Liban

Les limites des tweets...

Décryptage
13/10/2017

Les tweets du ministre saoudien chargé des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhane, et la violente riposte du secrétaire général du Hezbollah ont fait monter les tensions au Liban. Pour rappel, le ministre Sabhane a appelé à « la formation d'une coalition internationale pour frapper le Hezbollah », et Hassan Nasrallah s'est empressé de le traiter, dans un discours, de « demeuré politique ».

Des rumeurs ont aussitôt commencé à circuler sur une possible confrontation interne au Liban ou sur la possibilité de troubles sécuritaires et autres en parallèle à une radicalisation des positions régionales entre l'Iran et ses alliés d'une part, l'Arabie saoudite et les siens de l'autre.

Bref, après une période de trêve relative, la rivalité entre Téhéran et Riyad aurait donc atteint un nouveau pic qui devrait forcément se répercuter sur la scène libanaise, où les dossiers conflictuels sont nombreux. Les partisans de cette thèse se basent sur plusieurs éléments pour la conforter. D'une part, Riyad se sent renforcé dans son hostilité envers l'Iran par la position de la nouvelle administration américaine, et en particulier celle du président américain Donald Trump qui menace de se retirer de l'accord sur le nucléaire. Ensuite, comme la situation en Syrie semble échapper aux Américains au profit de l'alliance russo-iranienne, la nécessité d'un rééquilibrage régional s'impose et il passe désormais par le Liban, en raison de la force grandissante du Hezbollah devenue inacceptable pour Israël en particulier.

 

(Lire aussi : Les rumeurs de guerre sont-elles le précurseur d’un conflit prochain dans la région ?)

 

Pour les partisans de cette thèse, l'heure serait donc venue de porter un coup à la puissance du Hezbollah, d'abord économiquement et financièrement, par le biais des sanctions américaines qui visent, entre autres objectifs, à monter les Libanais contre lui, ensuite en cherchant à l'isoler politiquement et populairement en prélude à son affaiblissement, voire à son élimination.

Les tweets franchement incitateurs contre le Hezbollah du ministre saoudien s'inscriraient dans ce cadre et avec la désignation d'un nouvel ambassadeur saoudien au Liban ainsi que la convocation de certaines personnalités libanaises à Djeddah, il est clair, selon les partisans de cette thèse, qu'une véritable offensive saoudienne contre le Hezbollah a commencé.

Toutefois, une source gouvernementale reste plus mesurée. Selon elle, l'appel du ministre saoudien à la formation d'une coalition internationale contre le Hezbollah peut être interprété comme une reconnaissance implicite de la part des Saoudiens de l'impossibilité de provoquer des troubles internes au Liban de nature à affaiblir cette formation. D'où le recours à une force étrangère. De son côté, Hassan Nasrallah a bien pris soin, dans ses derniers discours, de garder le dossier libanais à l'abri de son conflit avec le royaume saoudien. Il a ainsi réitéré à plusieurs reprises ses appels au calme à l'intérieur du Liban et sa volonté d'y maintenir la stabilité tout en encourageant le fonctionnement des institutions publiques et la tenue des élections législatives à la date prévue. De plus, dans un geste significatif à l'adresse du chef de l'État et de l'équipe actuellement au pouvoir, le Hezbollah a réduit sa présence militaire au Liban, déplaçant une partie importante de ses forces vers la Syrie.

Face aux positions modérées du secrétaire général du Hezbollah sur la nécessité de maintenir le gouvernement actuel en place jusqu'à l'échéance constitutionnelle des élections législatives, et à la suite des actes concrets qu'il a accomplis, le Premier ministre, Saad Hariri, s'est aussi gardé d'adopter des positions en flèche, faisant passer la nécessité de maintenir un climat calme au Liban avant les surenchères électorales.

Certes, des voix sunnites, dont certaines sont proches du Premier ministre, ont violemment répondu au secrétaire général du Hezbollah, mais M. Hariri est resté en dehors de la polémique, dans un souci visible de donner la priorité à l'action du gouvernement qu'il préside. Ce qui montre, selon la source gouvernementale précitée, les limites du plan – s'il existe – destiné à provoquer une confrontation entre les forces politiques au Liban.

 

(Lire aussi : Le ton monte entre Riyad et le Hezbollah : la guerre par procuration reprend de plus belle)

 

 

Toujours selon la même source, le fameux filet de protection internationale sur le Liban existe toujours. La meilleure preuve en a été donnée par l'appui de l'administration américaine à la guerre menée par l'armée libanaise contre les jihadistes du groupe État islamique dans le jurd, tout en fermant les yeux sur une coopération minimale et discrète entre l'armée et le Hezbollah dans la gestion de cette bataille. Plus même, l'administration américaine a annoncé à plusieurs reprises qu'elle compte augmenter ses aides à l'armée, donnant ainsi un message clair de soutien à la stabilité libanaise.

Le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun, s'est ainsi rendu à Amman où le commandement jordanien lui a remis en guise d'aides à l'armée des blindés de fabrication américaine. Sachant combien les Américains sont soucieux du bon usage de leurs armes, il est clair que les autorités jordaniennes ont agi avec l'accord de Washington.

Autant d'indices qui montrent qu'en dépit des tensions politiques, internes et régionales, la stabilité du Liban reste une ligne rouge, même si les menaces terroristes ne sont pas totalement écartées pour des raisons liées à la perte de terrain spectaculaire par Daech et ses semblables en Syrie et en Irak.

 

 

Lire aussi

Le ton monte entre Riyad et le Hezbollah : la guerre par procuration reprend de plus belle

Al-Sabhane pour une alliance internationale contre le Hezbollah

Nasrallah : « L’Arabie saoudite représente, avec Israël, un véritable danger pour la région »

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gaby sioufi

"dire la/les chose et son contraire " ,theses et contre theses, source par ci, source par la , eh bien la moumanaa semble tenir ferme a des contradictions somme toute salutaires pour elle(moumanaa).


l'arabie cherche a "ameuter" le MONDE contre hezb- vu que ses partisans
libanais n'arrivent a rien faire contre hezb
nasrallah s'attaque a l'arabie, l'arabie s'attaque a nasrallah etc... MALGRE QU'ILS SAVENT BIEN QUE
la stabilite du liban une ligne rouge
la stabilite du liban garde sa couverture internationale pr elle VIERGE
CONCLUSION A TIRER:
lnasrallah s'amuse a en repondant aux saoudiens tt en menacant et saoudiens,libanais et americains
drole n'est ce pas !





L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE LOGIQUE ET LE BARATIN CO-HABITENT DANS CET ARTICLE !

Pierre Hadjigeorgiou

Le Hezbollah a été mis sur la ligne de mire des puissances occidentales en 1982 et rien n'a changé depuis. Les occidentaux sont pragmatiques et travaillent a très longs termes en fonction des circonstances sur le terrains, qui elles sont changeantes et au Moyen Orient parfois drastiquement opposées. A ce jour, le Hezbollah a bénéficié de la protection du régime Syrien qui était, alors, encore fort et depuis le début de la guerre civile en Syrie les choses ont basculé et ont mis en marche le train du chamboulement et du règlement des comptes. Et hop voila l'EI qui fait surface, non pas a l'instigation des occidentaux, comme le Hezbollah et le régime Syrien le préconisent, mais bien par leurs soutiens et encouragements. Un pari qui leur a réussi puisque ce qui leur importait le plus est la Syrie dite utile. Tous le reste n’étant que cerises sur le gâteau. Cependant, il leur a fallu l'intervention Russe pour ce faire. Ce qu'ils n'ont pas calculé est le fait que les Russes ne font rien s'il ne contrôle pas la situation totalement et que le Hezbollah et les Iraniens, autre que les slogans, n’ont en fait rien en Syrie. A présent, ils essayent de sauver les meubles, mais les puissances sont toutes d'accords, l'Iran se doit d’être mise au pas. Le Hezbollah étant sa source de chair a canon, il sera le premier a en payer le pris, et il sera très fort. S'il garde ses forces en Syrie c'est pour ne pas se voir étriller mais reste sous la protection Russes. Le sera-t-il? A suivre!

Bery tus

Avec le « puisque » avant cette phrase « Ensuite, comme la situation en Syrie semble échapper aux Américains au profit de l'alliance russo-iranienne

Vous pensez sincèrement que les usa ont perdu au profit des russes!?! Ou que même les russe perdront au profit des usa ?!

On peut tjrs courir

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