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Liban

Victime d’une agression, Ahmad el-Ayoubi dénonce « un climat propice »

Sécurité

Trois personnes armées ont attaqué le journaliste samedi soir à Tripoli.

16/01/2018

En l'espace d'une semaine, la ville de Tripoli a été témoin de deux agressions, l'une d'un garde du corps de l'ancien ministre Achraf Rifi, et l'autre plus récente du journaliste Ahmad el-Ayoubi, également coordinateur de l'Alliance civile islamique et membre du mouvement de l'Initiative nationale. M. Ayoubi, rappelons-le, a été détenu pendant 14 jours en novembre en raison d'un article qu'il avait publié dans le site al-Janoubia le 12 novembre. La plainte contre M. Ayoubi avait été présentée par Nader Hariri, conseiller et cousin du Premier ministre Saad Hariri, pour « insulte et diffamation envers le président de la République Michel Aoun et atteinte à la relation du Liban avec un pays ami », en d'autres termes l'Arabie saoudite.

Au sortir de son bureau samedi à 23h, le journaliste, à peine installé dans sa voiture et prêt à démarrer, a été attaqué par trois individus armés. « Les agresseurs, qui apparemment guettaient ma sortie du bureau, ont subitement ouvert les deux portes et deux d'entre eux ont commencé à me frapper alors que le troisième pointait son revolver dans ma direction », raconte M. Ayoubi à L'Orient-Le Jour. « À un certain moment, j'ai pu leur asséner des coups, démarrer ma voiture et m'éloigner. Lorsque je suis parvenu jusqu'à la rue juste en face, ils avaient déjà pris la fuite », ajoute-t-il. Le journaliste, qui souffre de contusions au niveau de l'œil, du visage, du dos et du crâne, a immédiatement porté plainte au commissariat de Bab el-Raml, en présence d'un médecin légiste.

« Je crains que l'enquête ne soit pas menée jusqu'au bout ou qu'elle soit influencée par certains, en raison du pouvoir actuellement en place », a averti M. Ayoubi. L'agression dont il a été victime a eu lieu sur une route principale à Tripoli, où se trouvent deux grands établissements bancaires et plusieurs magasins, tous équipés de caméras de surveillance. « Si les personnes coupables ne sont pas reconnues et jugées, ce ne serait pas par absence de preuves mais par absence de volonté », estime-t-il.
Cette agression serait-elle liée à son arrestation en novembre dernier ?
« Ce n'est qu'après deux semaines de détention que la justice libanaise a découvert qu'elle n'aurait pas dû m'arrêter mais qu'il fallait transmettre le dossier dès le début au tribunal des imprimés. Je n'accuse pas Nader Hariri en termes pénaux, mais je l'accuse d'avoir créé cette atmosphère politique propice à ce genre d'agressions à mon encontre », répond-il. « Cet incident a eu lieu en l'absence de toute condamnation de la part du courant du Futur. Bien au contraire, certains de ses partisans ont même fait circuler une rumeur sur les réseaux sociaux selon laquelle l'agression était le résultat d'une dispute à propos d'une priorité de passage, dans une tentative de tourner en ridicule ce qui m'était arrivé », enchaîne-t-il.

Qui accuse-t-il ? « Je pense que cette agression est liée à l'activité récente de l'Alliance civile islamique sur l'ensemble du territoire. Nous avions entrepris des tournées politiques dans les régions du Akkar et dans le sud du Liban entre autres, et je suppose que les auteurs de cette agression sont ceux qui sont le plus affectés par notre action », répond-il. Quid de la multiplication des agressions survenues à Tripoli récemment ?
« Mis à part les enquêtes menées et leurs contextes, il convient de souligner que les Forces de sécurité intérieure ressemblent plus à une tribune politique qu'à un service de sécurité. Leurs communiqués sont très politisés, on dirait des partis politiques », a-t-il conclu.

 

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