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À La Une - Proche-Orient

Un Palestinien tue trois Israéliens près d'une colonie de Cisjordanie

L'attaque a immédiatement suscité chez les Israéliens la crainte d'un nouvel accès de violence coïncidant avec les grandes fêtes juives.

Des gardes-frontière israéliens patrouillent sur la scène de crime où un Palestinien a tué trois colons israéliens avant d'être abattus, le 26 septembre 2017. Photo REUTERS/Ammar Awad

Un Palestinien armé d'un pistolet a tué mardi trois Israéliens à l'entrée d'une colonie de Cisjordanie occupée avant d'être abattu, dernière en date d'une multitude d'attaques du même genre depuis deux ans.

L'attaque a immédiatement suscité chez les Israéliens la crainte d'un nouvel accès de violence coïncidant avec les grandes fêtes juives. Les responsables israéliens ont aussitôt accusé les dirigeants palestiniens d'attiser les haines et affirmé que les efforts américains pour ranimer l'entreprise de paix moribonde étaient voués à l'échec aussi longtemps que l'Autorité palestinienne ne condamnerait pas de tels actes et verserait de l'argent aux familles des auteurs d'attentats abattus ou emprisonnés.

Peu après 07h00, alors que des employés palestiniens se soumettaient aux contrôles israéliens pour entrer dans la colonie de Har Adar, à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Jérusalem, et commencer leur journée de travail, le comportement d'un homme a suscité les soupçons des gardes qui lui ont ordonné de s'arrêter, a rapporté la police israélienne.

L'homme a sorti un pistolet de sous sa chemise et ouvert le feu, tuant Solomon Gavria, un policier de 20 ans, et deux gardes privés, Youssef Ottman, 25 ans, et Or Arish, âgé d'une vingtaine d'années, avant d'être abattu. Un quatrième israélien a été transporté à l'hôpital dans un état grave.

Steve Leibowitz, un résident de Har Adar âgé de 65 ans, a raconté à l'AFP avoir entendu les tirs et d'abord cru à un mariage. Har Adar est une colonie aisée et jusqu'alors paisible d'environ 4.000 habitants, située en Cisjordanie, territoire occupé par l'armée israélienne depuis cinquante ans. Elle jouxte le territoire israélien et est située en-deçà de la barrière de sécurité qu'Israël a construite pour se protéger des attaques palestiniennes et qui empiète largement sur le sol de Cisjordanie.

 

(Pour mémoire : Les Églises de Jérusalem tirent la sonnette d'alarme : Israël "tente de saper la présence chrétienne")

 

Démolition punitive
"C'est un endroit calme", dit Steve Leibowitz, "on a l'impression d'être en Israël même. Je n'ai pas fermé ma porte à clé depuis des années. Maintenant, je vais le faire".

L'assaillant a été identifié comme Nimer al-Jamal, un habitant de Beit Surik, un des villages palestiniens qui font face à Har Adar. Selon une pratique israélienne commune, "la maison du terroriste sera démolie", a annoncé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, "les permis de travail de toute la famille élargie du terroriste sont révoqués".

Nimer al-Jamal, 37 ans, n'avait pas d'antécédent au regard de la sécurité israélienne mais souffrait de "lourds problèmes personnels" et auteur de violences domestiques, selon la sécurité intérieure israélienne (Shin Beth). Sa femme l'avait quitté et laissé seul avec leurs quatre enfants.
Il disposait d'un permis de travail israélien, comme des dizaines de milliers de Palestiniens qui vont chaque jour travailler en Israël ou dans les colonies, attirés par des salaires plus élevés.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré qu'Israël devait interdire l'entrée des colonies aux travailleurs palestiniens pendant la période en cours des fêtes juives. Il s'agit de maintenir "les frictions au plus bas", a-t-il expliqué.

La succession des grandes fêtes juives en septembre et octobre, avec Yom Kippour et Souccot à venir, fait chaque année redouter aux services israéliens un regain de tensions, notamment autour de l'ultra-sensible esplanade des Mosquées à Jérusalem.

"Déplorable"
Les responsables israéliens, M. Netanyahu en tête, ont tous accusé l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas d'entretenir un climat de haine alors que l'administration Trump cherche les moyens de renouer les fils rompus du dialogue entre Israéliens et Palestiniens.
Jason Greenblatt, émissaire du président américain impliqué dans les discussions, est annoncé cette semaine en Israël pour un déplacement à la fois diplomatique et privé.
"J'attends d'Abou Mazen (NDLR Mahmoud Abbas) qu'il condamne (l'attaque) et ne cherche pas à la justifier", a dit M. Netanyahu.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a, lui, salué l'attaque comme un "acte de vengeance pour les crimes de l'occupant contre notre peuple et les violations israéliennes" sur l'esplanade des Mosquées.
L'envoyé spécial de l'ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a jugé "déplorable" la réaction du Hamas et pressé "toutes les parties" de condamner la violence.

L'entreprise de paix est moribonde. Israël, Jérusalem et les Territoires palestiniens restent en proie aux violences même si, quasiment quotidiennes à partir de l'automne 2015, elles se sont faites plus sporadiques ces derniers mois.
Le calme apparent régnant en Cisjordanie est "précaire", mettait en garde récemment le patron du Shin Beth Nadav Argaman.

Les violences ont causé la mort d'au moins 295 Palestiniens ou Arabes israéliens, 50 Israéliens, et sept étrangers depuis le 1er octobre 2015, selon un décompte de l'AFP.
La plupart des Palestiniens tués sont les auteurs ou auteurs présumés d'attaques. Nombre des attaques ont été perpétrées aux abords ou dans les colonies de Cisjordanie.

 

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DENIONS LA CENSURE.GARDONS NOS LIBRES EXPRESSIONS.

17 h 46, le 26 septembre 2017

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Commentaires (2)

  • ACTIONS... ET REACTIONS !

    DENIONS LA CENSURE.GARDONS NOS LIBRES EXPRESSIONS.

    17 h 46, le 26 septembre 2017

  • La violence est souvent sujette à des réactions quand elle est mutuelle et réciproque.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 50, le 26 septembre 2017

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