Face aux tensions entre le gouvernement irakien et les indépendantistes kurdes d’Irak, le secteur pétrolier se montre prudent. Ahmad al-Rubaye/AFP
Les cours du pétrole reculaient hier en fin d'échanges européens alors que les marchés semblaient rassurés de voir les combattants kurdes se replier devant l'armée irakienne sans combattre. Vers 17h00 GMT (19h, à Beyrouth), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 57,35 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 47 cents par rapport à la clôture de lundi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat de novembre cédait 45 cents à 51,42 dollars.
Les troupes gouvernementales irakiennes ont repris hier la quasi-totalité des champs pétrolifères de la province de Kirkouk après le retrait des forces kurdes. « Il n'y a pas vraiment eu de combats entre les forces gouvernementales et les Kurdes, qui sont partis en laissant les clés des infrastructures pétrolières en raison apparemment de dissensions au sein même du camp kurde », a résumé John Kilduff, analyste chez Again Capital.
Avant la reprise du contrôle, par Bagdad, de la quasi-totalité des champs pétrolifères de la province de Kirkouk, les analystes craignaient néanmoins que les tensions entre le gouvernement irakien et les indépendantistes kurdes d'Irak menacent la production d'or noir, entraînant une hausse des prix du pétrole. Les investisseurs estimaient en effet possible que les exportations du Kurdistan irakien soient affectées par de possibles affrontements. Selon les analystes de Goldman Sachs, la production kurde, en incluant les champs de la région de Kirkouk que se disputaient les deux camps, a été d'environ 750 000 barils par jour en 2017, et les exportations qui passent par un oléoduc jusqu'en Turquie ont atteint 570 000 barils par jour cette année.
Les prix avaient légèrement monté depuis le début de la semaine. Le Brent de la mer du Nord, qui fait référence en Europe, a ponctuellement dépassé les 58 dollars pour le baril pour livraison en décembre. Ses prix avaient déjà atteint leur plus haut de l'année le 26 septembre, à 59,49 dollars, au lendemain du référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien.
Après plusieurs années de vaches maigres causées par une surabondance de l'offre d'or noir, les cours du pétrole se sont ressaisis en 2016 et se sont stabilisés en 2017, alors que les efforts engagés par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie pour réduire leur production ont entamé les abondantes réserves des pays de l'OCDE. Résultat, les marchés réagissent à nouveau aux événements géopolitiques, puisqu'une perturbation même temporaire de l'offre peut plus difficilement être comblée par les réserves mondiales.
Maintenir le flux
« Il n'y a pas vraiment eu de combats entre les forces gouvernementales et les Kurdes, qui sont partis en laissant les clés des infrastructures pétrolières en raison apparemment de dissensions au sein même du camp kurde », résume John Kilduff, analyste chez Again Capital. L'arrêt du pompage dans les deux premiers champs récupérés lundi par les autorités irakiennes avait fait grimper les prix. « Vu que le gouvernement irakien a repris le contrôle qu'il avait perdu en 2014, la production devrait reprendre, et la perturbation de l'offre ne devrait pas durer », a toutefois estimé Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix.
Ces champs étaient tombés sous le contrôle de la région autonome du Kurdistan en 2014 alors que l'Irak était déstabilisé par l'offensive du groupe jihadiste État islamique (EI). « Selon nos calculs, les deux parties ont intérêt à maintenir le flux du pétrole, car avec des coûts de production bas, le revenu par baril est élevé », ont estimé les analystes de Goldman Sachs. « Les prix avaient déjà reculé quand le gouvernement régional du Kurdistan a annoncé qu'il ne perturberait pas les exportations de pétrole », a noté James Williams, de WTRG Economics. Cet analyste fait référence à une certaine baisse des cours observée dans le courant de la journée de lundi, après la montée initiale consécutive aux informations sur l'initiative militaire de Bagdad.
Source : AFP


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11 h 53, le 18 octobre 2017