L’assistance était essentiellement composée de jeunes universitaires.
Une table ronde organisée jeudi soir par l'Union européenne, le British Council et Acted a réuni plusieurs activistes autour de la question de l'engagement politique des jeunes. Il en ressort beaucoup de déceptions face à l'état actuel de la scène politique libanaise mais également des lueurs d'espoir et une réelle volonté de faire changer les choses.
« Il y a tant de moyens de s'engager en politique et nous voulons que vous soyez acteurs du changement », a lancé l'ambassadrice de l'UE Christina Lassen au public rassemblé à l'espace Antwork, à Hamra, et composé en grande partie de jeunes universitaires.
Projeté au début du débat, un vox pop réalisé auprès de plusieurs jeunes personnes a permis de mettre en lumière les expériences décevantes en matière de politique et la désillusion d'une grande partie des personnes sondées. Néanmoins, certaines d'entre elles se disent prêtes à devenir actrices du changement.
La parole est ensuite donnée à Gino Reaidy, blogueur et vice-président de l'association March qui travaille pour la liberté d'expression ; Rana Khoury, activiste dans les domaines de la politique et des droits de l'homme ; Marwan Maalouf, avocat et activiste des droits de l'homme ; et Krystel Tabet, consultante à l'association Beyond Reform and Development, spécialisée dans le développement des politiques publiques. La rencontre était modérée par Karma Ekmekji, chargée des relations internationales au bureau du Premier ministre.
(Lire aussi : La Fondation Renaissance Liban offre aux jeunes l’opportunité de connaître la sensibilité de « l’autre »)
Les discussions ont porté sur l'engagement politique en général, la participation des femmes à la vie politique et les prochaines législatives. « À chaque fois que l'on parle de politique, il y a une espèce de fatalité qui accompagne ce discours et on en conclut tout le temps que rien ne va changer. Il est temps d'agir », lance Rana Khoury. Ancienne candidate du collectif Beirut Madinati aux dernières élections municipales, elle estime que cette expérience « a redéfini le travail politique ». « Nous encourageons les jeunes non seulement à voter mais également à se présenter aux élections. Il est important qu'il y ait du roulement au niveau de la classe politique », indique-t-elle.
« On arrive à un moment où on se rend compte qu'on n'est pas obligé de suivre entièrement un parti ou une formation politique particulière, mais qu'on peut choisir ce qu'on veut », confie pour sa part Gino Reaidy, dans une démarche critique du principe d'endoctrinement aveugle dans lequel certains jeunes se retrouvent enlisés.
Quant à Marwan Maalouf, il se désole du fait qu'une certaine partie de la jeunesse « n'est plus vraiment intéressée par les grandes batailles politiques ». Il déplore par ailleurs l'absence de politiques publiques dans le pays et évoque le temps où les mouvements estudiantins influaient sur les politiques publiques dans les années 60 et 70. « Il est nécessaire de faire en sorte que les jeunes s'intéressent à nouveau à la vie politique. Les gens ont besoin d'une alternative politique claire. Nous leur disons que nous pouvons instaurer le changement », souligne-t-il.
(Pour mémoire : « Les politiques doivent écouter l’opinion des jeunes et leurs angoisses »)
Et la femme dans tout ça ?
Sur le rôle de la femme dans la politique, tout le monde s'accorde à dire que les stéréotypes et la société patriarcale constituent une entrave à l'engagement des femmes. « Pourquoi des femmes se portent-elles candidates aux élections mais n'arrivent jamais au Parlement ? » se demande Krystel Tabet, qui remet en cause les stéréotypes ancrés dans l'imaginaire collectif libanais.
Gino Reaidy dénonce également les effets néfastes de la société patriarcale et estime que la femme est maltraitée par les lois du statut personnel au Liban. « Sans lois civiles pour le statut personnel, la femme ne pourra pas jouir de ses pleins droits au Liban. Les lois religieuses sont injustes envers elle », souligne-t-il, dénonçant par ailleurs « le fait qu'un homme soit à la tête du ministère d'État pour les Affaires de la femme », en référence au ministre Jean Oghassabian.
C'est alors qu'un quinquagénaire présent dans l'assistance prend la parole, estimant que les femmes sont en majeure partie responsables du déclenchement des grandes guerres... Prenant la parole, un jeune homme du public se dit pour sa part favorable à ce que la femme prenne part à la vie politique, mais contre les lois civiles pour le statut personnel. Des avis qui divergent, mais tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut faire souffler un vent nouveau sur la scène politique libanaise.
Lire aussi
Emmanuelle Lamoureux à « L’OLJ » : La politique féministe est au cœur de la diplomatie canadienne
« Il y a tant de moyens de s'engager en politique et nous voulons que vous soyez acteurs du changement », a lancé l'ambassadrice de l'UE Christina Lassen au public rassemblé à l'espace Antwork, à Hamra, et composé en grande partie de jeunes universitaires.
Projeté au début du débat, un vox pop réalisé auprès de plusieurs jeunes personnes a permis de mettre en lumière les expériences décevantes en matière de politique et la désillusion d'une grande partie des...


L'effet domino de la guerre au Moyen-Orient sur les baleines au large de l'Afrique du Sud
Le recours à l'expérience de l'engagement politique ou la critique de l'endoctrinement laissent vide la compréhension du politique et de l'activité qui le sous-tend; par exemple Beirouth Madinati est resté à l'écart d'une réflexion qui aurait permis d'actualiser au Liban l'idée de Cité en la déployant à travers l'espace public...faute de contenus analytique le projet s'est rétracté sur l'idéologie et ses disputes....
10 h 38, le 22 octobre 2017