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Liban

Baskinta, Bakiche, Faqra, un parcours riche et serein

Que faire ce week-end

Pour s'éloigner du brouhaha beyrouthin et profiter de l'air frais durant les dernières semaines de l'été, Baskinta, Qanat Bakiche et Faqra offrent une belle escapade dans la nature.

Gaby ASSAKER | OLJ
01/09/2017

Pourquoi ne pas envisager un week-end à Baskinta, Qanat Bakiche ou Faqra avant la fin de l'été ? Pour se rendre à Baskinta, il est possible d'emprunter la route d'Antélias, Bickfaya, Bteghrine, Baskinta, ou bien l'itinéraire par le Kesrouan. Ou encore, au niveau de Nahr el-Mott, prendre l'autoroute Émile Lahoud, qui mène jusqu'à Baabdate, puis à Dhour Choueir et de là-bas vers Baskinta. À 45 km de Beyrouth, ce village perché à une altitude de 1 350 m repose paisiblement au pied du mont Sannine.

Il faut compter en tout une heure de trajet. À l'arrivée à Baskinta, une pause s'impose à la boulangerie de Krikor. Celui qu'on appelle « Aammo » Krikor et sa femme, Laure, accueillent des centaines de personnes chaque semaine dans leur modeste « furn » (boulangerie) où ils préparent à la main des « manakich » parmi les plus délicieuses au Liban. Cela fait 56 ans que le couple offre à ses clients les combinaisons les plus succulentes, salées ou sucrées, et dont l'ingrédient essentiel, disent-ils, est l'amour.

À la boulangerie, on entendra le maître des lieux répéter à ses clients : « Ici, vous faites comme chez vous » ou même des « Vous êtes tous comme nos petits-enfants ». Le petit coin pacifique de Krikor est ouvert à l'aube, dès 3h, et jusqu'à 17h. On y accède en traversant une allée camouflée par des pommiers, enchantée par les gazouillis d'oiseaux et le parfum de la pâte fraîche tout au long de la journée. Là-bas, « tante » Laure vous racontera tout sur Baskinta, ce village historique où vivent quelque 18 000 personnes tout au long de l'année ; Baskinta, son vin et ses pommes délicieuses, rafraîchissantes et légèrement acidulées ; Baskinta, ses maisons typiques libanaises, ses tuiles rouges et son fier patrimoine.

Le ventre plein, on sera alors prêts à s'engager dans tout genre de parcours, culturel, religieux ou simplement touristique. Le premier, et le plus connu, est le parcours littéraire. Il débute au mausolée et à la tombe de l'écrivain Mikhaël Neaïmé : l'auteur de Sabhoun est à l'honneur, dans un jardin mémoriel, où une sculpture géante le représentant a été installée au bout d'un sentier jalonné d'arbres touffus. Deuxième destination : le Centre culturel Abdallah Ghanem, poète, philosophe et journaliste. Une fois la visite du centre terminée, cap sur la grotte de Sayf el-Dawla, prince arabe qui protégeait les poètes au Xe siècle, avant de clôturer le parcours au monument funéraire du poète et écrivain Georges Ghanem.

La région se distingue par ailleurs par la présence de nombreux vestiges archéologiques grecs, romains et phéniciens. Les passionnés d'histoire ou les randonneurs peuvent ensuite se rendre sur le site du temple de Faqra, pour admirer un ensemble de ruines de l'époque romaine et byzantine dont une tour, un petit temple et un grand sanctuaire. Sur le chemin, il serait intéressant de s'arrêter pour contempler le pont naturel « Jisr el-Hajar », qui, comme son nom l'indique, a été sculpté par la nature et dont l'arc s'élève à 38 mètres de hauteur.

Pour les amoureux de produits naturels, « Mymouné », usine familiale très originale lancée en 1989 dans le petit village de Aïn el-Qabou (à cinq minutes de Baskinta), propose des visites guidées aux personnes intéressées par la fabrication de provisions ou « mouné », notamment des confitures, des sirops et autres gourmandises.

Baskinta est également propice au tourisme religieux. Vous y retrouverez une vingtaine de sites, dont le couvent Mar Sassine, caractérisé par sa croix géante, sa vue pittoresque et sa sérénité. Deux églises Mar Roukoz se situent à proximité l'une de l'autre, ce qui est assez surprenant puisqu'il est rare que deux églises dédiées à un même saint, pour la même communauté religieuse, se côtoient. Derrière cette proximité se cache une histoire particulière que les dames du village n'hésitent pas à raconter : « Sur l'emplacement de la vieille église, une autre, nouvelle, devait être construite il y a longtemps. La municipalité a essayé à plusieurs reprises de lancer les travaux de démolition, mais à chaque fois que les véhicules et les machines se mettaient en marche, ils s'arrêtaient sans raison aucune, comme si une certaine force les bloquait. C'est comme si Dieu voulait que cette petite chapelle reste intacte. »

Faqra et Qanat Bakiche, qu'il est donc possible de visiter après Baskinta, sont aujourd'hui célèbres pour leurs espaces consacrés aux sports de plein air, notamment le ski en hiver. Il est rare de passer dans la région sans tomber sur des groupes de cyclistes et de randonneurs qui pratiquent leur sport favori en découvrant les merveilles de la montagne du Metn. Ces villages sont de plus en plus animés, en hiver aussi bien qu'en été, et abritent divers hôtels et auberges qui attirent un nombre important de touristes. Sur le plateau de Bakiche, il est possible de passer une journée dans une de ses auberges, au bord d'une piscine, de profiter du restaurant, de la musique, ou d'événements occasionnels.

Sur le plus haut sommet de Qanat Bakiche, une croix gigantesque est perchée. Le site surplombe un paysage paradisiaque, surtout au coucher du soleil. Pour y parvenir, il suffit d'atteindre le plateau de Bakiche, de repérer la croix au loin et de suivre sa trajectoire, selon les villageois.

 

 

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