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Violents combats et raids aériens près de Damas, des dizaines de morts

Syrie

Dans la Ghouta orientale, 29 civils ont péri mercredi, la plupart dans des raids de l'aviation russe.

OLJ/AFP
04/01/2018

L'armée syrienne a lancé jeudi une offensive pour briser le siège d'une de ses bases encerclée par des jihadistes dans la Ghouta orientale, près de Damas, où des dizaines de personnes ont par ailleurs péri dans des raids et des attaques ces dernières 24 heures, a indiqué une ONG.

Dans la Ghouta orientale, 29 civils ont péri mercredi, la plupart dans des raids de l'aviation russe qui soutient le régime de Bachar el-Assad dans la guerre en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). En représailles, le groupe rebelle Jaich al-Islam a tué jeudi 14 soldats dans des attaques contre des barrages militaires près de la Ghouta.

Cette région à l'est de Damas, assiégée par le régime depuis 2013, est notamment contrôlée par le groupe jihadiste Fateh el-Cham, l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda, et par les groupes rebelles islamistes Ahrar el-Cham et Jaich el-Islam.

Jeudi, les forces du régime tentaient de briser le siège de "la Direction des Blindés, la seule base militaire du régime dans la Ghouta orientale" et de violents combats se déroulaient entre soldats et groupes jihadistes et rebelles, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Plus de 250 militaires seraient pris au piège dans cette base située dans la localité de Harasta à la périphérie de la Ghouta, tout près de Damas, fief du régime, a-t-il précisé. La base a été encerclée en début de semaine après une offensive menée par Fateh el-Cham et les groupes rebelles.

La télévision d'Etat syrienne a confirmé "un assaut des unités de l'armée pour briser le siège de la Direction des blindés".

Quelque 400.000 personnes vivent dans la Ghouta orientale, dernier fief des insurgés près de la capitale syrienne touché par de graves pénuries alimentaires et médicales et soumis à des bombardements.

 

(Pour mémoire : Combats meurtriers aux portes d’Idleb entre régime et jihadistes)

 

Frappes russes
Mercredi à Misraba, une autre localité de la Ghouta, 29 civils ont été tués dans les bombardements, dont 20 dans des frappes aériennes russes, selon l'OSDH. Sept enfants, onze femmes et un secouriste figurent parmi les victimes.

Dans un hôpital de Douma, autre ville de la Ghouta orientale, un correspondant de l'AFP a vu des secouristes acheminer des blessés de Misraba, pour la plupart des femmes et des enfants. L'hôpital a dû rappeler des médecins qui étaient en congé "en raison du grand nombre de victimes", selon une source médicale.

Selon M. Abdel Rahmane, les "frappes russes ont visé des immeubles d'habitation à Misraba".
"Depuis plus d'un mois, le régime concentre ses troupes pour attaquer la Ghouta", a assuré à l'AFP Mohamed Allouche, un responsable de Jaich el-Islam.

Les violences ont touché également la capitale Damas, où une femme a été tuée et 22 personnes blessées dans la chute d'un tir d'obus tiré par les rebelles sur la vieille ville, selon l'agence officielle Sana.

La semaine dernière, 29 civils gravement malades ont été évacués de la Ghouta orientale en échange de la libération par les rebelles de 29 détenus, conformément à un accord conclu entre régime et insurgés.

Le soutien russe à Damas a permis au régime de multiplier les victoires militaires face aux rebelles et aux jihadistes. Jeudi, le ministère russe de la Défense a annoncé que deux militaires russes ont été tués dans une attaque au mortier contre la base aérienne de Hmeimim à la veille du Nouvel An. Mercredi, le ministère avait annoncé la mort, le 31 décembre également, de deux pilotes dans le crash accidentel de leur hélicoptère alors qu'ils faisaient route vers Hama, dans le nord-ouest de la Syrie. Il s'agit des premiers soldats tués depuis l'annonce mi-décembre par le président russe Vladimir Poutine d'un retrait partiel des troupes russes déployées en Syrie en soutien du régime Assad.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques pro-démocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 340.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

RUSSES, REGIME ET ACCESSOIRES CONTINUENT IMPUNEMENT A MASSACRER LE PEUPLE SYRIEN...

Hallak Andre

Le 12 Décembre est parue sur France2 / Infrarouge l'insoutenable documentaire " Syrie le crie étouffé "( encore disponible en Replay ) .

On y trouve une narration détachée qui déréalise un discours sur l'anéantissement de l'Homme .

Ici on cherche à briser l'espoir , "Jusqu’à ce qu'un jour dire ""demain" n'ait plus de sens." Primo Levi ,Si c'est un homme

Cette barbarie avec son propre peuple a peu de précédents dans l'histoire des 50 dernières années. on est beaucoup plus proche ici d 'un Pol Pot que d'un Ratko Mladic, Jean Kamdanba , ou d'un Charles Taylor ...

Emmanuel Macron devra dialoguer avec les russes les turcs et le plus souvent possible avec le régime des mollah afin de débattre du départ de Bachar , tortionnaire qui se suffit d' avoir gagné la guerre contre son propre peuple.

Les intérêt français à venir en Iran dans les hydrocarbures, automobiles et aéronautique ne sont pas incompatibles ou antagonique avec une telle négociation.

Aussi il devra composer avec un Ben Salman de plus en plus intransigeant et inflexible sur sa nouvelle doctrine :" vous êtes avec nous ou contre nous"

Il est sans doute le seul capable de réaliser cette quadrature

Il a cette responsabilité, car la diplomatie américaine s'étant raréfié, tous les regards se sont tournés vers lui.

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