Nos Lecteurs ont la Parole

L’éveil de l’âme, une manifestation profondément spiritituelle

Sylvain THOMAS
OLJ
30/12/2017

On est toujours influencé quand on est jeune par l'influence et l'exemple d'un maître à faire quelque chose de nous-même et être transfiguré par cet éveil particulier de l'âme qui prélude aux plus belles années de la vie.
Aujourd'hui, des millions de parents anxieux guettent les premiers symptômes de cette transformation chez leurs adolescents, espérant qu'une prédestination éveillera leurs facultés endormies et donnera à leur vie une direction et un but. Là est le mystère. L'éveil de l'âme ne peut être provoqué par la violence. Il correspond, biologiquement, au moment où le corps atteint sa maturité. Mais il est aussi une manifestation profondément spirituelle semblable au vent qui « souffle où il veut ».
Autant qu'on se rappelle, il y a trente ans de cela, un jeune et élégant jeune homme, grand amateur de danse et passionné de violon, dispensait dans les milieux mondains son charme et son succès. Et puis quelque chose se produisit : une conversion religieuse, un approfondissement de la pensée, un sentiment d'une vocation éveillèrent son âme, l'engageant à secourir ses compatriotes ?
Il est regrettable que des expressions religieuses telles que « conversion » et « résurrection » aient pris, dans la pensée populaire, un sens si exclusivement technique. Rien dans l'existence humaine ne les dépasse en importance. Sans doute n'exprima-t-il pas ce qu'il ressentit, mais il fut, dans toute l'acception du terme, « converti » par la lecture d'un livre à thèmes religieux.
Divers stimulants peuvent préparer cet éveil. L'amour, par exemple, ou tout bonnement l'occasion favorable, comme dans le cas de l'exemple de ce médecin qui inspira à un étudiant de se lancer dans la recherche médicale
En général, ni l'amour, ni l'occasion favorable, ni l'aiguillon de la difficulté, ni même l'impulsion donnée par un tiers ne produisent l'effet le plus profond et le plus durable. Une telle transformation de l'individu découle d'un bouleversement de l'âme provoqué par l'acceptation d'une foi religieuse puissante.
Une autre personnalité qui veut garder l'anonymat, élevée pourtant dans la croyance chrétienne, se rebella contre la religion. Il disait d'elle et de sa prédication qu'elles étaient « le plus redoutable bâillon et le pire rabat-joie dont l'homme puisse être affligé ». Il se décrivait comme « un jeune athée ». Puis on ne sait ce qui arriva. Il se mit, à « douter » passionnément du « doute ». « Certes, écrivait-il bientôt, c'est un monde étrange que celui-ci, mais un Dieu s'y manifeste à ceux qui se donnent la peine de le chercher. » À la fin de sa vie, la maladie le contraignit à l'exil chez les trappistes, il parle de sa foi de fer. Et lorsqu'il évoquait le bouleversement de son être qui, malgré le cancer, lui capta les plus belles années de sa vie, il disait : « Je suis arrivé tel un navire bien gouverné. Il y avait à la barre ce pilote inconnu que nous nommons Dieu. »
L'éveil de l'âme se produit en général au cours de l'adolescence. Les psychologues ont par leurs statistiques mis en évidence l'âge où on a le plus de chances d'intervenir, chez les garçons et les filles en plein développement. Mais il apparaît parfois chez les adultes. Il s'accompagne alors d'un bouleversement si profond qu'il semble à peine croyable. Nous connaissons par l'Écriture sainte une autre personnalité catholique, un apôtre qui fut certainement le modèle le plus accompli parmi les apôtres invétérés. Les plus belles années de sa vie ont sans doute commencé par une renaissance spirituelle dont l'éventualité eût paru, à lui et à son entourage, absolument invraisemblable. Paul, sur le chemin de Damas, transformé à ce point qu'il aimait désormais ce qu'il avait haï, Augustin lisant, dans son jardin, les mots qui engagèrent sa vie dans la voie longtemps rejetée : de telles circonstances ont modifié non seulement la vie de ceux qui les vécurent, mais aussi la destinée de l'humanité entière.
Dans ce monde du troisième millénaire, la possibilité d'une transformation spirituelle est d'une importance primordiale. Si nous ne voulons pas être anéantis par nous-mêmes, nous devons en masse élever notre âme du cynisme à la foi, du désespoir à l'espoir, de la haine à la bonne volonté, de l'égoïsme à la conscience sociale. Nulle organisation politique au monde, si indispensable soit-elle, ne peut suffire à nous sauver. Seule une renaissance spirituelle est capable d'engendrer de grands chefs et de donner à la conscience publique ce qu'il faut pour les soutenir. Cette renaissance naît toujours au-dedans de l'individu. La transformation qu'elle suppose, confirmée également par les psychologues, l'histoire et la religion, est, pour chacun de nous, un espoir et un aiguillon.

Sylvain THOMAS

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