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Ada Lovelace, fille de lord Byron et de « la princesse du parallélogramme »

This is America

Ni comtesse aux pieds nus ni comtesse de Ségur, c'est « la comtesse de l'informatique » qui volera dans quelques jours la vedette aux femmes.

06/10/2017

Aux États-Unis, comme partout dans le monde, on s'apprête à célébrer ce mardi 10 octobre la Journée d'Ada Lovelace, surnommée the countess of computing (« la comtesse de l'informatique »). Et, à travers elle, les nombreux exploits féminins dans les domaines de la science, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques. Plusieurs forums et rencontres sur ce thème sont prévus dans les universités et les centres de recherches.

Au commencement, donc, était Ada, la pionnière. La première femme à avoir créé un programme informatique en 1843, à juste 28 ans. Cette jeune Anglaise est la fille du célèbre poète lord Byron et d'Annabella Milbanke, férue de mathématiques et de philosophie, que son époux se plaisait à appeler « la princesse du parallélogramme». Née en 1815, Augusta Ada Byron avait reçu la meilleure éducation possible. Sa mère avait engagé des professeurs chevronnés pour la former à un grand nombre de connaissances, des langues aux sciences, en instituant une véritable école à domicile. La fille, brillante mathématicienne, croise à l'âge de 17 ans l'inventeur anglais Charles Babbage, créateur d'une machine à calculer qui sera l'ancêtre de l'ordinateur. Cette rencontre allait changer le cours de sa vie. En 1843, un an avant son mariage avec le comte William King-Noel de Lovelace, Babbage, malade, demande à la jeune fille de lui traduire un article rédigé en français sur la « machine analytique » qu'il avait mise au point. Il s'agissait là d'un précurseur de l'ordinateur car des cartes perforées étaient utilisées pour des opérations de multiplication et de division des chiffres et pour une variété de traitement de données. Tout en traduisant le texte en anglais, Ada y avait ajouté d'importantes notes de son cru décrivant une séquence d'étapes utiles pour résoudre des problèmes mathématiques. En fait, elle venait de réaliser le premier programme informatique.

 

(Dans nos archives : Ada, la fille de Byron, un précurseur de la science informatique)

 

Grâce à Annabella
Contestée par certains, sa création, qui témoignait tout de même de ses prouesses intellectuelles, est considérée comme une importante contribution à la révolution technologique moderne. Pour preuve : le département américain de la Défense a dépensé dans les années 70 des millions de dollars pour produire un système de codage sécurisé des données militaires à intégrer à l'ordinateur, au lieu d'y accéder indirectement. Une fois abouti, ce programme de grande envergure a été baptisé Ada, en référence à la pionnière de l'informatique. Ce même système a dépassé les frontières du Pentagone et a été mis au service du contrôle du trafic aérien, des chemins de fer et même du lancement des satellites.

Après son décès, à l'âge de 36 ans, le nom d'Ada Lovelace n'était plus qu'une annotation dans la biographie de son père, l'illustre poète lord Byron, sans toutefois être complètement oublié par les scientifiques. En 2009, Suw Charman-Anderson, l'une des cinquante personnalités les plus influentes en Angleterre dans le domaine de la technologie, a lancé un appel pour que l'impact des femmes dans le développement des sciences soit reconnu. À l'unanimité, Ada Lovelace étant un grand symbole dans le domaine, il a été décidé de lui dédier un jour de célébration à l'échelle internationale. Plutôt que la date de sa naissance ou celle de son décès, le deuxième mardi du mois d'octobre a été choisi pour cette occasion, une pause avant les grands événements de la rentrée.

Derrière Ada Lovelace, comtesse de l'informatique, il faut applaudir sa mère, Annabella Milbanke, qui en a été le déclencheur, en mettant sur pied l'infrastructure éducationnelle qui lui a permis de devenir une des femmes les plus cultivées de son temps. En épousant lord Byron, Annabella savait bien qu'elle liait sa vie à un homme hors norme et excessif en tout. Tout en étant très amoureuse du poète inspiré mais indomptable, elle s'était quand même rapidement séparée de lui, suite à la multiplication de scandales qu'il avait provoqués, et avait gardé Ada, alors âgée d'un an. Lorsqu'il partira en Grèce, ils ne se reverront plus jamais. La « princesse du parallélogramme » construira une belle vie à sa fille, la projetant dans un futur très lointain et alors improbable, celui de l'informatique. Elle en sera la comtesse.

 

 

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