Malgré la salve d’accords commerciaux signés par le président Trump, le déficit commercial avec la Chine pourrait persister. Archives/AFP
Donald Trump a dévoilé hier à Pékin une moisson d'accords commerciaux de plus de 250 milliards de dollars : de quoi plaire au président américain qui promet un rééquilibrage des échanges bilatéraux, même si leur concrétisation pourrait s'avérer très aléatoire. Ces accords, signés pour la première visite de M. Trump en Chine, ont été annoncés en fanfare lors d'un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping. Ils concernent l'énergie, l'aéronautique, l'agro-alimentaire ou l'électronique, et des géants américains comme Boeing, Caterpillar, General Electric ou Qualcomm ; le montant total (253,4 milliards de dollars) donne le tournis. L'avalanche d'accords a été qualifiée de « véritable miracle » par le ministre chinois du Commerce, Zhong Shan. Mais pour James McGregor, président Chine du cabinet APCO Worlwide, c'est surtout « de la politique à l'ancienne : un dirigeant arrive et tire prestige d'une série d'accords déjà en cours, auxquels d'autres sont ajoutés pour arriver à un gros chiffre ». En réalité, la plupart des annonces concernent des protocoles d'accord non contraignants et des lettres d'intention, plutôt que des contrats fermes.
« Gaz en Alaska et bœuf du Montana »
À l'heure où Pékin s'efforce de diversifier ses approvisionnements d'hydrocarbures, trois organismes étatiques chinois ont conclu un accord pour exploiter du gaz naturel liquéfié en Alaska, avec jusqu'à 43 milliards de dollars d'investissements prévus. Pour autant, cette salve d'accords ne devrait rééquilibrer que marginalement le déficit commercial américain avec le géant asiatique (environ 350 milliards de dollars par an selon Washington), et ne change rien au protectionnisme chinois que dénonce volontiers Washington. Donald Trump a de nouveau dénoncé hier les transferts de technologies imposés aux firmes étrangères et les restrictions d'accès à de nombreux secteurs.
Dans la liste dévoilée, figure un accord entre le fabricant américain d'engins de chantier Caterpillar et le mastodonte China Energy, portant sur des ventes d'équipements miniers. Le fabricant de semi-conducteurs Qualcomm a signé des protocoles d'accord avec trois producteurs de smartphones chinois, Xiaomi, Oppo et Vivo, assurant pouvoir leur vendre « environ 12 milliards de dollars » de puces en trois ans. Boeing a de son côté signé un accord portant sur l'achat de 300 avions à 37 milliards de dollars, sans préciser si toutes ces commandes étaient nouvelles. Enfin, dans l'agro-alimentaire, JD.com, spécialiste chinois de la vente en ligne, s'est engagé à acheter pour 2 milliards de dollars de produits aux États-Unis sur les trois prochaines années – dont 1,2 milliard de dollars de viande, notamment du bœuf du Montana.
Source : AFP


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