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Moyen Orient et Monde

Trump ressort de vieilles recettes pour l’Afghanistan

Éclairage
24/08/2017

Depuis le début, le président Donald Trump n'a pas suivi ce fameux instinct dont il se prévaut et qui devrait l'amener à suivre la vision des militaires américains pour la guerre en Afghanistan, malgré le fait que le secrétaire à la Défense, le général James Mattis, ait confié au Congrès, en juin dernier, que l'Amérique « ne gagne pas actuellement en Afghanistan ».

Depuis 2001, les États-Unis ont dépensé 714 milliards de dollars dans cette guerre, et le dernier rapport de l'US Special Inspector General montre combien la situation est devenue instable en Afghanistan. Toujours d'après ce rapport, le gouvernement du président Mohammad Achraf Ghani contrôle seulement 60 % du pays. Dans ces conditions, beaucoup d'Américains se demandent comment l'envoi d'un renfort militaire de 4 000 membres supplémentaires peut faire une différence.

Aujourd'hui, avec une cote de popularité au plus bas, le président Trump a finalement accepté l'idée de James Mattis d'augmenter la présence militaire en Afghanistan. Il devrait toutefois avoir à composer avec une opinion publique sceptique. Les sondages montrent que les Américains sont réticents à l'idée de ne pas voir les « boys » de retour dans un avenir proche. Après 16 ans de guerre, ils ne croient pas que les États-Unis ont fait des progrès significatifs dans leur lutte contre les talibans, et, pour une grande partie, cette guerre, qui a commencé comme une réponse aux attaques terroristes du 11 septembre 2001, était une erreur dès le départ. Alors qu'il était encore candidat à la présidentielle, Trump était de cet avis, quoiqu'il le nie. Aujourd'hui, il se retrouve être le troisième chef d'État américain (après George W. Bush et Barack Obama) à s'adresser à la nation à propos de cet engagement en Afghanistan. Ce qui peut le servir, c'est que le grand public ne se sent pas fortement concerné par ce conflit qui ne l'a pas encore directement affecté.

 

(Lire aussi : Les Hazaras en proie aux relations ambiguës entre talibans et État islamique)

 

« Supersimplification de la victoire »
En attendant, l'ancien directeur de cabinet de la CIA et du Pentagone, Jeremy Bash, a déclaré à la chaîne de télévision MSNBC « qu'il y a une sursimplification » de la victoire dans les promesses de Trump et une absence de détails sur l'envoi des troupes. « Il y a là un problème : nous faisons partie des 39 membres de la coalition de l'OTAN. Il est inconcevable de communiquer aux divers pays et au gouvernement afghan le déploiement de nos troupes et non au peuple américain », a-t-il dit.

Ces commentaires surviennent en réponse au président Trump qui avait précisé qu'« il est contre-productif » de parler, dès à présent, de dates, de nombres et d'opérations futures. Par ailleurs, les experts déplorent, à l'unanimité, l'absence du facteur diplomatie indispensable à la stratégie de la force, qui est dû à un département d'État mis en veilleuse.

Selon une source de la Maison-Blanche, la réunion entre le président Trump et le leadership militaire, qui s'était tenue le week-end dernier à Camp David, juste avant l'adresse à la nation, « n'était pas un débat. Elle était destinée à convaincre le président ». Fred Kagan, de l'American Entreprise Institut, considère que la position de Donald Trump est une victoire majeure du conseiller de la Sécurité nationale, H. R. McMaster
et du secrétaire à la Défense, James Mattis, qui ont persuadé le président américain qu'en présence d'un gouvernement afghan affaibli, l'arrêt du soutien militaire US pourrait mener à une prise du pouvoir par les talibans.

 

 

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