Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la région de Musandam, à Oman, le 16 juin 2026. Photo Reuters
Le trafic de navires dans le détroit d'Ormuz ne décollait pas mardi, selon la plateforme de suivi maritime Kpler, près de 48 heures après l'annonce d'un accord entre l'Iran et les Etats-Unis censé permettre la réouverture de ce passage stratégique vendredi. Mardi à 15H00 GMT, Kpler n'avait détecté dans la journée que quatre franchissements du détroit par des navires de transport de matières premières, après cinq lundi. Cela restait dans le même ordre de grandeur qu'au cours de la semaine précédant l'accord (environ six par jour en moyenne).
Les navires comptabilisés depuis l'accord ont tous franchi le détroit avec leur transpondeur allumé. Mais d'autres bateaux ont pu passer sans émettre de signal, rendant leur détection plus compliquée. Le gouvernement iranien a assuré mardi que le blocus américain des ports iraniens, imposé depuis le 13 avril, avait été levé, avant la signature officielle de l'accord prévue vendredi.
Concomitamment à cette annonce, un pétrolier iranien, le Diona, a rallumé mardi son transpondeur pour la première fois depuis près de deux mois. Selon Kpler, ce navire de la flotte fantôme iranienne avait franchi le détroit, transpondeur éteint, le 15 avril, peu après l'entrée en vigueur du blocus.
De son côté, le président américain Donald Trump affirmait lundi que des navires « commençaient à sortir » du détroit, après avoir annoncé dimanche soir que la réouverture interviendrait « dès la signature de l'accord vendredi afin de permettre le déminage ».
L'association d'armateurs de tankers Intertanko a révélé dans une publication du 5 juin que, parallèlement à son blocus des ports iraniens, la marine américaine s'était coordonnée avec des navires non-iraniens bloqués dans le Golfe pour les aider à franchir le détroit de nuit, en naviguant feux éteints et transpondeurs désactivés, par la partie sud du passage près des côtes omanaises. Selon l'association, une quinzaine de navires par jour empruntaient cet itinéraire.
Avant la guerre, on recensait environ 120 transits quotidiens, selon le site d'information maritime Lloyd's List, et le détroit voyait passer un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, ainsi que d'autres matières premières essentielles.

