intervenue sur 67 pannes provoquées par les vents violents dans la nuit de jeudi à vendredi sur les 238 départs de ligne de distribution placés sous sa responsabilité – dont « 42 ont été réparées avant vendredi 13 heures ». La direction de BUS indique en outre avoir reçu et traité, à travers son centre d’appels environ 2 000 requêtes et demandes d’information de la part d’abonnés dans les régions dont elle a la charge. « La priorité est de réparer les pannes sur les équipements de moyenne tension afin de rétablir le courant chez un maximum d’abonnés », insiste la société. BUS indique enfin avoir été informé par EDL que 4 postes haute tension avaient été affectés.
Des pannes qui ont été rapidement résolues, selon la direction du fournisseur d’électricité, « à l’exception du poste de Nahr Ibrahim sur lequel l’intervention a pris plus de temps ». Le fournisseur d’électricité estime en outre que « près de 100 % des dégâts provoqués par la tempête avaient été réparés samedi » et que « l’important travail de maintenance réalisé en amont a permis de limiter l’impact des intempéries sur le réseau ».



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