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Moyen Orient et Monde

Damas toujours incertain pour la reprise des pourparlers à Genève

Syrie

Londres suspend un programme d'aide à la police en zone rebelle.

OLJ
05/12/2017

La délégation du gouvernement syrien n'a toujours pas décidé si elle allait reprendre aujourd'hui les pourparlers sur la Syrie sous l'égide de l'ONU à Genève, a-t-on appris hier auprès d'une source gouvernementale syrienne. « Il n'y a pour l'instant pas de décision définitive. Damas réfléchit toujours à la faisabilité de sa participation », selon cette source qui ajoute : « Dès qu'une décision sera prise, elle sera communiquée par les canaux diplomatiques habituels. »
De son côté, le chef de la délégation de l'opposition unifiée, Nasr Hariri, devait être « de retour à Genève lundi soir », a indiqué un porte-parole de la délégation, Yahia al-Aridi.
Le bureau de l'émissaire spécial de l'ONU sur la Syrie, Staffan de Mistura, qui conduit les discussions, n'a donné hier aucune information sur la reprise des pourparlers. Lors d'un point presse jeudi dernier, M. de Mistura avait indiqué qu'il invitait les délégations à reprendre les discussions « autour de mardi ».
Vendredi, le chef de la délégation gouvernementale, Bachar el-Jaafari, avait laissé planer le doute sur son retour pour la reprise des discussions, mettant en cause les propos de l'opposition sur le départ du président syrien Bachar el-Assad. Celle-ci continue à réclamer publiquement le départ du chef de l'État avant tout règlement politique du conflit, un positionnement que M. Jaafari a qualifié de « provocateur » et d'« irresponsable politiquement parlant ». « Tant que l'autre partie tiendra ce langage (...), il n'y aura aucun progrès », a-t-il souligné.
Ce huitième cycle de pourparlers sur l'avenir de la Syrie à Genève, s'il reprend comme prévu, doit durer jusqu'à la mi-décembre, a souhaité M. de Mistura. Ce dernier a organisé sept cycles de pourparlers depuis 2016, sans obtenir de résultats. Il souhaite concentrer cette fois les négociations sur la rédaction d'une nouvelle Constitution et sur l'organisation d'élections législatives sous la supervision de l'ONU.

Ghouta
Sur le terrain, des avions de chasse présumés syriens et russes ont lourdement frappé la Ghouta orientale, faubourg de Damas assiégé par les forces gouvernementales syriennes, tuant au moins 27 personnes et en blessant des dizaines d'autres dans le cadre d'une intensification des attaques sur cette zone, ont affirmé hier des habitants, des travailleurs humanitaires et des observateurs. La Ghouta orientale est une enclave rebelle assiégée depuis 2012 par l'armée syrienne. Cette dernière est accusée par des travailleurs humanitaires d'affamer les habitants de la zone. La Ghouta orientale fait pourtant partie des « zones de désescalade » de l'Ouest syrien instaurées dans le cadre d'un accord conclu en juillet à l'initiative de la Russie.
Sur un autre plan, le gouvernement britannique a annoncé hier la suspension d'une aide destinée au développement d'une force de police en zone rebelle en Syrie à la suite d'informations faisant état de détournements de fonds et de financement de groupes extrémistes. L'affaire concerne le programme Access to Justice and Community Security Project (Ajacs) dirigé par un prestataire privé, Adam Smith International, et qui vise à soutenir la police syrienne libre (FSP).
Mais selon l'émission Panorama (BBC), cette police se livre à des exécutions sommaires, et se voit parfois forcée de remettre des sommes en liquide au groupe armé extrémiste Nureddin al-Zenki. Panorama affirme également que des policiers sont directement nommés par le Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, ou encore que des fonds sont détournés via la présence de personnes mortes ou fictives figurant sur les fiches de paie.
« Le ministère des Affaires étrangères a suspendu ce programme pendant que nous enquêtons sur ces allégations », a déclaré hier un porte-parole de la diplomatie britannique, alors que le ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, avait récemment annoncé une enveloppe supplémentaire de 4 millions de livres (4,6 millions d'euros) pour la FSP. « Nous prenons très au sérieux toute accusation de coopération avec des groupes terroristes et de violation des droits de l'homme », a ajouté le porte-parole.
Adam Smith International a de son côté « fermement réfuté » les informations de Panorama.

Sources : agences

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