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Moyen Orient et Monde

L’armée déployée dans plusieurs villes de Tunisie

Troubles sociaux

Les heurts se poursuivaient ainsi que les arrestations, mais l'intensité des violences a diminué.

OLJ
12/01/2018

L'armée a été déployée hier dans plusieurs villes de Tunisie, où les manifestations contre la politique d'austérité du gouvernement ont fait un mort cette semaine et dégénéré en affrontements violents avec les forces de l'ordre. Des soldats ont ainsi été dépêchés à Thala, près de la frontière algérienne, où le siège local de la sécurité nationale a été incendié par les manifestants, ce qui a forcé la police à se retirer de la ville. L'armée a également été déployée à Sousse, Kébili et Bizerte, afin de protéger les bâtiments publics. Parallèlement, le Front populaire, principale alliance d'opposition, a appelé la population à manifester dimanche à Tunis, pour le septième anniversaire de la chute de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011. Depuis la révolution, qui réclamait travail et dignité, le mois de janvier est devenu traditionnellement une période de mobilisation sociale en Tunisie. Cette année, le contexte y est particulièrement tendu, en raison des hausses des prix et des élections municipales – les premières de l'après-révolution – prévues en mai.
Dans la soirée de mercredi à jeudi, des heurts ont eu lieu pour la troisième nuit consécutive entre les forces de l'ordre et de jeunes manifestants dans plusieurs villes du pays, a indiqué hier le ministère tunisien de l'Intérieur. Les autorités ont toutefois jugé que l'intensité des violences, alimentées par la grogne sociale qui perdure depuis des années, avait diminué. Depuis le début des protestations lundi, les troubles se déroulent essentiellement le soir et la nuit. Quelques manifestations pacifiques ont par ailleurs lieu de jour. Hier midi, plusieurs dizaines de chômeurs se sont ainsi rassemblés dans le centre de Sidi Bouzid, ville pauvre du centre du pays d'où était parti le soulèvement de fin 2010.
Face à cette contestation sociale, le gouvernement tunisien s'est jusque-là montré ferme, condamnant le « vandalisme » et accusant les manifestants d'être manipulés par l'opposition. Mercredi, 328 personnes ont été arrêtées pour des vols, pillages, incendies volontaires et blocages de route commis au cours des derniers jours, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khalifa Chibani. Cela porte à plus de 600 le nombre de personnes interpellées depuis lundi. Mardi, 237 personnes avaient déjà été arrêtées, et 44 la veille, selon M. Chibani. La Tunisie est sous état d'urgence depuis plus de deux ans – une mesure prise après une série d'attaques jihadistes – et les forces de l'ordre disposent de pouvoirs d'exception.

Améliorer le pouvoir d'achat
« Afin d'améliorer le pouvoir d'achat des citoyens », le syndicat patronal Utica a annoncé avoir avancé la date des soldes de 10 jours, au 20 janvier, en consultation avec le ministère du Commerce. Après plusieurs années de marasme économique et d'embauches massives dans la fonction publique, la Tunisie, confrontée à d'importantes difficultés financières, a obtenu en 2016 un nouveau prêt du Fonds monétaire international (FMI) de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans. Ce montant est débloqué en plusieurs tranches, en échange d'un programme visant à réduire les déficits. Mais en dépit d'une reprise de la croissance, le dinar a dévissé ces derniers mois face au dollar, l'inflation a dépassé les 6 % fin 2017 et le budget de cette année prévoit de nouveaux impôts et des hausses de TVA, qui viennent encore renchérir le coût de la vie.
Pour la politologue Olfa Lamloum, « la nouvelle loi de finances est la goutte d'eau qui fait déborder le vase » après un « approfondissement des inégalités sociales » – hausse du taux de pauvreté, du chômage et de l'illettrisme chez les jeunes notamment.
Sources : agences

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