Rechercher
Rechercher

Baabda

Aoun : La présence des déplacés au Liban est un danger pour de nombreux pays

Le chef de l’État, Michel Aoun, entouré de ses hôtes internationaux. Photo ANI

Le président de la République, Michel Aoun, a appelé hier les cinq États membres permanents du Conseil de sécurité, le secrétariat général des Nations unies, l'Union européenne et la Ligue arabe à se focaliser sur la crise des déplacés syriens et ses répercussions, les exhortant à fournir tous les efforts pour un retour sûr des déplacés dans leur pays. Il a mis en garde, dans le même temps, contre le danger auquel la présence des réfugiés sur le territoire libanais expose de nombreux pays.
Le chef de l'État a confié des messages écrits aux ambassadeurs des cinq États membres permanents du Conseil de sécurité : l'ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Richard, et les ambassadeurs de Russie, Alexandre Zasypkine, de Grande-Bretagne, Hugo Shorter, de Chine, Wang Kejian, et de France, Bruno Foucher, venus le rencontrer à Baabda, pour qu'ils transmettent à leurs leaders respectifs le point de vue libanais sur la question des déplacés syriens. Étaient également présents à la réunion le représentant spécial adjoint de l'ONU, Philippe Lazzarini, l'ambassadrice de l'Union européenne, Christina Lassen, et le représentant de la Ligue arabe, Abdel Rahmane el-Solh, qui ont été chargés de transmettre les réclamations du chef de l'État au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, au président de l'Union européenne, Jean-Claude Juncker, et au secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Ghaith.
M. Aoun a affirmé devant ses hôtes que « l'intérêt de tous les États du monde est de ne pas voir la situation imploser au Liban », estimant qu'« au cas où cela arrive, les déplacés s'orienteront vers d'autres directions, ce qui se répercutera sur tous les pays ». « Toute implosion aux plans socio-économique, politique et sécuritaire que provoquerait une absence de solution aux souffrances des déplacés syriens pourrait s'étendre à de nombreux pays », a-t-il mis en garde.

153 déplacés par km2
« Nous avons accueilli les déplacés, alors que les États qui ont provoqué la guerre ne reçoivent aucun d'eux et n'assument aucune responsabilité envers eux », a lancé en outre M. Aoun à ses visiteurs, faisant état de « combattants en Syrie qui proviennent de 83 pays ». Il a souhaité par ailleurs que les organisations et institutions internationales ne publient pas des communiqués propres à faire peur aux déplacés, « comme par exemple de leur dire que leur retour se fera à leurs risques et périls ». Et de déplorer à cet égard que « certains pôles internationaux intimident les déplacés qui veulent retourner de leur propre volonté, en leur faisant assumer la responsabilité de ce retour volontaire », alors que « dans cette Syrie qui fait 18 fois la superficie du Liban, on peut trouver des régions sûres ». Le chef de l'État s'est en outre demandé ce « qui empêche de nombreux Syriens qui se rendent quotidiennement en Syrie d'y rester », avant de préciser que « ce n'est pas le retour des opposants au régime syrien qui est exigé, mais celui des gens qui ont fui à cause de la guerre ».
« Alors que dans d'autres pays hôtes, la proportion est de 5 déplacés par kilomètre carré, il y a actuellement au Liban 153 déplacés syriens par kilomètre carré », a noté par ailleurs M. Aoun, évoquant le péril politique que cette présence massive engendre. « Plus la crise se prolonge, plus on risque de voir augmenter les conflits internes autour de cette question, notamment autour du procédé à utiliser pour faire retourner les déplacés dans leur pays », a-t-il martelé, avant de mettre en garde contre un autre danger, économique cette fois. « Les aides apportées pour les déplacés au Liban ne suffisent pas à couvrir les coûts des infrastructures », a-t-il ainsi déploré, indiquant qu'« avant la guerre de Syrie, le taux de croissance au Liban était de 8 %, alors qu'aujourd'hui il n'est que de 1 % ».
Enfin, le président Aoun a soulevé le volet sécuritaire, réclamant aux 5 États membres permanents du Conseil de sécurité d'aider le Liban à préserver sa sécurité.
Le bureau de la représentation des Nations unies au Liban a par la suite publié un communiqué dans lequel le représentant de cette organisation et ceux des 5 membres permanents, de l'Union européenne et de la Ligue arabe ont exprimé leur soutien au Liban « pour alléger les répercussions de la crise syrienne », saluant « la générosité et la solidarité dont fait preuve depuis 7 ans le Liban dans son accueil des déplacés syriens ». Ils ont en outre fait part de leur « compréhension des appréhensions des Libanais », affirmant que « le retour des déplacés dans leur pays doit être sûr, digne et volontaire, comme l'édictent les principes du droit international ». « La majorité des déplacés veulent retourner, sachant que, pour eux, l'intégration n'est pas une option », précise enfin le communiqué.


Le président de la République, Michel Aoun, a appelé hier les cinq États membres permanents du Conseil de sécurité, le secrétariat général des Nations unies, l'Union européenne et la Ligue arabe à se focaliser sur la crise des déplacés syriens et ses répercussions, les exhortant à fournir tous les efforts pour un retour sûr des déplacés dans leur pays. Il a mis en garde,...

commentaires (2)

LA PRESENCE DE LA MILICE L,EST ENCORE BIEN PLUS !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

16 h 20, le 17 octobre 2017

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • LA PRESENCE DE LA MILICE L,EST ENCORE BIEN PLUS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    16 h 20, le 17 octobre 2017

  • Le président de la République a entrepris une démarche appropriée, courageuse et dans l’intérêt du Liban! ...

    Marie Claude Hélou Saadé

    14 h 19, le 17 octobre 2017