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Pour les chrétiens palestiniens, Trump est le Père Fouettard

Proche-Orient

A Bethléem, on regrette la décision de Trump sur Jérusalem.

OLJ/AFP/Shatha YAISH
23/12/2017

Le vice-président américain Mike Pence a beau avoir reporté sa visite au Moyen-Orient, les chrétiens palestiniens de Bethléem n'en démordent pas: l'administration Trump leur a gâché la fête de Noël.

La ville identifiée par le Nouveau Testament comme le lieu de naissance du Christ se prépare à célébrer l'évènement dimanche et lundi. Les fidèles devraient se presser sur la place de la Mangeoire, se prendre en photo devant l'imposant sapin traditionnel illuminé et participer à la messe de minuit dans l'antique église de la Nativité toute proche.

Les années favorables, la ville située le haut d'une colline de Cisjordanie regorge de fidèles et de touristes des jours à l'avance. Mais, cette année, les visiteurs étrangers étaient rares dans les vénérables ruelles escarpées où se pressent des vendeurs de bonnets de Père Noël.

Le nombre des pèlerins en Israël et dans les Territoires palestiniens avait pourtant notablement augmenté en 2017, jusqu'à l'annonce, le 6 décembre par le président Donald Trump, que les Etats-Unis reconnaissaient Jérusalem comme la capitale d'Israël. Depuis, des dizaines de groupes ont annulé leur voyage, dit l'archevêque Pierbattista Pizzaballa, un des plus hauts dignitaires catholiques romains du Proche-Orient. Cette initiative unilatérale a provoqué des manifestations quasiment quotidiennes à travers tous les Territoires.

 

 

 

Trump 'a tué la joie'
A Bethléem aussi, de jeunes lanceurs de pierres ont affronté les projectiles des forces israéliennes qui occupent la Cisjordanie. L'avenue jalonnée d'hôtels qui vient de Jérusalem, à seulement une dizaine de kilomètres de l'église de la Nativité, s'est remplie de lacrymogènes. L'annonce de M. Trump "a créé des tensions autour de Jérusalem et détourné l'attention de Noël", a regretté Mgr Pizzaballa.

Le vice-président américain était attendu mercredi à Jérusalem. Il devait initialement se rendre à l'église de la Nativité mais son programme avait ensuite été modifié et il laissait de côté tout séjour dans les Territoires. Des Palestiniens avaient brûlé le portrait de M. Pence sur la place de la Mangeoire. Les églises traditionnelles avaient fait comprendre, elles, qu'elles ne brûlaient pas d'envie de le rencontrer. La visite de M. Pence a finalement été reportée à mi-janvier, officiellement pour des obligations intérieures.

Mais le mal est fait, estime Jane Zalfou, une chrétienne de Bethléem âgée de 37 ans. La déclaration de M. Trump a "tué la joie" de Noël, dit-elle. "Ce qui s'est passé, ce n'est pas rien. Cela fait si longtemps que les Palestiniens attendent la reconnaissance de leurs droits", déclare-t-elle.

Quelque 50.000 chrétiens représentent environ 2% de la population majoritairement musulmane de Cisjordanie et de Jérusalem. Nombre d'entre eux vivent à Bethléem et ses alentours, qui demeurent un haut lieu de la chrétienté, même si les chrétiens n'y sont plus les plus nombreux.

 

 

 

Retour du Christ
Ces chrétiens partagent largement avec les musulmans une vision nationale de Jérusalem. En reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, M. Trump préjuge des négociations dont la ville trois fois sainte devrait faire l'objet, et nie l'identité arabe de Jérusalem-Est, qu'Israël a annexée, estiment les Palestiniens.

Les chrétiens palestiniens ressentent amèrement l'ironie de voir d'autres chrétiens, les évangélistes américains auxquels appartient M. Pence, exercer une influence primordiale sur la décision de M. Trump, et soutenir avec autant de ferveur Israël. Laurie Cardoza-Moore, évangéliste influente, explique à l'AFP que les évangélistes veulent voir les juifs reconstruire leur temple à Jérusalem, ce qui serait censé faciliter le retour du Christ.

Le ressentiment palestinien est d'autant plus grand que cette vision est, selon Mgr Pizzaballa, "très éloignée de celle" des églises traditionnelles.

Les chrétiens américains qui soutiennent Israël ignorent totalement l'occupation des Territoires, selon Mitri Raheb, un pasteur d'une église luthérienne de Bethléem.

Les Palestiniens de Cisjordanie et de Bethléem, y compris les chrétiens, ont besoin de permis israéliens spéciaux pour se rendre à Jérusalem. Bethléem a beau être une ville sainte, elle est aussi l'un des théâtres fréquents du conflit israélo-palestinien. La barrière de sécurité en béton construite par Israël est presque partout visible dans la ville.

"Malheureusement, Trump et ceux qui sont avec lui sacrifient les chrétiens de Palestine à leur agenda politique", assène Mitri Raheb. "C'est comme s'il avait poignardé dans le dos les Palestiniens en général et les chrétiens palestiniens en particulier", ajoute-t-il.

"Qui a donné un tel droit à Trump? Sûrement pas nous!", s'emporte Georgette Qassis, une femme de 65 ans portant un châle bleu avec le nom de Jésus. "Qu'il aille au diable!"

 

 

(édito Issa)

(papier Jérusalem/USA)

 

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TRUMP EST LE PAIRE NO-AILE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Antoine Sabbagha

Trump a tué en effet la joie de Noël. Jerusalem est pour tout le monde et avant tout pour les chrétiens .

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