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« Playboy » redévoile ce sein qu’on ne voulait plus voir

This is America

De père en fils, de Hugh à Cooper Hefner, « Playboy » se déshabille à nouveau.

01/09/2017

« Créer quelque chose qui s'accorde avec les exigences de ma génération et de la génération à venir, c'est à cela que je pourrai mesurer mes réalisations. » Sa génération est celle des millenials, comme lui. Il a tout juste 25 ans, se nomme Cooper Hefner, et veut relooker le legs paternel, l'inimitable magazine Playboy dont il est le responsable de la création (CCO). L'œuvre du père, Hugh, distribuée pour la première fois en 1953, avait secoué les mentalités enfermées dans une pudeur d'usage.

Mais en 2015, la direction avait décidé d'éliminer les nus de ses pages pour gagner un peu plus de respectabilité et se mettre au diapason d'une époque plus conservatrice. Le fils, n'ayant pas approuvé cette décision, avait claqué la porte du magazine durant 18 mois, soulignant que c'était là « mal comprendre ce que nous sommes ». Puis le fils est revenu et le magazine a renoué avec la nudité dans l'édition de mars-avril derniers. « Je suis le premier à admettre que la manière dont le magazine représentait la nudité était dépassée, mais la retirer complètement était une erreur », a expliqué Cooper Hefner. « La nudité n'a jamais été le problème car la nudité n'est pas un problème. Aujourd'hui, nous renouons avec notre identité et nous assumons qui nous sommes. » Aussi, il demande à sa mère, Kimberly Conrad (divorcée de Hugh), « playmate » de l'année en 1989, de revenir en couverture pour la fête des Mères. À 54 ans, elle accepte avec le sourire et une sensualité qu'elle ne semble pas avoir perdu. La photo, un succès, fut publiée dans l'édition de juin.

 

(Pour mémoire : Un an après avoir renoncé à la nudité, Playboy y revient)

 

Tel père, tel fils (en mieux)
Playboy, en chiffres, c'est un tirage de 5,6 millions d'exemplaires dans les années 70, et 450 000 aujourd'hui. Une revue de 64 ans, évaluée à 500 millions de dollars, qui s'est imposée avec audace et a fait fantasmer des générations.

Fidèle au passé qui a fait la gloire de Playboy, le jeune Cooper, 25 ans, veut se tourner vers l'avenir. Fidèle aussi à une philosophie qui cherche à « provoquer intellectuellement et sexuellement », il souhaite un Playboy plus pertinent et d'une plus grande valeur éditoriale. Sa fiancée, l'actrice Scarlett Byrne (Harry Potter et le prince de sang mêlé, The Vampire Diaries) a également posé dans le numéro de mars-avril, accompagnant sa photo d'un texte de son cru, une décision qu'elle a qualifiée de « féministe ».

À travers l'histoire de Playboy et surtout lorsqu'il était à son apogée, de grands noms de la littéraire contemporaine y ont signé des articles. Les numéros étaient vendus dans une enveloppe en cellophane scellée. Parmi les « invités » : Vladimir Nabokov, Arthur C. Clarke, Ian Fleming, Haruki Murakami, Saul Bellow, John Le Carré et Margaret Atwood. Jimmy Carter, alors candidat à la présidentielle, John Lennon, Martin Luther King Jr. et beaucoup d'autres célébrités du monde y ont été interviewés.

 

(Pour mémoire : Une musulmane voilée dans les pages de Playboy)

 

Cooper Hefner, qui aime bien, pour plaisanter, poser auprès de son père avec le même pyjama en soie mauve qui a fait les belles nuits de ce dernier, tient toutefois à se distancier de lui, dans le tempérament et les décisions, tout en partageant certaines opinions politiques. Il a fait la une de nombreux médias, ces derniers temps, en critiquant le retour du pays à une mentalité conservatrice et frileuse qui rappelle, selon lui, les années Eisenhower. Il est également revenu sur une couverture, pour la critiquer vertement : celle, datant de 1990, sur laquelle pose Donald Trump, fan de Hugh Hefner (l'admiration n'était pas réciproque). Chemise smoking et nœud papillon, il est photographié aux côtés d'une vamp brune dont la robe noire asymétrique dévoile, de manière très suggestive, le galbe de la poitrine. Trump, également interviewé dans ce numéro, avait avoué, suite à ce cliché, qu'il était « fortement embarrassé ».

Cooper Hefner précise aussi : «  Playboy, c'est une certaine philosophie, une certaine liberté, et à présent que l'histoire est en train de se répéter, je voudrais que Playboy soit au centre de ce débat ». Bien sûr, et (malheureusement pour leurs nombreux aficionados) en l'absence des « Bunnies », ces demoiselles coquines aux oreilles de lapin, aux jambes interminables et au sourire séducteur qui papillonnaient autour de Hugh Hefner. Ce dernier avait fait du lapin sa mascotte car il trouvait cet animal « frais, timide, vivace, sautillant, sexy, ludique. Un animal que l'on a envie de caresser ».

Le premier numéro de Playboy célébrait Marilyn Monroe, le symbole par excellence de la sensualité de l'époque. Celui de juillet-août 2017 donne à voir en couverture une surfeuse super-healthy et super-sexy portant une combinaison à manches longues largement décolletée.

 

 

Pour mémoire

Ambiance assagie à la Playboy Mansion, en quête d'un nouveau souffle

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