Liban

Huit candidats se disputeront demain le poste de bâtonnier

Ordre des avocats

La bataille opposera partis politiques et indépendants.

Claude ASSAF | OLJ
18/11/2017

Le barreau de Beyrouth est appelé à élire demain un nouveau bâtonnier et trois autres membres du conseil de l'ordre des avocats. À l'exception de Wajih Massaad, dont le mandat de membre n'expire que dans un an, Fadi Barakat, André Chidiac, Tanios Eid, Samir Haïdar, Farid el-Khoury, Fadi Moussallem et Aziz Torbey, candidats à la succession du bâtonnier sortant Antonio el-Hachem, devront d'abord participer au premier tour du scrutin, pour tenter chacun de faire partie des quatre membres du conseil qui seront élus pour un mandat de trois ans, sachant qu'on ne peut être bâtonnier sans faire partie du conseil.

Les autres candidats aux quatre sièges à pourvoir sont Saydé Massoud, Nada Talhouk, Jacques Abou Abdallah, Hani Ahmadiyé, Lucien Aoun, Ali Berro, Ali Bourji, Hanna Habib, Pierre Haddad, Ali Mchaymech, Hussein Mhaydli, Assaad Saïd, Adib Zakhour et Youssef Zeaïter.

À lire ce tableau, des observateurs proches du conseil de l'ordre notent que sept musulmans chiites figurent parmi les candidats, ce qui, selon eux, présente le risque encore une fois, cette année, qu'aucun avocat de cette confession n'accède au siège qu'il brigue, du fait de la déperdition des voix des électeurs.
Il est pourtant de coutume, depuis un pacte conclu en 1991 sous le mandat de l'ancien bâtonnier Samir Abillama, que la communauté musulmane soit tous les ans représentée auprès de l'instance ordinale. Or, depuis 2013, aucun candidat chiite n'a été choisi. Ces commentateurs attribuent la nouvelle possibilité d'échec à un manque de concertation entre les candidats chiites qui, en se présentant en nombre excessif, provoquent l'éparpillement des voix. Mais d'autres sources estiment qu'en dépit d'une telle absence de coordination, l'un de ces sept émules coreligionnaires pourrait obtenir un siège, d'autant que, selon eux, chacun des candidats au bâtonnat appellerait ses sympathisants à voter pour un candidat chiite au premier tour, stimulant la participation des quelque 900 électeurs chiites au second tour et attirant ainsi leurs voix en sa faveur.

Pour en revenir à l'élection du bâtonnier, les mêmes sources estiment que quatre prétendants au poste semblent favorisés par les pronostics : Fadi Barakat (CPL), André Chidiac (indépendant), Fadi Moussallem (FL, appuyé également par le Parti socialiste progressiste) et Aziz Torbey (indépendant). Elles font toutefois remarquer que les prévisions ne sont pas très aisées, contrairement à ce qu'il en était lorsque les partis n'interféraient pas dans l'échéance électorale et que les avocats choisissaient selon leurs propres considérations, ou encore lorsque ces partis participaient sur base du seul clivage 8/14 Mars.

À présent, les nouveaux types d'alliances entre les différents partis peuvent créer des surprises. Sans compter qu'au sein même des partis, le choix du candidat varie. Pour des considérations personnelles ou électorales (les législatives sont prévues en mai), certains cadres partisans n'étaient pas très enthousiastes à la présentation de certaines candidatures par la direction du parti, préférant soutenir des candidats indépendants originaires de leur circonscription électorale. À titre d'exemple, il aurait été proposé au sein du CPL d'appuyer au premier tour du scrutin autant Fadi Barakat qu'André Chidiac, quitte à opter, au second tour, en faveur de celui qui aura remporté le plus grand nombre de voix. Mais cette suggestion a été balayée, et aux dernières nouvelles, les points de vue des responsables partisans se sont unifiés, même si, note-t-on, nombre d'avocats de la base partisane sont mécontents de ces choix et pourraient s'abstenir de voter ou voteraient pour des candidats indépendants. Ce qui contribuerait alors à favoriser ces derniers, propulsant l'un d'eux à la tête de l'ordre.

 

Système électronique et bureaux de vote
En tout état de cause, si les dés sont jetés, la roulette continuera à tourner jusqu'à la clôture du scrutin dimanche après-midi, puisque chaque candidat poursuit les concertations et tractations en vue de nouer jusqu'à la dernière minute les alliances qui lui seraient le plus favorables. De surcroît, les partis peuvent opérer des revirements. Ainsi, pas plus tard qu'hier, le courant du Futur, qui durant plusieurs semaines avait recommandé à ses partisans de soutenir Fadi Moussallem (FL appuyé également par le PSP), a décidé hier d'apporter son soutien au 1er tour à Fadi Barakat (CPL, également soutenu par le mouvement Amal) et Aziz Torbey (indépendant, appuyé par le parti Kataëb), et de soutenir ensuite dans la course à la tête de l'ordre celui des deux qui aura obtenu le plus grand nombre de voix. Selon des avocats affiliés au courant du Futur, ce changement de position est motivé par le fait que « le chef de l'État, Michel Aoun, a géré favorablement la crise provoquée par la démission du Premier ministre, Saad Hariri ».

Il reste que pour de nombreux votants, le vainqueur devrait être celui qui présente un programme protégeant au mieux les intérêts de ses confrères, sachant qu'ils considèrent que ce rendez-vous démocratique doit être une échéance professionnelle, éloignée de la politique.

Question organisation, le mode de vote électronique, qui a été introduit pour la première fois l'an dernier sous l'impulsion du bâtonnier sortant, Antonio el-Hachem, sera à nouveau adopté cette année, après avoir bénéficié d'améliorations au niveau des ordinateurs et des cartes magnétiques. En outre, pour épargner la bousculade générée par le trop grand nombre d'électeurs (en moyenne 4 500) qui affluent chaque année dans la salle des pas perdus au rez-de chaussée du Palais de justice, le Conseil de l'ordre a décidé de porter le nombre de bureaux de vote à cinquante et de les déployer sur deux étages.

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