Kobe Steel connaissait les défauts de ses matériaux, un silence qui pourrait lui coûter cher. STR/AFP
Un total d'environ 500 sociétés du monde entier sont concernées par l'affaire des données truquées de produits de Kobe Steel, dont certains cas remontant à plusieurs années étaient connus de la direction, a annoncé hier le sidérurgiste japonais dans la tourmente.
« Combiné avec le nombre de clients précédemment annoncé, le total va s'élever à environ 500 entreprises », a estimé Yoshihiko Katsukawa, un dirigeant exécutif de Kobe Steel, lors d'une conférence de presse. Jusqu'à présent, le troisième sidérurgiste du pays, avec un chiffre d'affaires de 1 700 milliards de yens (15 milliards de dollars au cours actuel), avait estimé que 200 clients environ étaient concernés par ces malversations. À ses côtés, le PDG de Kobe Steel, Hiroya Kawasaki, a rappelé que le groupe n'avait pas détecté de risques de sûreté jusqu'à présent. « Nous sommes déterminés à agir rapidement et de manière appropriée » si de tels cas viennent à se présenter, a-t-il assuré.
Outre de nombreuses sociétés japonaises, dont le géant automobile Toyota, des groupes étrangers seraient affectés par le scandale Kobe Steel, a affirmé hier le quotidien Nikkei, citant notamment l'avionneur européen Airbus et les constructeurs automobiles américains General Motors et Tesla, l'allemand Daimler, le sud-coréen Hyundai et les français Renault et PSA.
« La direction savait »
Kobe Steel a par ailleurs indiqué hier avoir identifié neuf produits supplémentaires dont les caractéristiques techniques ont été embellies, certains d'entre eux provenant d'usines du groupe en Thaïlande et en Malaisie, notamment des tubes en cuivre. « Nous n'essayions pas de les dissimuler » au sujet des falsifications, a précisé hier M. Kawasaki. « Compte tenu de leur impact financier et dans l'attente de savoir si elles constituaient des infractions à la loi, nous avions décidé de ne pas les rendre publiques à l'époque », a-t-il ajouté.
La direction de Kobe Steel était ainsi au courant depuis longtemps de mauvaises pratiques, mais avait fait le choix de ne pas les révéler au grand public à l'époque. Le scandale Kobe Steel a éclaté au grand jour le week-end dernier, portant d'abord sur des données techniques truquées sur certains produits en aluminium et cuivre. Chaque jour suivant a apporté son lot de nouvelles révélations : Kobe Steel a ainsi reconnu avoir aussi identifié des falsifications sur les caractéristiques de poudres de fer, de produits utilisés dans le façonnage de DVD puis de fils d'acier, généralement destinés à des pneus et des moteurs. Ces informations ont eu un impact dévastateur sur le titre du groupe à la Bourse de Tokyo, lequel a fondu de plus de 40 % en une semaine. « L'action Kobe Steel touchera le fond quand sera clarifié l'impact financier pour le groupe », a estimé Hideyuki Suzuki, analyste chez SBI Securities.
Source : AFP


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