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Liban

Rumeurs persistantes sur le report des législatives libanaises, l’Arabie dans le collimateur

Législatives
16/01/2018

Le forcing du ministre Gebran Bassil pour amender la loi électorale était d'emblée voué à échouer. « C'est une porte qui ne s'ouvrira pas », avait déclaré le président de la Chambre, Nabih Berry, en réponse à la première proposition de M. Bassil de procéder à un ensemble d'amendements – des amendements dont les motifs non déclarés seraient de rééquilibrer la loi qui, maintenue telle quelle, risquerait de réduire la taille des deux blocs du Changement et de la Réforme et du Futur, les plus pesants actuellement. C'est en reprenant la même terminologie que le chef du législatif que des parlementaires du bloc Amal se sont exprimés pour faire barrage à la proposition de M. Bassil. « Les portes du Parlement sont barricadées » face à de tels amendements, a notamment déclaré le député Ali Khreiss.

Il reste que la requête de M. Bassil a pu être instrumentalisée par l'un et l'autre des deux camps, dépassant implicitement leur querelle pour faire front commun face à l'Arabie saoudite.

M. Berry en a ainsi profité pour mettre en garde contre une volonté tacite qui, plus que de rééquilibrer la loi, tend carrément à un report des législatives, à la demande de « parties internes et externes ». Cette mise en garde contre une « ingérence étrangère » a été reprise par le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, devant une délégation de l'ordre de la presse vendredi dernier. Le ministre Bassil a lui-même rebondi sur ces propos. « Les ingérences externes dans nos législatives ont commencé. Sauf que l'époque où les ambassadeurs choisissaient nos députés est aujourd'hui révolue », a-t-il déclaré dimanche dernier.

Le choix actuel du Hezbollah de laisser faire la querelle entre ses deux alliés n'a donc pas empêché ces derniers de perdre de vue ses enjeux stratégiques. Aussi bien M. Berry que M. Bassil ont ainsi dépeint des législatives dont la tenue serait en soi un acte de « souveraineté ».

Pour le ministre des AE, ce serait faire montre encore une fois de « la force » du chef de l'État, et du mandat dans son ensemble, face aux puissances étrangères – de la même manière qu'il l'avait fait lors de la démission forcée de Saad Hariri à partir de Riyad. L'image d'un chef de l'État « fort » n'étant autre qu'une déclinaison évidente de la couverture chrétienne assurée par Michel Aoun au Hezbollah depuis 2006. Ainsi, plus l'image – et seulement l'image– du chef de l'État est gonflée, mieux l'emprise de la milice chiite est maquillée. C'est d'ailleurs cette même dualité entre l'apparent et le réel qui devrait se traduire au niveau des élections : ceux qui pronostiquent une percée du Hezbollah au sein des différentes communautés et régions, qui lui permettrait de former un bloc pluriconfessionnel, n'excluent pas une percée dans les fiefs du chef de l'État, mais qui se ferait plus subtilement. L'on pourrait s'attendre à la victoire de candidats chrétiens qui seraient en apparence choisis par le chef de l'État, mais qui répondraient en réalité au Hezbollah.

 

(Lire aussi : Le tableau électoral commence à se dessiner)

 

En parallèle, le chef du législatif se charge de mettre en avant une prétendue volonté étrangère de torpiller l'échéance. Sachant que celle-ci s'annonce largement en faveur du Hezbollah, toute tentative de la contrer serait une atteinte à la marche démocratique du pays – et sa souveraineté. C'est faire oublier qu'une victoire du Hezbollah au scrutin marquera l'ultime étape de son institutionnalisation. Et celle de la légitimation de la mainmise iranienne, comme l'avait été précédemment la mainmise syrienne.
Dans sa référence aux « ingérences d'ambassadeurs au Liban », il est évident que M. Bassil n'entendait pas condamner les pratiques du régime syrien. Son allusion à peine voilée à l'Arabie saoudite est dans la logique du mandat actuel : diaboliser la présence politico-diplomatique saoudienne – qui vient tout juste d'être ravivée au Liban – pour mieux normaliser l'ancrage de la branche militaire iranienne, au nom de la souveraineté recouvrée.

Du reste, l'Arabie n'aurait actuellement aucune prétention à vaincre le Hezbollah sur le plan électoral, encore moins à reporter l'échéance. De source proche de Riyad, la nouvelle politique du royaume, qui avait pris forme avec la démission forcée de Saad Hariri, est maintenue.

Indépendamment de la dimension intersaoudienne de cette démission, celle-ci avait donné le coup d'envoi d'un retour en force de Riyad sur la scène régionale. Au Liban, cette politique plus agressive a révélé sa nature politico-diplomatique, à travers notamment la désignation d'un nouvel ambassadeur. Sur le fond, son objectif ne serait pas d'inciter le Liban à faire le choix entre Riyad et Téhéran, mais de faire preuve de neutralité à l'égard de ces deux axes. C'est-à-dire à montrer la survivance d'une opposition libanaise face à l'Iran, en dépit de l'emprise avérée de ce dernier. « Le temps de répit » qui avait été accordé à Saad Hariri depuis qu'il est revenu sur sa démission devait lui servir à se démarquer du Hezbollah. Mais même ce « recentrage » du Premier ministre ne ferait plus partie des aspirations de l'Arabie. Conscient de l'avantage du prochain scrutin pour le Hezbollah, Riyad aurait écarté l'option de rétablir les vieilles alliances du 14 Mars. Le levier de l'opposition à l'Iran serait à chercher en dehors des chefs politiques qui s'étaient approprié le discours souverainiste. S'il est un appui saoudien, celui-ci doit favoriser des figures politiques indépendantes, notamment au sein de la rue sunnite, mais aussi civiles et culturelles. Loin de l'illusion de pouvoir défaire le Hezbollah, l'ambition est de fédérer ceux qui restent attachés aux préceptes du 14 Mars. Des préceptes auxquels s'agrippe à ce jour l'électorat sunnite.

 

Lire aussi

Entre les Saoudiens et le courant du Futur, des relations tendues, le décryptage de Scarlett HADDAD

Bassil met en garde les ambassades contre toute ingérence dans les prochaines élections

La perspective d'une mainmise du Hezbollah sur le Parlement suscite des craintes

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Le Faucon Pèlerin

L'Arabie saoudite n'a rien à voir avec l'éventuel report des élections législatives, allez voir plutôt le ministre venu de la société civile Gébran Bassil..;

gaby sioufi

comme le "confirmaient" les articles ds ce meme journal il y a qqs jrs :
CONSPIRACY THEORY- COMPLOTITE AIGUE!
un nouveau moyen de se preparer a une defaite potentielle,
une nouveau moyen de detourner les partisans de la verite en jouant sur la corde d'un nationalisme ces derniers temps devenu tres affine et raffine !

HARO SUR L'ETRANGER - selectivement of course !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL FAUT TROUVER UNE AUTRE LOI OU UN AUTRE ACCORD POUR LES LEGISLATIVES CAR SOUS LE SPECTRE DES DEUX MILICES COMMUNAUTAIRES ARMEES POINT DE LIBRES DEMOCRATIQUES ELECTIONS ! C,EST LA VERITÉ ET A RIEN NE SERT DE SE CACHER DERRIERE SON DOIGT...

Saliba Nouhad

Des analyses sans fin du pourquoi, comment, peut-être, pour qui, contre qui, avec qui, les législatives vont se dérouler frisent le ridicule...
Des enfants gâtés qui ne savent pas ce qu’ils font ni les conséquences de leurs actions, se ravisent maladroitement et réalisent qu’ils se sont fait avoir par le Hezbollah qui pourrait emporter la mise et dominer complètement la vie politique du pays...
Le CPL et notre ministre des affaires “étranges “, ne pourraient s’en prendre qu’à eux-mêmes si ça arrive...
Ils vous diraient alors que c’était voulu, car ça ne fait que renforcer le Président!
À bon entendeur salut!

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