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Économie

Bruxelles propose aux États membres un Fonds monétaire européen pour 2019

Finance
OLJ
07/12/2017

La Commission européenne a proposé hier aux pays de l'UE de créer un Fonds monétaire européen (FME) pour mi-2019, dans le cadre d'une vaste réforme de la zone euro, annoncée de longue date. Ces propositions, destinées à parfaire l'Union économique et monétaire (UEM), avaient été promises en septembre par le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker, qui entendait profiter de « la fenêtre d'opportunité » offerte par la reprise économique dans l'UE et la fin des processus électoraux en France et en Allemagne. Et ce avant les élections européennes de mi-2019. Mais elles tombent mal pour un acteur de premier plan, l'Allemagne, qui est toujours sans nouveau gouvernement, alors que le président français Emmanuel Macron a lui-même présenté ses idées sur l'avenir de la monnaie unique en septembre dernier.
La Commission européenne propose notamment « de transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES), organe intergouvernemental de gestion de crise, en Fonds monétaire européen », a indiqué M. Moscovici. « Le Parlement européen et le Conseil (qui représente les États membres de l'UE) sont invités à adopter cette proposition à la mi-2019 », détaille un communiqué de la Commission européenne. Le MES, qui a joué déjà un rôle très important dans le dernier programme d'aide à la Grèce, pourrait ainsi se substituer au FMI, basé à Washington, dans les futurs programmes d'aide aux pays en difficulté.

Perte d'influence
Financé par les États, ce FME pourrait aussi endosser un rôle de garant des banques en difficulté dans la zone euro, au cas où les mesures déjà prévues par les établissements financiers et les États nationaux dans le cadre de l'Union bancaire ne seraient pas suffisantes. L'exécutif européen souhaiterait voir ce futur FME fermement ancré dans les règles et les compétences de l'UE, qu'il devienne un « organe communautaire responsable devant le Parlement européen », a expliqué M. Moscovici. Actuellement, le MES, dirigé par un conseil des gouverneurs composé des ministres des Finances des pays de la zone euro, est un organisme intergouvernemental. Cette idée de le transformer en organisme communautaire risque d'inquiéter Berlin, plus gros contributeur financier au MES, ainsi que les autres gros pays, car ils perdraient de leur influence. Les droits de vote au MES sont en effet proportionnels à la contribution au capital.
Parmi les autres propositions de la Commission figure l'idée d'un ministre européen des Finances, qui devrait « cumuler les fonctions de commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires et président de l'Eurogroupe (cénacle qui réunit chaque mois les ministres des Finances de la zone euro) ». L'exécutif européen propose aussi la création d'une ligne budgétaire pour la zone euro, une proposition qui semble aller moins loin que celle du président Macron, favorable à un budget conséquent propre à la zone euro, qui permettrait aussi de « lever de l'argent en commun ».
Ces propositions seront pour la première fois discutées par les chefs d'État et de gouvernement, lors d'un sommet spécial à la mi-décembre à Bruxelles, également consacré au Brexit.
Source : AFP

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